4 novembre 2026
Actualité, Information, Analyses, découverte du Patrimoine et de la Culture Libanaise, tout cela est possible sur Libnanews, le Média Citoyen du Liban
Toutes nos rubriques

Moyen Orient

Opinion syrienne : Israël menace prioritaire

L’indice de l’opinion syrienne place Israël devant l’Iran parmi les menaces perçues pour la sécurité du pays. Mais le classement et l’évaluation séparée des politiques régionales ne répondent pas à la même question. Les résultats distinguent aussi les rencontres diplomatiques de la reconnaissance d’Israël. Réalisés avant les élections américaines, les entretiens décrivent les réponses d’un échantillon de 3 600 personnes. Leur lecture demande de conserver la période du terrain, la méthode et les limites de toute enquête.

Sondage syrien : Israël cité comme menace prioritaire par 61 % des répondants, contre 20 % pour l’Iran.
Marché de Damas, archive du 16 août 2008. Les personnes photographiées ne sont pas présentées comme participantes au sondage de 2026. Photo entière redimensionnée, textes hors photographie. © Vyacheslav Argenberg / Wikimedia Commons, CC BY 4.0 ; composition Libnanews.

Israël arrive en tête des menaces perçues par les personnes interrogées dans le nouvel indice de l’opinion syrienne. Mais les résultats publiés le 2 novembre ne se résument pas à un classement. Ils montrent aussi qu’une appréciation très négative des politiques israéliennes peut coexister avec un débat sur l’utilité des rencontres diplomatiques. L’Iran occupe la deuxième place.

Opinion syrienne : deux questions, deux mesures

Dans le rapport, 61 % des répondants désignent Israël comme la principale menace pour la sécurité de la Syrie, devant l’Iran, cité par 20 %. La Turquie recueille 6 % et les États-Unis 5 %. Pour la sécurité du monde arabe, l’ordre reste identique : Israël atteint 58 %, l’Iran 24 %.

Une autre question examine séparément les politiques de plusieurs puissances. Dans ce cas, 97 % jugent celles d’Israël menaçantes pour la sécurité et la stabilité régionales, et 93 % celles de l’Iran. Ces réponses ne sont pas exclusives : une même personne peut considérer plusieurs États comme des menaces. Ce n’est donc pas un second classement dans lequel les pourcentages devraient totaliser cent.

Cette distinction change la lecture du sondage. Être désigné comme le danger prioritaire ne signifie pas être le seul danger identifié. À l’inverse, ne pas arriver en tête ne prouve aucune confiance. L’écart entre les deux séries interdit notamment de présenter la position relative de l’Iran comme un signe d’adhésion à sa politique.

La diplomatie ne se confond pas avec la reconnaissance

Les rencontres directes entre responsables syriens et israéliens divisent les répondants : 41 % les jugent utiles aux intérêts syriens, 49 % pensent le contraire. Par ailleurs, 80 % s’opposent à la reconnaissance d’Israël et 74 % refusent un accord sans restitution du Golan. Ces questions portent sur des actes différents.

Discuter peut servir à négocier un retrait, prévenir un incident ou rechercher un arrangement de sécurité. Reconnaître un État engage une relation politique d’une autre portée. On ne peut donc pas convertir mécaniquement un avis favorable aux entretiens en soutien à une normalisation complète. Le rapport ne publie pas ici le croisement individuel qui permettrait de savoir exactement comment ces positions se combinent.

Le dossier territorial donne un contenu concret à cette différence. En septembre, le président syrien Ahmed al-Charaa a réaffirmé devant les Nations unies l’attachement de Damas au Golan. Il a également rappelé son engagement envers l’accord de séparation des forces de 1974, selon une agence de presse. Une position officielle ne décrit pas automatiquement l’opinion de la population ; elle précise toutefois l’objet d’une négociation possible.

Un terrain terminé avant les élections américaines

Le Centre arabe de recherches et d’études politiques a conduit l’enquête avec le Centre arabe d’études sur la Syrie contemporaine. Les entretiens ont eu lieu du 28 septembre au 15 octobre 2026. L’échantillon comprend 3 600 répondants, suivant une méthode stratifiée en grappes à plusieurs degrés. Les organisateurs annoncent une couverture de toutes les provinces, un niveau de confiance de 98 % et une marge d’erreur de deux à trois points.

Les résultats diffusés en novembre ne mesurent donc pas une réaction aux élections américaines du 3 novembre. La date de publication et la période des entretiens doivent rester séparées. Le sondage ne doit pas non plus devenir une déclaration de tous les Syriens, notamment de ceux qui vivent hors du pays.

La marge statistique annoncée ne résout pas, à elle seule, les difficultés d’une enquête d’opinion. Il faut également considérer les conditions d’accès aux personnes, les refus de répondre, la formulation et la liberté ressentie durant l’entretien. L’intérêt de ce travail tient à ses questions distinctes, plutôt qu’à un verdict unique sur une population. Les prochains croisements par région et par caractéristiques sociales permettront d’examiner plus finement les écarts que les résultats nationaux ne montrent pas.

Références et crédit photographique

· · · · · ·

Newsdesk Libnanews

Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

Tous ses articles →

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *