Le Four Seasons Beyrouth prévoit désormais sa réouverture pour l’été 2027, et non pour le début de 2026. Fermé après les dégâts de l’explosion du port, le 4 août 2020, l’hôtel prépare une reconstruction et une rénovation complètes. Son retour annoncé s’inscrit dans une histoire marquée par la crise économique, la chute de sa clientèle et les espoirs politiques affichés en janvier 2025.
Four Seasons Beyrouth : un retour annoncé, pas réalisé
Au 2 novembre 2026, la page officielle de l’établissement et le calendrier des ouvertures du groupe annoncent tous deux l’été 2027. Ce dernier document porte la mention « octobre 2026 ». Aucun jour précis d’accueil des premiers clients n’y figure. Il ne s’agit donc pas d’une réouverture intervenue aujourd’hui.
L’annonce concerne une adresse inaugurée le 10 janvier 2010, près de la marina de Zaitunay Bay. Son retour remettrait en service 230 hébergements, dont 60 suites. Pour comprendre cette attente, il faut distinguer les difficultés commerciales antérieures à 2020, la catastrophe qui a entraîné la fermeture et le projet de reconstruction.
Pourquoi l’hôtel a fermé après le 4 août 2020
Le Four Seasons a subi d’importants dégâts lors de l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020. Il a fermé après cette catastrophe. Les destructions constituent donc le motif matériel documenté de l’arrêt prolongé de l’établissement, et non une simple décision de quitter le marché libanais.
La catastrophe a frappé un hôtel déjà fragilisé par la crise économique et politique. Dès décembre 2019, Rami Sayess, alors vice-président régional de Four Seasons, décrivait l’effondrement de l’activité. Dans des déclarations à une agence de presse, il indiquait une chute de l’occupation de 100 % à 4 % en octobre. Le mois de novembre s’était terminé à 10 %.
Dans un entretien publié le 5 mars 2020, avant l’explosion, le dirigeant détaillait les conséquences de cette contraction. Près d’un quart des employés avaient été envoyés en renfort dans d’autres hôtels Four Seasons. L’objectif était de réduire les coûts salariaux, tout en conservant ces salariés dans le réseau. Il relevait également l’annulation de vingt mariages sur vingt-quatre prévus pendant les deux derniers mois de 2019. Certains événements avaient été déplacés vers Dubaï ou Chypre. Il expliquait enfin la perte d’une partie des visiteurs du Golfe par les recommandations de voyage et des raisons politiques.
Des rénovations prévues avant la catastrophe
Le chantier de modernisation n’est pas né entièrement en 2025. En mars 2020, Rami Sayess évoquait déjà des projets pour les restaurants, le hall et les chambres. Il expliquait vouloir profiter du faible taux d’occupation pour accélérer certaines interventions sans perturber les clients.
Après l’explosion, la perspective est devenue celle d’une remise en état d’un bâtiment endommagé. En janvier 2021, lors de son départ pour Bahreïn, le dirigeant opposait les bons résultats des années précédentes aux difficultés de 2020. Il associait les performances de 2016 à 2019 à la stabilité du pays et au travail de ses équipes.
En juillet 2021, Simon Casson, alors responsable des opérations hôtelières du groupe en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, indiquait suivre les travaux à Beyrouth. Il disait maintenir des contacts réguliers avec l’équipe locale. Ces déclarations documentent un projet de retour ancien, sans établir que les travaux se sont poursuivis sans interruption depuis lors.
En 2025, Al-Walid invoquait une « nouvelle ère »
Le 14 janvier 2025, le prince Al-Walid ben Talal, président de Kingdom Holding Company, a donné une dimension politique à la relance. Dans son annonce, il invoquait une « nouvelle ère pour le Liban » sous la présidence de Joseph Aoun. Il présentait ainsi le retour de l’hôtel dans le cadre de cette séquence politique.
Le communiqué confiait la reconstruction et la rénovation complètes à Kingdom Beirut S.A.L. Il annonçait une ouverture au public au premier trimestre 2026. Le programme devait renouveler l’apparence de l’hôtel et le mettre aux derniers standards de Four Seasons, avec une ambition de positionnement haut de gamme.
C’est la justification exprimée par le dirigeant à cette date, pas la preuve que toutes les conditions économiques étaient réunies. Le texte ne donnait ni budget détaillé ni prévision de rentabilité. Il ne permet pas non plus de confondre l’enseigne Four Seasons, Kingdom Holding et la société chargée des travaux.
Pourquoi 2027 ? Le décalage reste sans explication publiée
Le calendrier actuel remplace l’objectif du premier trimestre 2026, encore repris dans une publication économique de juin 2025. Les pages officielles consultées n’expliquent pas ce décalage. Aucun élément vérifié ne permet d’en attribuer la cause au financement, à un obstacle administratif ou à un incident précis du chantier.
Le programme désormais présenté comprend les hébergements rénovés, de nouveaux espaces de restauration, un spa, une piscine sur le toit et des installations événementielles. Il décrit l’offre future, sans confirmer que ces services fonctionnent déjà. Le groupe met également en avant la terrasse du 26e étage.
Ce projet ne suffit pas à démontrer une reprise générale du tourisme libanais. La consultation des pages publiques n’a pas permis de confirmer une offre réservable pour un séjour déterminé. La date exacte d’accueil des clients, les tarifs de lancement et les effectifs de réouverture restent à préciser.


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