2 novembre 2026
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Israël : les partis arabes au cœur des négociations

Les partis arabes disposent de 19 sièges après les élections israéliennes du 27 octobre. Leur soutien pourrait donner une majorité aux adversaires de Benjamin Netanyahu, mais aucun accord n’est encore annoncé. Ra’am et la Liste commune envisagent des engagements distincts. Recommander Eisenkot, soutenir un cabinet et entrer au gouvernement ne supposent pas les mêmes conditions. Les échanges avec Yair Golan et les exigences d’Eisenkot éclairent les obstacles avant les consultations présidentielles prévues à partir du 4 novembre.

Mansour Abbas, dirigeant de Ra’am, portrait officiel d’archive du 15 novembre 2022. Il représente une composante des partis arabes, non leur totalité. Couverture : Partis arabes : la bataille des alliances
Mansour Abbas, dirigeant de Ra’am, portrait d’archives du 15 novembre 2022. Il représente une composante des partis arabes, non leur totalité. Photo : Ronen Horesh / Knesset Archives — CC BY-SA 4.0. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mansour_Abbas_(R_H_4290).jpg . Photographie entière redimensionnée, sans recadrage ni retouche ; habillage classique Libnanews hors photographie. Photo et adaptation : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Les partis arabes occupent une place centrale dans les négociations ouvertes après les élections israéliennes du 27 octobre. Avec 19 députés, ils pourraient permettre aux adversaires de Benjamin Netanyahu de dépasser la majorité absolue. Mais leur participation au pouvoir reste contestée par plusieurs responsables de cette même opposition. Les échanges engagés dimanche 1er novembre n’ont pas encore produit d’accord.

Les partis arabes disposent de 19 sièges

Le dépouillement attribue 11 sièges à la Liste commune et huit à Ra’am, dirigé par Mansour Abbas. Ensemble, ces formations doublent presque leur représentation précédente, qui comptait dix députés. Elles ne constituent pas pour autant un parti unique et ne doivent pas être confondues dans les négociations.

Face à elles, le bloc de Netanyahu compte 53 sièges. Les quatre formations de l’opposition en totalisent 48. Les 19 élus arabes représentent donc une réserve de soutien suffisante, sur le plan arithmétique, pour donner une majorité aux adversaires du premier ministre. L’accord politique reste à construire.

Dimanche, Yair Golan, chef des Démocrates, a échangé avec Yousef Jabareen et Ahmad Tibi, responsables de la Liste commune. Selon la presse israélienne, les interlocuteurs doivent se rencontrer cette semaine. Golan avait également rencontré Mansour Abbas après le scrutin. Il défend une coalition associant les formations juives de l’opposition et les partis arabes.

Trois formes de soutien, trois engagements différents

Les discussions peuvent déboucher sur plusieurs types de coopération. Une recommandation auprès du président Isaac Herzog soutiendrait la désignation de Gadi Eisenkot. Une participation au gouvernement impliquerait un accord plus large. Un appui parlementaire extérieur permettrait de soutenir certains votes sans détenir de portefeuille ministériel.

Aucune de ces formules ne se déduit automatiquement des deux autres. Les partis peuvent partager l’objectif de remplacer Netanyahu sans accepter les mêmes engagements gouvernementaux. Une recommandation favorable ne règle ni les modalités d’une investiture ni les négociations sur le programme.

Ra’am possède déjà une expérience de participation à une coalition. Le parti avait rejoint en 2021 le gouvernement dirigé successivement par Naftali Bennett et Yair Lapid. Cette alliance a pris fin en 2022. Ce précédent établit qu’une coopération existe dans l’histoire récente ; il ne garantit pas sa reproduction après le vote de 2026.

Les conditions d’Eisenkot restent un point de friction

Samedi 31 octobre, Eisenkot a proposé une ouverture aux élus acceptant quatre principes. Il demande notamment un engagement envers un État juif, démocratique, libéral et égalitaire. Il réclame aussi un service militaire, national ou civil pour tous les citoyens.

Son cadre inclut la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste, ainsi que la destruction de ses capacités militaires et gouvernementales à Gaza. Ces exigences illustrent la distance entre une convergence contre Netanyahu et un programme commun. Aucun compromis publié ne permet, à ce stade, de considérer cette distance comme franchie.

La contestation concerne également la légitimité du scrutin. Netanyahu a mis en cause le vote dans les localités arabes. Dimanche, les autorités électorales ont affirmé que les accusations examinées ne remettraient pas en cause les résultats. Une enquête ne prouve pas les allégations formulées et ne doit pas être présentée comme une fraude établie.

La prochaine étape concrète reste la consultation des partis par Herzog, prévue à partir du 4 novembre. Elle permettra de distinguer les recommandations officielles des intentions rapportées. Les engagements concernant une éventuelle participation au gouvernement devront ensuite faire l’objet de discussions séparées.

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