La location-accession reçoit le soutien du président-directeur général de la Banque de l’habitat, Antoine Habib. Dans un entretien à Al-Markazia diffusé le 2 novembre 2026, il propose d’étudier son financement avec les acteurs publics et privés. La formule permettrait de consacrer une partie des mensualités au prix du logement. Son cadre juridique, ses ressources et ses conditions restent à définir.
Antoine Habib vise les jeunes et les familles à revenus modestes ou moyens. Il présente cette formule comme une voie supplémentaire vers la propriété. La Banque de l’habitat se dit disposée à examiner les mécanismes nécessaires pour contribuer aux projets, sans annoncer une enveloppe déjà affectée.
L’annonce porte sur cette disponibilité à travailler au montage. Elle n’ouvre pas un guichet de candidature et ne présente pas une liste de logements. Aucun calendrier de lancement, barème de mensualités ou nombre de bénéficiaires ne figure dans les propositions détaillées par le dirigeant.
La location-accession repose sur un contrat à construire
Le principe décrit par Antoine Habib distingue l’occupation du logement et son acquisition progressive. Le ménage résiderait dans le bien et effectuerait des paiements mensuels. Une partie de ces versements entrerait dans le prix d’achat, selon les conditions du contrat.
La part consacrée à l’acquisition constitue donc un point central. Le dispositif ne signifie pas que tous les loyers versés jusqu’ici deviennent automatiquement du capital. Il suppose une convention spécifique, qui fixe les sommes prises en compte et les conditions du transfert de propriété.
Ce mécanisme intéresse notamment les ménages qui ne disposent pas immédiatement d’un apport pour acheter. Mais son accessibilité dépendra du montant total demandé et de la durée prévue. Ces paramètres permettront de savoir quelles familles pourront réellement supporter les mensualités.
Antoine Habib demande un cadre juridique, réglementaire et financier complet. Celui-ci devrait définir les droits de l’occupant, du promoteur et du financeur. Il devrait également préciser le calcul des versements et les garanties de chaque partie.
La protection des sommes déjà versées est une question concrète de ce montage. Le contrat devra permettre au ménage de comprendre ce qu’il acquiert et à quel moment. Les modalités d’un départ, d’une interruption des paiements ou d’un retard de livraison restent des points à éclaircir. Aucun dispositif détaillé sur ces situations n’accompagne l’annonce.
Associer la banque, l’État et les promoteurs
Le dirigeant envisage une coopération avec l’État libanais, les promoteurs immobiliers et les institutions financières. Il mentionne aussi les fonds arabes et internationaux comme partenaires possibles. Leur participation constitue une piste de financement, pas un engagement déjà obtenu.
La Banque de l’habitat pourrait apporter son expérience de gestion des prêts. Les autres partenaires devraient contribuer, selon le montage retenu, au foncier, aux infrastructures ou à la construction. Le projet exige ainsi davantage qu’un simple étalement des paiements entre un vendeur et un acheteur.
Antoine Habib cite parmi les applications possibles les ensembles résidentiels destinés aux militaires et aux membres des forces de sécurité. Il évoque également les programmes pour les jeunes et les familles. Ces catégories apparaissent comme des publics envisagés, sans constituer des critères d’admission déjà arrêtés.
La sélection fait elle-même partie des conditions qu’il pose. Il demande des règles transparentes et une priorité aux familles qui ont le plus besoin d’un logement. Il ne précise toutefois ni seuil de revenu ni procédure de classement des demandes.
Le débat public précède encore les décisions
Cette prise de position suit une réunion tenue le 27 octobre au Conseil économique, social et environnemental. Son président, Charles Arbid, et le directeur général de l’Établissement public de l’habitat, Rony Lahoud, avaient organisé les échanges. La ministre des Affaires sociales Hanine Sayyed et le député Georges Okais y participaient.
Rony Lahoud a présenté une feuille de route pour une stratégie nationale du logement. La location-accession y figure parmi plusieurs pistes, avec une attention particulière aux ménages incapables de réunir un apport initial. Il a également évoqué des incitations fiscales pour les propriétaires et promoteurs.
Hanine Sayyed a indiqué que le projet de stratégie continuait d’évoluer au fil des consultations. Il devait ensuite être soumis au Conseil des ministres. Charles Arbid a défendu une politique de cinq ou dix ans, capable de survivre aux changements de gouvernement.
Les discussions concernent donc à la fois un outil contractuel et une politique publique. La Banque de l’habitat et l’Établissement public de l’habitat interviennent comme deux institutions distinctes. Le soutien exprimé par Antoine Habib ne vaut pas adoption de la feuille de route présentée par Rony Lahoud.
À Saïda, la question des terrains rencontre celle du budget
Une réaction municipale illustre les difficultés pratiques. Dans un compte rendu diffusé le 30 octobre, Saïda présente la participation de son conseiller Youssef Tohmé à la réunion. Celui-ci y représentait le président du conseil municipal, Moustapha Hijazi.
Il a discuté de l’utilisation possible de biens liés aux projets de reconstruction qui avaient suivi le séisme de 1956. L’idée serait d’y développer de nouveaux logements. Selon le récit du conseiller, le responsable de l’Établissement public de l’habitat a opposé la faiblesse des crédits disponibles.
Le projet local reste donc une possibilité à discuter. La municipalité plaide pour un rôle des communes dans l’identification des besoins, des bénéficiaires et des terrains. Cet exemple distingue la disponibilité éventuelle d’un foncier de la capacité à financer sa transformation.
Le 29 octobre, Rony Lahoud a aussi présenté au président Joseph Aoun les préparatifs d’une reprise des prêts de son établissement. Il a lié cette perspective à l’adoption puis à la promulgation du budget de 2027. Cette préparation concerne les crédits de l’Établissement public de l’habitat ; elle ne constitue pas une ouverture de la location-accession.
Pour cette dernière, les prochaines étapes restent la définition du contrat, l’identification des financements et l’adoption de critères de sélection. Les ménages attendent surtout des conditions publiées : quels logements, quelles mensualités, quelle durée et quelles garanties jusqu’au transfert de propriété.
Couverture : immeubles résidentiels au Liban, photographie d’archives de François el Bacha / Libnanews. Date de prise de vue non précisée ; photographie publiée dans la médiathèque d’avril 2018. Aucun de ces bâtiments n’est identifié comme participant à un programme de location-accession. Tous droits réservés ; réutilisation Libnanews autorisée. Recadrage et habillage Libnanews.


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