Le retour de Miguel Ángel Asturias au Guatemala se précise. Les autorités annoncent l’arrivée des restes du prix Nobel de littérature le 12 novembre, puis leur inhumation le 15 novembre au centre culturel qui porte son nom. Avant ces cérémonies, une exposition d’archives doit ouvrir ce 3 novembre à Guatemala. Le programme associe ainsi le rapatriement depuis la France à la transmission de l’œuvre.
Le retour de Miguel Ángel Asturias, du transfert aux archives
Selon le calendrier du ministère de la Culture et des Sports, l’exposition prévue au Palais national de la culture rassemble des documents historiques, de la correspondance et des pièces liées au parcours littéraire de l’écrivain. Ils proviennent du fonds familial conservé par les Archives générales d’Amérique centrale. L’ouverture est annoncée à 18 heures, heure locale.
Les principaux hommages doivent ensuite se dérouler du 12 au 15 novembre. Après l’accueil à l’aéroport international La Aurora, le programme prévoit des étapes dans le quartier de La Candelaria et à l’Université populaire, une cérémonie maya à Kaminaljuyú et des honneurs funèbres d’État. L’inhumation est prévue au Centre culturel Miguel Ángel Asturias. L’accès au monument pour le public est annoncé à partir du 16 novembre.
Une décision familiale devenue un projet public
Le processus n’a pas commencé avec l’annonce de ce calendrier. D’après le récit officiel publié en août, le fils de l’écrivain, Miguel Ángel Asturias Amado, et son petit-fils, Sandino Asturias, avaient communiqué leur décision au président Bernardo Arévalo le 9 juin 2024. Le Guatemala a ensuite organisé la coordination entre la famille, les ministères de la Culture et des Relations extérieures et la fondation portant le nom de l’auteur.
L’accord gouvernemental 104-2026 a donné un cadre à cette préparation. Un autre accord, conclu entre le ministère de la Culture et la fondation familiale, prévoit une coopération dans l’édition, l’enseignement, la recherche et les projets muséographiques. Il ne s’agit donc pas seulement d’organiser un lieu de sépulture. Les autorités affichent l’objectif de prolonger l’hommage par des activités qui rendent les textes et les archives accessibles à de nouveaux lecteurs.
Un itinéraire entre le Guatemala et l’Europe
Né à Guatemala en 1899 et mort à Madrid en 1974, Asturias a exercé comme écrivain, journaliste et diplomate. Son passage par Paris a aussi été un temps de formation. La notice des Archives espagnoles rappelle ses études d’anthropologie et de mythologie autochtone, ainsi qu’une œuvre nourrie de réalisme magique et de surréalisme. Après sa mort, il avait été enterré au Père-Lachaise, à Paris.
La Bibliothèque du Congrès américain retient notamment Leyendas de Guatemala, publié en 1930, El señor presidente, paru en 1946, et Hombres de maíz, de 1949. À ces titres s’ajoute la trilogie réunissant Viento fuerte, El Papa Verde et Los ojos de los enterrados. Récompensé par le Nobel de littérature en 1967, l’auteur a également été ambassadeur du Guatemala en France. Son parcours relie ainsi création littéraire, vie politique et circulation entre plusieurs pays.
Après l’exposition du 3 novembre, le programme doit donc se poursuivre par l’arrivée des restes le 12 novembre, puis les hommages publics et l’inhumation trois jours plus tard.
Couverture : tombe de Miguel Ángel Asturias au Père-Lachaise, Paris, archive du 20 mars 2023, antérieure au rapatriement annoncé. Photo : ManoSolo13241324 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Recadrage, redimensionnement et habillage Libnanews ; adaptation sous CC BY-SA 4.0.


Commentaires