3 novembre 2026
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Pommes libanaises : exporter et mieux payer le producteur

Le partenariat lancé le 2 novembre entre le ministère de l’Agriculture et Toters vise à soutenir la vente des pommes libanaises. La campagne prévoit des achats directs aux agriculteurs et des offres pendant novembre. Elle complète un objectif officiel d’exportation de 100 000 tonnes, un soutien au fret maritime et une aide au fonctionnement des entrepôts frigorifiques. Le défi reste de vérifier comment ces mesures améliorent le prix payé aux producteurs, au-delà des volumes vendus et des annonces de partenaires.

Étal de pommes et de coriandre à Beyrouth, photographie d’archive de juillet 2016.
Étal de pommes et de coriandre à Beyrouth, archive de juillet 2016. La provenance agricole des fruits n’est pas établie ; il ne s’agit pas de pommes de la campagne Toters de novembre 2026. Photo : Peter Feghali / Unsplash, Wikimedia Commons, CC0 1.0. Recadrage et habillage Libnanews.

Les pommes libanaises disposent d’un nouveau circuit de vente avec le partenariat lancé le 2 novembre 2026 entre le ministère de l’Agriculture et Toters. L’opération prévoit des achats directs aux producteurs et des promotions pendant novembre. Elle rejoint les efforts d’exportation et de soutien au stockage, avec une question centrale : quelle part du prix final revient au cultivateur ?

Le ministre Nizar Hani et le directeur général de Toters Fresh, Ralph Bou Khalil, ont présenté cette initiative au ministère. Elle doit faciliter l’accès des consommateurs au produit local grâce à l’application et aux services de livraison. Pour les producteurs, l’objectif annoncé consiste à réduire le nombre d’intermédiaires entre le verger et l’acheteur.

Les pommes libanaises cherchent des ventes régulières

Toters prévoit une campagne tout au long du mois de novembre, avec des réductions et des offres sur les quantités. L’entreprise doit publier progressivement leurs modalités sur son application et ses pages officielles. Elle annonce aussi une mise en avant des pommes dans ses espaces publicitaires numériques.

L’achat direct constitue le principal changement présenté aux agriculteurs. Il vise à améliorer leur marge tout en maintenant un prix compétitif pour le consommateur. Toutefois, l’annonce ne fournit ni barème national d’achat au producteur, ni volume minimal garanti. Elle ne permet donc pas encore de mesurer le revenu supplémentaire que chaque exploitation pourrait en tirer.

Le bilan de cette campagne dépendra de commandes effectives et répétées. Une promotion peut faciliter une vente ponctuelle. Sa contribution au débouché de la récolte se mesurera aussi aux quantités achetées, à leur origine et aux prix versés aux agriculteurs. Ces résultats restent à établir après le lancement.

Exporter la moitié de la récolte estimée

La feuille de route ministérielle du 18 septembre fixe le cadre de la saison 2026. Elle estime la récolte à environ 200 000 tonnes et vise l’exportation d’au moins 100 000 tonnes. L’objectif représente ainsi la moitié de la production attendue. Il ne constitue pas un bilan des expéditions déjà réalisées.

Le dispositif associe recherche de marchés étrangers et encouragement de la consommation locale. Le ministère organise aussi des rencontres entre producteurs, exportateurs, commerçants et coopératives. Elles doivent permettre de préparer les quantités, le tri, l’emballage et les conditions commerciales avant l’engorgement des circuits.

Les démarches concernent notamment l’Égypte, l’Irak, la Libye et les pays du Golfe. Les échanges avec la Jordanie portent également sur l’accès au marché. Le lancement de la campagne Toters ne permet pas, à lui seul, de conclure que toutes les restrictions commerciales ont disparu.

Le fret soutenu, le prix d’achat à suivre

Le ministère a annoncé le 13 octobre un soutien d’un million de dollars de CMA CGM pour réduire le coût du transport maritime. Le dispositif vise notamment les expéditions vers l’Égypte et la Libye. Les discussions ont porté sur une méthode d’attribution et de suivi de cette aide.

Nizar Hani a demandé que l’économie réalisée sur le fret améliore le prix d’achat des pommes aux producteurs. Il a proposé d’associer leurs représentants et les municipalités au suivi des prix. Cette exigence reconnaît un point essentiel : une diminution du coût d’exportation ne prouve pas, à elle seule, une augmentation du revenu agricole.

Le montant annoncé concerne un soutien logistique. Il ne correspond pas à une somme versée directement à chaque cultivateur. Pour apprécier son effet, il faudra rapprocher les coûts réellement réduits des conditions d’achat appliquées aux récoltes concernées.

Le stockage mobilise aussi des aides

Le froid occupe une autre place dans la réponse au problème de commercialisation. Le 21 octobre, le ministère a annoncé une contribution de 300 barils de gazole de l’organisation SEAL. Avec les apports d’entreprises pétrolières, le total réservé aux entrepôts frigorifiques atteint 750 barils, selon cette annonce officielle.

L’aide vise à réduire la facture de conservation et à éviter la dégradation des fruits. Elle doit donner aux agriculteurs davantage de temps pour trouver un acheteur. Le communiqué ne fournit toutefois pas un bilan complet de distribution, entrepôt par entrepôt, ni une mesure des économies par tonne conservée.

La conservation et la vente répondent à deux besoins distincts. Maintenir les fruits en bon état permet d’étaler leur commercialisation. Cela ne fixe ni le prix futur, ni le volume que les acheteurs accepteront. Les dépenses de stockage continuent donc de compter dans le résultat de la saison.

Des résultats attendus sur les quantités et les revenus

Les mesures engagées couvrent désormais plusieurs étapes : la vente locale, le transport à l’étranger et le maintien des fruits au froid. Leur efficacité ne peut se résumer au nombre de partenaires annoncés. Elle dépendra des ventes réalisées et du montant net conservé par les exploitants après leurs charges.

La campagne de novembre doit fournir un premier point de comparaison. Les informations encore attendues concernent les volumes achetés directement, les prix appliqués selon les catégories de pommes et les exploitations participantes. Toters doit, de son côté, détailler ses offres au fur et à mesure de leur mise en place.

Couverture : étal de pommes et de coriandre à Beyrouth, archive de juillet 2016. La provenance agricole des fruits n’est pas établie ; ce ne sont pas les pommes de la campagne Toters de novembre 2026. Photo : Peter Feghali / Unsplash, Wikimedia Commons, CC0 1.0. Recadrage et habillage Libnanews.

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