Le délai de négociation est terminé, mais le relèvement du salaire minimum reste en suspens. Selon Al Akhbar du 2 novembre 2026, le mois accordé par le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, à la commission de l’indice n’a pas permis de conclure. Le montant de 475 dollars circule désormais entre les représentants des employeurs et la Confédération générale des travailleurs du Liban. Il ne constitue pourtant ni un accord signé ni un nouveau seuil légal. Le quotidien décrit des discussions ralenties par les exigences des deux camps. Chacun éprouve aussi des difficultés à faire accepter un compromis à ses membres.
La réunion prévue le vendredi précédent a ainsi été reportée au milieu de la semaine. Elle doit permettre de discuter d’une proposition commune, avant son examen par la commission de l’indice. Celle-ci pourrait ensuite transmettre le dossier au Conseil des ministres. Cette succession d’étapes reste à accomplir. En attendant, l’écart demeure important entre les montants évoqués pour vivre et le niveau autour duquel les négociateurs paraissent prêts à discuter.
Un montant de 475 dollars encore soumis à négociation
Al Akhbar rapporte que les employeurs n’ont formellement approuvé aucune proposition. Leurs représentants laisseraient toutefois entendre qu’un salaire minimum équivalant à 475 dollars pourrait être accepté. De son côté, la centrale syndicale se montrerait disposée à retenir ce montant. Le journal souligne néanmoins que cette ouverture n’a pas débouché sur un engagement patronal. Il faut donc distinguer la somme qui sert de point de discussion d’un compromis effectivement adopté.
Le minimum actuel cité par le quotidien atteint 28 millions de livres, soit environ 313 dollars. Un passage à 475 dollars représenterait, selon ses calculs, 162 dollars supplémentaires et une hausse proche de 52 %. Une autre somme avait circulé à une étape antérieure : 400 dollars. Dans ce cas, l’augmentation aurait été limitée à 87 dollars par mois.
L’absence d’accord ne porte pas uniquement sur ces montants. Le journal décrit une négociation dans laquelle le relèvement du minimum est associé à d’autres demandes. La question des sommes dues à la Caisse nationale de sécurité sociale, notamment pour les indemnités de fin de service, occupe une place centrale. Le niveau du salaire et les conditions de règlement de ces obligations sont ainsi discutés dans le même cadre.
Le coût d’une famille ne se confond pas avec un salaire individuel
Al Akhbar cite des sources de la centrale syndicale. Elles évoquent des études situant les besoins mensuels d’une famille entre 1 100 et 1 200 dollars. Le quotidien rapproche ces estimations de la disponibilité syndicale à accepter 475 dollars. Il relève que ce dernier montant représente environ 43 % d’un budget de 1 100 dollars. La comparaison illustre cette distance, même si les besoins d’une famille ne se confondent pas avec un salaire individuel.
La critique d’Al Akhbar porte surtout sur la méthode suivie. Le quotidien estime que les discussions devraient être organisées autour des prix, de l’inflation et des données de l’Administration centrale de la statistique. Il décrit, au contraire, un rapport de forces dominé par les influences politiques. Dans cette lecture, les acteurs cherchent à éviter une mobilisation sociale tout en limitant le coût du compromis. Cette appréciation appartient au journal. Elle ne constitue pas un constat partagé par l’ensemble des négociateurs.
Choucair invoque la capacité de paiement des entreprises
Interrogé par Al Akhbar, Mohammad Choucair ne fixe ni montant minimum ni plafond à la hausse envisagée. Il préside l’Union des chambres de commerce et d’industrie de Beyrouth et du Mont-Liban. Selon lui, la hausse dépend de ce que les secteurs économiques peuvent supporter. Il met ainsi l’accent sur les contraintes des entreprises, plutôt que sur un chiffre commun applicable immédiatement.
Choucair distingue également les territoires. Pour Beyrouth et le Mont-Liban, il affirme que personne ne perçoit moins de 400 dollars. Il oppose à cette situation les difficultés des entreprises d’Akkar et du Sud, qu’il juge moins capables d’assumer une augmentation. Il évoque aussi la possibilité d’un nouveau conflit et l’incertitude qui pèse sur l’activité.
Le quotidien conteste l’usage de ces arguments pour retarder la hausse. Il observe que les travailleurs des régions les plus fragiles doivent eux aussi payer leur logement, leur alimentation et leur électricité. Les risques économiques concernent donc à la fois les entreprises et leurs salariés. Le désaccord porte sur la manière de répartir ces contraintes, mais aussi sur la place à donner aux besoins des travailleurs dans le calcul du minimum.
Les indemnités de fin de service au cœur du désaccord
Le dossier social dépasse le revenu versé chaque mois. Selon Al Akhbar, une partie importante des employeurs refuse un ajustement sans règlement parallèle du problème des indemnités de fin de service. Les versions divergent toutefois sur la portée exacte des concessions demandées. C’est l’un des principaux points encore obscurs de la négociation.
Mohammad Choucair reconnaît auprès du quotidien que les organismes économiques souhaitent un échelonnement des sommes dues par les entreprises pour ces indemnités. Il nie, en revanche, réclamer d’autres exemptions liées à la sécurité sociale. Des sources de la centrale syndicale présentent une version différente. Elles évoquent un ensemble plus large de concessions, d’exonérations et de facilités, qui seraient demandées en contrepartie de l’accord sur les salaires.
Le représentant patronal parle ainsi d’un aménagement des paiements, tandis que les sources syndicales décrivent des demandes plus étendues. Aucune suppression de cotisations ou remise de dettes n’est annoncée comme acquise.
Le salaire déclaré engage aussi les droits sociaux
Al Akhbar souligne enfin le décalage entre certaines rémunérations réellement versées et les montants déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale. Le quotidien rapporte que des salariés gagnent déjà davantage que le minimum envisagé. La totalité de leur rémunération ne serait pourtant pas nécessairement déclarée. Il présente cette pratique comme un moyen de réduire les cotisations et les obligations liées à la fin de service. La rémunération déclarée engage donc les droits sociaux, y compris lorsque le salaire versé dépasse déjà le minimum légal.
À la date du dossier publié par Al Akhbar, aucune hausse n’était adoptée. La réunion reportée devait encore préciser le montant proposé et les conditions qui lui seraient associées. L’étape suivante restait la transmission éventuelle d’un compromis à la commission de l’indice, puis au gouvernement.
Sources
Al Akhbar, 2 novembre 2026, page 5.


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