Le salaire minimum au Liban reste fixé à 28 millions de livres dans les discussions en cours, sans accord annoncé sur sa prochaine hausse. Au 4 novembre, les représentants patronaux et syndicaux ne décrivent toujours pas de la même manière l’état de la négociation. Nabil Fahd affirme que les organismes économiques n’ont pas arrêté de proposition chiffrée. Béchara Asmar évoque, lui, des pistes avancées par certains milieux patronaux. Cette différence empêche de considérer les montants qui circulent comme une offre commune.
Les échanges ont repris début septembre au sein de la commission de l’indice. Une rencontre avec le ministre du Travail doit prolonger les discussions cette semaine, après le report d’un précédent rendez-vous. Aucun calendrier définitif d’adoption n’est annoncé. Le désaccord concerne le revenu mensuel, mais aussi les obligations des entreprises envers la Caisse nationale de sécurité sociale.
Salaire minimum au Liban : deux lectures des propositions
Vice-président des organismes économiques, Nabil Fahd dit que leur position n’a pas encore fait l’objet d’une discussion chiffrée. Il distingue leurs échanges internes des pourparlers avec les autres parties. Selon lui, les représentants patronaux n’ont fixé ni montant acceptable ni plafond correspondant à la capacité des entreprises.
Fahd évoque également le chiffre de 600 dollars comme un niveau jugé logique par l’autre partie. Il ne le présente pas comme une proposition acceptée par les employeurs. Cette précision compte : citer un montant dans une négociation ne signifie pas qu’un négociateur s’engage à le soutenir.
Le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban, Béchara Asmar, fournit un autre éclairage. Il rapporte des hausses de 70 à 80 % envisagées dans certains milieux économiques. Il les juge insuffisantes au regard de la perte de pouvoir d’achat. Cette déclaration ne permet toutefois pas d’attribuer une offre officielle à l’ensemble des organismes économiques.
Les deux responsables parlent donc de niveaux différents de la discussion. Asmar évoque des idées circulant chez certains interlocuteurs. Fahd affirme qu’une position collective reste à définir. Les réunir dans une seule proposition masquerait précisément l’incertitude qui accompagne la reprise des pourparlers.
Un minimum en livres, des repères en dollars
Le seuil de 28 millions de livres correspond à environ 313 dollars au taux de 89 500 livres pour un dollar. Cette conversion décrit une valeur de comparaison. Elle ne transforme pas le minimum légal en salaire libellé en dollars.
Asmar retient comme repère les quelque 450 dollars que représentait le minimum avant la crise. En 2019, celui-ci atteignait 675 000 livres au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar. La hausse nominale depuis cette période ne signifie donc pas que les salariés ont retrouvé une rémunération équivalente.
La comparaison en dollars reste néanmoins incomplète pour mesurer le pouvoir d’achat. Elle ne constitue pas, à elle seule, un indice du coût de la vie. Le prix du logement, des transports ou des services peut évoluer différemment du change. Les négociateurs doivent ainsi préciser ce qu’ils veulent corriger : le seuil salarial, les frais liés au travail ou des prestations sociales.
Asmar écarte par ailleurs un minimum de 1 200 dollars dans les circonstances actuelles. Il se dit ouvert à des compromis. Cette disponibilité ne vaut ni acceptation d’une somme précise ni renoncement à une hausse.
Le passif social accompagne la discussion salariale
Les sommes dues par les entreprises à la CNSS au titre des indemnités de fin de service constituent l’autre point sensible. Un étalement des paiements fait partie des pistes discutées. Son montant, sa durée et le traitement des intérêts restent à déterminer.
Fahd défend deux travaux parallèles : corriger le salaire minimum et traiter ces obligations. Il souhaite qu’aucun des deux dossiers attende l’achèvement de l’autre. Cette méthode n’est pas encore un accord d’exécution.
Asmar pose une condition à tout aménagement : il ne doit pas différer le versement des droits des salariés à la fin de leur service. Le débat porte donc aussi sur la manière de préserver les bénéficiaires pendant que les entreprises règlent leur passif.
Le transport suit une décision distincte
L’indemnité de transport relève d’un autre mécanisme, lié au prix de l’essence. Son ajustement ne constitue pas une augmentation du salaire minimum. Les deux lignes peuvent modifier le revenu disponible d’un salarié, mais elles ne sont pas interchangeables.
Pour les discussions de novembre, le point à établir reste une proposition commune et les conditions qui l’accompagneraient. La prochaine rencontre doit préciser les chiffres défendus par chaque partie et le sort du dossier des indemnités de fin de service.


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