3 novembre 2026
Actualité, Information, Analyses, découverte du Patrimoine et de la Culture Libanaise, tout cela est possible sur Libnanews, le Média Citoyen du Liban
Toutes nos rubriques

Ecologie · Economie

Agriculture au Liban : les pertes au-delà des terres

Le ministre Nizar Hani réaffirme une estimation de 56 000 hectares agricoles touchés par la guerre au Liban. Son bilan comprend aussi plus de 30 000 ruches perdues et une forte réduction du cheptel dans le Sud. Ces catégories dépassent les seuls dégâts d’incendie et doivent rester distinctes. Une aide annoncée en octobre vise 465 éleveurs, tandis que l’accès aux parcelles, l’alimentation animale et la remise en état des installations continuent de conditionner la reprise des exploitations touchées.

Ruche d’exposition au festival des cerises de Hammana, Liban, le 12 juin 2016
Ruche d’exposition au festival des cerises de Hammana, le 12 juin 2016. Illustration de l’apiculture libanaise, ni ruche détruite ni photographie des zones sinistrées. Bdx / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les pertes de l’agriculture au Liban touchent aussi les troupeaux, les ruches et les moyens de reprendre une exploitation. Dans un entretien à Anadolu publié le 2 novembre 2026, le ministre Nizar Hani réaffirme une estimation de 56 000 hectares agricoles affectés par la guerre. Il fait également état de plus de 30 000 ruches perdues et d’une forte réduction du cheptel dans le Sud.

Ces évaluations ministérielles décrivent plusieurs composantes de l’activité agricole. Elles ne se limitent pas aux incendies. Le retour dans un champ, la disponibilité d’un troupeau ou le maintien de l’alimentation animale posent chacun un problème différent pour les exploitants.

Agriculture au Liban : des dommages concentrés au Sud

Selon la ventilation donnée par le ministre, environ 52 000 hectares concernés se trouvent dans les gouvernorats du Sud et de Nabatieh. Les 4 000 autres hectares se situent à Baalbek-Hermel. L’ensemble représenterait 22,5 % des terres agricoles du pays, d’après son estimation.

Ce total n’est pas un décompte des seules surfaces brûlées. Il porte sur des terres directement affectées par le conflit. Il ne faut donc pas l’additionner à un bilan d’incendies comme s’il décrivait nécessairement des parcelles différentes. Les données publiques citées ne fournissent pas cette correspondance parcelle par parcelle.

Le chiffre global de 56 000 hectares circulait déjà dans les déclarations officielles avant novembre. Le ministère le mentionnait notamment après une rencontre avec le président Joseph Aoun le 10 septembre. Sa reprise cette semaine ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve d’une aggravation récente de même ampleur.

Des ruches perdues, des élevages fragilisés

Nizar Hani évalue les pertes à plus de 30 000 ruches. Il estime également que le conflit a emporté environ 70 % du cheptel présent dans le sud du Liban. Cette proportion concerne le Sud, non l’ensemble du cheptel national. Le ministre cite notamment les bovins, les ovins et les caprins.

Les difficultés ne s’arrêtent pas aux animaux déjà perdus. Les éleveurs encore actifs doivent financer l’alimentation, les soins vétérinaires et les autres dépenses indispensables à la production. La FAO souligne que ces charges pesaient déjà sur la filière laitière avant les derniers combats.

L’organisation estime que cette filière fait vivre plus de 13 000 exploitations au Liban. Ce nombre décrit l’ensemble de la filière citée, pas les seules fermes détruites ni les bénéficiaires d’une aide. Il permet de situer l’enjeu économique des mesures destinées à préserver les animaux encore en production.

Une aide ciblée pour 465 éleveurs

Le 21 octobre, le ministère et la FAO ont annoncé une intervention financière destinée à 465 éleveurs vulnérables du Sud et de Nabatieh. Chaque bénéficiaire doit recevoir 300 dollars. L’enveloppe totale annoncée approche 140 000 dollars.

Le programme vise de petits éleveurs libanais actifs dans la chaîne laitière, notamment ceux qui possèdent de grands ruminants encore productifs. Les transferts doivent aider à régler des dépenses urgentes : fourrage, services vétérinaires et autres besoins de l’élevage.

Cette intervention soutient la poursuite d’une activité existante. Son montant et son périmètre ne permettent pas de la présenter comme une indemnisation générale de toutes les pertes agricoles. L’annonce ne détaille pas non plus le versement effectif à chacun des bénéficiaires.

Reprendre la production suppose un accès aux terres

Le ministère avait placé l’accès aux champs au centre de ses échanges avec la présidence en septembre. Il évoquait le travail conduit avec l’armée pour faciliter les déplacements des agriculteurs et la récolte. Cette question demeure distincte de l’évaluation financière des dégâts.

La FAO décrit, de son côté, des terres et des infrastructures agricoles endommagées, ainsi que des réseaux d’irrigation touchés. Ses équipes ont examiné ces besoins à Nabatieh avec des producteurs, des coopératives et les services du ministère. La remise en activité doit donc couvrir les équipements et les services, en plus des cultures.

Un hectare recensé comme affecté ne renseigne pas, à lui seul, sur le travail nécessaire pour le remettre en production. Le type de culture, l’état des installations et la possibilité d’accéder au terrain restent déterminants. Les bilans de superficie doivent ainsi accompagner, plutôt que remplacer, l’examen des besoins de chaque exploitation.

Pour les éleveurs visés par le dispositif d’octobre, la prochaine étape concrète reste l’accès aux transferts annoncés. Pour les autres producteurs, la reprise dépend encore de l’accès aux parcelles et des moyens de remettre leurs installations en état.

Couverture : ruche d’exposition au festival des cerises de Hammana, Liban, le 12 juin 2016. Illustration de l’apiculture libanaise, ni ruche détruite ni photographie des zones sinistrées. Photo : Bdx / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Recadrage et habillage Libnanews ; adaptation CC BY-SA 4.0.

· · · · · ·

Newsdesk Libnanews

Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

Tous ses articles →

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *