Élie Ferzli se prépare à briguer le siège laissé vacant par Ghassan Skaff dans la Békaa Ouest. L’ancien vice-président du Parlement a annoncé son intention de se présenter à une élection partielle. Des préparatifs du ministère de l’Intérieur sont également rapportés, tandis que d’autres noms circulent. Ces démarches politiques ne valent ni convocation officielle des électeurs ni enregistrement de candidatures.
L’enjeu dépasse le remplacement d’un député. Une consultation dans la Békaa Ouest, région exposée aux tensions sécuritaires, relancerait le débat sur les arguments utilisés pour différer des élections à l’échelle nationale. Mais cette contradiction politique alléguée ne permet pas d’annoncer l’annulation d’un scrutin qui n’a pas encore reçu de calendrier confirmé.
Békaa Ouest : Ferzli affiche son intention
L’ancien vice-président de la Chambre, battu aux législatives de 2022, s’est rendu à Aïn el-Tiné. Nabih Berri a indiqué ne pas s’opposer à la tenue d’une partielle. Ferzli a ensuite réaffirmé qu’il envisageait de se présenter, tout en précisant ne pas avoir demandé au président du Parlement de pousser à l’organisation du scrutin.
Ce positionnement distingue deux démarches. Un responsable politique peut soutenir le principe d’une élection. La décision de la convoquer et les actes administratifs nécessaires suivent un autre processus. Le soutien exprimé à Aïn el-Tiné ne doit pas être présenté comme un décret électoral.
Ferzli dispose d’une visibilité politique liée à sa précédente présence à la Chambre. Il serait néanmoins prématuré de le donner gagnant ou même de présenter la compétition comme définitivement constituée. Les intentions déclarées ne fixent ni la liste des participants ni les alliances qui pourraient se former.
Plusieurs noms, aucun résultat anticipé
Maysam Skaff, veuve du député disparu, figure parmi les personnalités évoquées. Son déplacement à Baabda a alimenté les discussions sur une éventuelle candidature. Georges Abboud apparaît également parmi les noms soutenus dans les échanges politiques rapportés, du côté des Forces libanaises.
Thierry Sabounji, homme d’affaires actif entre Beyrouth et Riyad, est cité comme une autre possibilité proposée par Waël Abou Faour. Ces noms décrivent un débat politique. Ils ne constituent pas une liste officielle de candidats ayant déposé leurs dossiers.
Des informations de presse font aussi état de réticences des Forces libanaises et du Parti socialiste progressiste à poursuivre la discussion sur la partielle. Il faut maintenir le même niveau de prudence : des échanges entre partis, même concordants, ne remplacent pas une décision publique sur la tenue du vote.
Le calendrier national revient dans le débat
Le raisonnement politique avancé est simple : si une élection locale peut être organisée dans une région menacée, l’argument sécuritaire utilisé pour différer une échéance nationale mérite d’être réexaminé. Cette question porte sur la cohérence des positions des partis, pas sur une équivalence automatique entre les deux opérations.
Une partielle dans une circonscription et des élections générales ne mobilisent pas les mêmes moyens. Leur périmètre, l’organisation des bureaux et la coordination administrative diffèrent. Il faut donc examiner les contraintes propres à chaque scrutin avant de conclure que la faisabilité de l’un démontre celle de l’autre.
La sécurité ne constitue pas non plus la seule dimension du calendrier. La préparation du vote à l’étranger apparaît dans les discussions sur les échéances nationales. Les besoins techniques invoqués doivent être distingués des choix politiques sur la durée d’un mandat ou sur le moment opportun pour consulter les électeurs.
Aucune date ne peut être arrêtée par extrapolation à partir de déclarations sur les délais de préparation. Il faudrait connaître les actes applicables, les instructions des ministères compétents et les mesures effectivement engagées. Les débats sur le vote des expatriés ne permettent pas davantage de conclure, à eux seuls, à l’impossibilité d’une partielle.
Les actes administratifs feront la différence
Le suivi du dossier doit désormais porter sur des éléments vérifiables : une décision de convocation, un calendrier officiel et les modalités de dépôt des candidatures. Leur publication donnerait une autre portée aux intentions annoncées par les personnalités concernées.
En leur absence, l’agitation politique reste distincte du déclenchement effectif d’une campagne. Les électeurs de la Békaa Ouest attendent une clarification sur la représentation de leur circonscription. La prochaine étape sera un acte institutionnel précis, plutôt qu’une nouvelle liste de candidats possibles.


Commentaires