Des familles de détenus palestiniens ont réclamé des nouvelles de leurs proches, le 2 novembre, au siège du CICR à Gaza. Leur mobilisation intervient après la transmission d’une liste de noms par Israël à l’organisation humanitaire. Le rétablissement des visites reste au cœur des démarches humanitaires, encore évoquées le 2 novembre à Genève.
Le rassemblement réunissait des proches de prisonniers et des représentants des mouvements palestiniens, dans l’ouest de la ville de Gaza. Afnan al-Jazzar, épouse du détenu Saïf al-Jazzar, y représentait les familles. Elle a dénoncé l’incertitude sur le sort des prisonniers et qualifié leur traitement de punition collective.
Israa Zahd cherchait, elle, des informations sur son fils Sobhi Abdelrahman. Selon son témoignage recueilli par la presse, il était parti chercher de la nourriture près de deux ans auparavant et n’était pas revenu. Des voisins lui avaient indiqué que des soldats israéliens l’avaient arrêté avec d’autres jeunes hommes. Elle affirme être restée sans nouvelles depuis.
Détenus palestiniens : des listes, mais pas de visites
Le 25 octobre, le Comité international de la Croix-Rouge a confirmé avoir reçu récemment une liste des autorités israéliennes. Ses équipes avaient commencé à transmettre des informations aux familles concernées. Le porte-parole Gilad Grossman précisait cependant qu’Israël n’avait pas encore autorisé la reprise des visites en prison. La communication de noms et l’accès direct aux détenus constituent donc deux démarches distinctes.
Le 2 novembre, la présidente du CICR, Mirjana Spoljaric, a rencontré à Genève le représentant palestinien auprès des Nations unies, Ibrahim Khraishi. Selon le compte rendu de l’agence de presse palestinienne, elle a indiqué que des contacts se poursuivaient chaque jour. Ils visent à rétablir l’accès aux détenus et les visites. Ce compte rendu n’annonce donc pas leur reprise.
Le CICR avait déjà souligné cette distinction le 9 septembre. Ce jour-là, ses délégués avaient rencontré les autorités d’un établissement militaire israélien et parcouru certaines de ses installations. Ils n’avaient rencontré aucun détenu et n’avaient eu aucun contact direct avec eux. L’organisation présentait cette réunion technique comme une étape vers la reprise de ses visites, interrompues depuis octobre 2023.
Pour défendre cette suspension, le gouvernement israélien avait notamment invoqué le refus du Hamas d’autoriser l’accès du CICR aux otages à Gaza. En juin 2026, la Cour suprême israélienne a annulé l’interdiction générale des visites et du partage d’informations.
Des familles contestent l’étendue des informations transmises
Le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée juge la liste incomplète. Dans son communiqué du 25 octobre, cette association affirme que certaines familles ont ainsi appris que leurs proches étaient vivants. Elle demande la communication de tous les noms et des lieux de détention, y compris pour les personnes détenues dans des installations militaires. Elle réclame aussi une enquête internationale sur les disparitions qu’elle attribue aux forces israéliennes.
Les bilans disponibles ne mesurent pas tous la même réalité. Le 6 octobre, les institutions palestiniennes de défense des prisonniers estimaient à environ 9 300 le nombre de personnes détenues. Elles comptabilisaient notamment 3 101 détenus administratifs, sans inculpation ni procès. Leur rapport recensait séparément environ 26 000 arrestations en Cisjordanie occupée et à Jérusalem depuis octobre 2023. Ce cumul d’arrestations ne représente ni la population encore emprisonnée, ni un bilan des disparus de Gaza.
Une demande d’enquête sur la prison de Ramla
Le 1er novembre, la Ligue arabe a demandé une enquête internationale indépendante sur les violences qu’elle dénonce dans la section Rakefet de Ramla. Elle affirme que des détenus originaires de Gaza y ont subi des blessures et des brûlures lors d’interventions répétées. Cette prise de position suit des accusations rendues publiques le 27 octobre par le Bureau d’information des prisonniers palestiniens. L’administration pénitentiaire israélienne avait rejeté les accusations de mauvais traitements systématiques, dans une réponse rapportée le 7 septembre. Ce démenti précédait donc les nouvelles accusations visant Ramla.
Le dossier avait déjà suscité une démarche onusienne spécifique. Dans une lettre du 18 mars 2026, les rapporteurs spéciaux Alice Jill Edwards et Morris Tidball-Binz demandaient des explications à Israël. Ils réclamaient notamment des informations sur les conditions dans la section Rakefet, les décès en détention et les enquêtes ouvertes. Ils insistaient sur des inspections indépendantes et sur le rétablissement des contacts familiaux.
La Ligue arabe demande désormais l’accès sans restriction du CICR et d’observateurs indépendants à Ramla. Elle réclame des soins pour les blessés et la libération des détenus malades.


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