La Cour suprême britannique doit examiner les 4 et 5 novembre l’interdiction de Palestine Action. À la veille de cette audience, des organisations juives défendent des positions opposées. Certaines demandent la levée de la proscription, au nom des libertés publiques. D’autres estiment son maintien nécessaire à la sécurité des institutions juives.
Palestine Action : un appel collectif contre l’interdiction
Une déclaration publiée le 31 octobre par Jewish Voice for Liberation défend la levée de l’interdiction. Elle rejette l’idée que tous les Juifs britanniques se sentiraient menacés par Palestine Action. Les signataires défendent leur opposition à la politique israélienne et leur soutien aux droits palestiniens. Ils affirment que ces positions font aussi partie du débat public juif.
Ils rejettent les accusations d’antisémitisme visant les objectifs du groupe. Selon eux, les entreprises et leurs partenaires étaient visés pour leurs liens supposés avec la fourniture d’armes à Israël. Ils réfutent un ciblage lié à l’identité juive des propriétaires. Il s’agit de leur argumentation, contestée par d’autres organisations.
Defend Our Juries, qui milite contre l’interdiction, annonçait le 1er novembre plus de 260 signataires et douze organisations de soutien. La page initiale affichait 223 signatures au matin du 31 octobre. Ces décomptes correspondent à deux étapes de la mobilisation, et non à un sondage de l’opinion juive britannique.
La sécurité communautaire au cœur de l’intervention du JLC et du CST
Le Jewish Leadership Council et le Community Security Trust soutiennent au contraire le maintien de la proscription. La Cour suprême les a autorisés à intervenir conjointement dans la procédure. Leur mémoire écrit a été rendu public le 2 novembre. Il insiste sur les conséquences des actions du groupe pour des organisations et entreprises juives.
Les deux institutions soutiennent que les cibles de Palestine Action se sont élargies. Elles citent des propriétaires, des assureurs, des banques et des organismes communautaires, au-delà des fabricants d’armes. Elles affirment que l’interdiction a apporté un bénéfice de sécurité et demandent aux juges d’en tenir compte.
Elles mettent également en avant les droits des personnes à mener leur vie privée, religieuse et culturelle sans intimidation. Ces affirmations exposent la position des intervenants devant la Cour. Elles ne préjugent pas du jugement à venir.
Huda Ammori conteste également ces accusations dans un mémoire complémentaire, daté du 19 octobre et publié sur le site de la Cour le 2 novembre. Ses avocats rejettent l’idée d’une discrimination contre les Juifs. Ils reprochent au JLC et au CST de vouloir élargir les motifs justifiant l’interdiction. Ils contestent aussi des affirmations factuelles auxquelles, selon eux, la requérante n’a pas pu répondre par des preuves.
Le Jewish Bloc défend une autre lecture des libertés
Le Jewish Bloc intervient lui aussi dans l’affaire. Cette coalition d’organisations juives engagées pour les droits palestiniens reproche au raisonnement favorable à l’interdiction de négliger ses propres membres.
Son mémoire souligne que certains Juifs britanniques ne se considèrent pas menacés par Palestine Action. Ils se sentent, au contraire, concernés par les restrictions imposées à son soutien. Il demande que leurs libertés d’expression et de réunion entrent dans l’appréciation de la proportionnalité.
Le désaccord porte donc aussi sur les personnes dont les droits doivent être examinés. Les interventions déposées montrent plusieurs positions juives dans la même procédure. Aucune ne peut être présentée comme celle de tous les Juifs du pays.
Une audience centrée sur la proportionnalité
L’interdiction est entrée en vigueur le 5 juillet 2025, sous le Terrorism Act 2000. Huda Ammori, cofondatrice de Palestine Action, l’a contestée. La Divisional Court lui a donné raison en février 2026. La Cour d’appel a ensuite validé la décision du ministère de l’Intérieur, en juin.
La Cour suprême a limité le recours aux articles 10 et 11 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ceux-ci concernent les libertés d’expression et de réunion. Elle n’a pas retenu l’autre moyen, relatif à l’application de la politique interne du ministère.
Le groupe demeure interdit dans l’attente de l’issue judiciaire. Les audiences des 4 et 5 novembre ne constituent pas une date de jugement annoncée. La séance du 5 novembre après-midi doit se tenir sans public ni retransmission, précise la Cour.


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