En Cisjordanie occupée, la récolte des olives avance sans que l’accès aux terres soit assuré. Le ministre palestinien de l’Agriculture a évoqué le 31 octobre environ 60 % de la récolte déjà effectuée. Parallèlement, le rapport humanitaire de l’ONU daté du 29 octobre documente des attaques contre les cueilleurs et des annulations d’accès, y compris dans des secteurs où les passages avaient été coordonnés avec les autorités israéliennes.
Une progression des surfaces, pas un bilan de production
Le bilan ministériel du 29 octobre porte sur environ 445 000 dounams récoltés, sur un objectif de 780 000 dounams. Les 57 % annoncés mesurent l’avancement sur des surfaces ciblées, et non le tonnage produit ou les revenus des exploitants.
Le 31 octobre, le ministre Rizq Slaimiya a évoqué environ 60 % de la récolte déjà effectuée. Cette déclaration ne fournit toutefois ni nouvelle surface récoltée ni méthode de calcul permettant une comparaison directe avec le bilan du 29 octobre.
La campagne associe collectivités locales, coopératives, associations et volontaires. Le ministère fait état de 35 grandes opérations collectives et de plus de 2 750 outils ou lots de matériel distribués, directement aux agriculteurs ou à des structures chargées de les prêter. Il signale aussi l’interruption d’activités à Hébron et l’empêchement de plusieurs initiatives dans le gouvernorat de Ramallah et Al-Bireh. Le soutien matériel ne supprime donc pas les obstacles à l’entrée dans les parcelles.
Des incidents recensés pendant la cueillette
Dans son rapport daté du 29 octobre et publié le 31, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, OCHA, dénombre 38 attaques de colons liées à la récolte entre le 20 et le 26 octobre, ayant causé des blessures ou des dégâts. Ces 38 incidents sont compris dans les 62 attaques de colons ayant causé des victimes ou des dommages matériels, recensées par l’OCHA dans 49 communautés de Cisjordanie pendant la même période.
L’OCHA décrit des violences physiques, des vols d’olives ou d’équipement et la destruction de biens agricoles. Il signale également des suspensions d’accès coordonné dans certaines parties de Jénine et Naplouse, ainsi que derrière la barrière dans le gouvernorat de Qalqiliya. À Salfit, des passages prévus ont été annulés, parfois moins d’un jour auparavant.
L’armée israélienne défend son dispositif
Dans un communiqué distinct du 27 octobre, l’armée israélienne affirme travailler à faciliter la cueillette et à prévenir les violences. Elle évoque une centaine de sites où la récolte est coordonnée sous protection des forces de sécurité et assure que la grande majorité de ces opérations se déroule sans incident inhabituel.
L’armée indique avoir renforcé le dispositif du commandement central et affirme que les forces prennent au sérieux les violences et les activités criminelles, quel qu’en soit l’auteur. Cette présentation générale de son action ne répond pas individuellement aux incidents ensuite détaillés par l’OCHA. Les deux documents ne portent pas davantage sur un périmètre identique : le communiqué militaire insiste sur les opérations coordonnées, tandis que le relevé humanitaire documente aussi les parcelles dont l’accès est empêché.
Un enjeu économique qui dépasse la saison
Dès son rapport du 2 octobre, l’OCHA recensait plusieurs difficultés cumulées pour les ménages agricoles : restrictions d’accès, vols de récolte, destruction d’arbres et d’infrastructures, mais aussi renchérissement des intrants. La saison des olives concentre ainsi des risques qui ne se résument pas au nombre d’incidents violents. Une parcelle inaccessible représente aussi du travail empêché et une récolte dont la récupération devient incertaine.
Le même rapport décrivait à Beit Ula, près d’Hébron, l’accès fortement restreint à environ 1 500 dounams de terres agricoles, dont près de la moitié plantée d’oliviers. Cet exemple illustre une difficulté durable, distincte d’une attaque ponctuelle pendant la cueillette. Le ministère poursuit sa campagne de cueillette, alors que l’accès à certaines parcelles reste soumis à des restrictions et à des autorisations de passage.
Photographie d’illustration : récolte d’olives en Toscane (Italie), le 17 octobre 2012. Cette image ne montre pas la Cisjordanie. « Securing the harvest », Maarten Heerlien / Wikimedia Commons, CC BY 2.0. Habillage graphique Libnanews ; photographie redimensionnée proportionnellement, sans recadrage ni modification de son contenu.


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