L’appel de Lina Attalah contre l’amende de trois millions de livres égyptiennes et l’ordre de fermeture de Mada Masr doit être examiné le 25 novembre 2026. L’Association pour la liberté de pensée et d’expression, qui participe à sa défense, a confirmé cette échéance le 2 novembre. La rédactrice en chef du média indépendant, libérée après le jugement du 27 octobre, est également attendue devant la justice le 11 novembre dans une procédure distincte.
Un recours contre l’amende et la fermeture
Le jugement du 27 octobre émane du tribunal correctionnel du Nouveau-Caire. Il sanctionne la gestion d’un site sans licence et ordonne aussi la confiscation de ses équipements. Dans sa mise à jour du 28 octobre, Human Rights Watch indique que Lina Attalah a été retenue après l’audience, puis libérée quelques heures plus tard après le paiement de l’amende.
L’annonce du recours a été faite le 2 novembre par l’avocat Hassan al-Azhari auprès de la presse égyptienne. Elle confirme que la défense a engagé la contestation du jugement, au-delà de la seule intention d’interjeter appel exprimée immédiatement après sa prononciation.
La défense et la magistrature s’opposent sur l’audience
Selon le compte rendu publié par l’Association pour la liberté de pensée et d’expression le 2 novembre, les avocats demandaient notamment à consulter le dossier, à obtenir les pièces relatives à la licence et à faire entendre des témoins. L’association affirme que le tribunal a rejeté leurs demandes et désigné un autre avocat malgré l’opposition de Lina Attalah et de ses conseils. Ces griefs sont ceux de la défense, et non les conclusions d’une décision annulant le procès.
Le Conseil supérieur de la magistrature conteste cette présentation. Dans une prise de position relayée le 2 novembre, le Conseil assure avoir respecté les garanties de la défense et permis aux avocats de consulter les pièces. Le Conseil avait également affirmé, le 31 octobre, que la journaliste avait renoncé par écrit à faire appel. Ses avocats ont démenti cette affirmation le lendemain. L’enregistrement du recours et l’annonce d’une audience constituent la dernière étape connue de cette controverse procédurale.
Les demandes de licence au centre du dossier
Dans son communiqué du 27 octobre, Amnesty International rappelle que Mada Masr avait déposé des demandes de licence en 2018 puis en 2020 auprès du Conseil suprême de régulation des médias. Selon l’organisation, le média n’avait reçu aucune réponse et a appris en 2022 qu’une demande avait été rejetée. Il a contesté ce refus devant la justice, sans obtenir gain de cause.
Amnesty rapporte également une nouvelle démarche de régularisation restée sans réponse et demande l’annulation de l’ordre de fermeture. L’organisation estime que les règles d’autorisation sont utilisées pour restreindre le journalisme indépendant. Cette appréciation lui appartient. Les demandes déposées par Mada Masr ne valent pas, à elles seules, délivrance d’une licence.
Le 11 novembre concerne une autre décision
Une seconde échéance doit être distinguée de l’appel annoncé pour le 25 novembre. Dans un communiqué collectif publié le 28 octobre par l’Initiative égyptienne pour les droits personnels, les signataires expliquent que Lina Attalah a appris, pendant les formalités de sa libération, l’existence d’un jugement par défaut rendu en 2024. Cette décision prévoit un an de prison pour diffusion de fausses informations et exploitation d’un site sans licence.
Le même communiqué indique que ses avocats ont formé opposition et qu’une audience a été fixée au 11 novembre. Les deux rendez-vous judiciaires portent donc sur des décisions différentes : l’ancienne condamnation par défaut, d’une part, et le jugement prononçant l’amende et la fermeture, d’autre part. Au 3 novembre 2026, l’annonce de ces audiences ne préjuge ni de leur issue ni de l’annulation des sanctions contestées.


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