Les électeurs de Floride se prononcent ce 3 novembre 2026 sur l’amendement 3, qui augmenterait l’exonération foncière des résidences principales. À Miami-Dade, les autorités anticipent une diminution importante des recettes destinées aux services locaux. Le texte reste soumis au vote : il ne supprime pas automatiquement toute taxe immobilière.
Selon les explications du percepteur du comté de Hillsborough, consultées le 3 novembre, la proposition doit obtenir au moins 60 % des suffrages à l’échelle de l’État. Son éventuelle adoption serait sans effet sur les impôts dus pour 2026. La première échéance d’application serait le 1er janvier 2027.
Une exonération élargie, hors prélèvements scolaires
Le bulletin officiel de Miami-Dade pour le scrutin du 3 novembre prévoit une exonération de 150 000 dollars en 2027, puis de 250 000 dollars en 2028, pour les prélèvements non scolaires. Il s’agit d’une fraction de la valeur du bien soustraite à l’impôt, et non d’un versement au propriétaire. Une indexation sur l’inflation suivrait.
Cette mesure vise les logements éligibles au statut de résidence principale permanente, appelé « homestead ». Elle ne s’applique pas, à ce titre, aux résidences secondaires et aux logements donnés en location.
Le bulletin distingue également les personnes qui ne seraient pas résidentes de Floride au 31 décembre 2026. Une fois éligibles, elles bénéficieraient de l’exonération existante, puis du montant majoré à partir de leur cinquième année d’exonération, dans les limites permises par la Constitution fédérale.
Miami-Dade chiffre les conséquences budgétaires
Dans sa présentation officielle consultée le 3 novembre, le comté de Miami-Dade estime qu’il percevrait 385,8 millions de dollars de recettes foncières en moins à partir d’octobre 2027, puis 696,7 millions à partir d’octobre 2028. Ces projections supposent l’adoption du texte et le maintien des taux actuels.
Le second chiffre correspond à une diminution annuelle après la mise en œuvre de l’exonération de 250 000 dollars. Il ne s’ajoute pas au premier pour calculer une perte annuelle. Ces montants concernent ce comté, pas l’ensemble de la Floride.
Les recettes foncières contribuent notamment au financement des pompiers, des bibliothèques, des parcs, des transports et des services aux personnes âgées. Le manque à gagner estimé ne constitue pas une liste de coupes déjà décidées. Son effet sur les habitants dépendrait des arbitrages budgétaires à venir.
Les factures resteraient différentes selon les logements
Le percepteur de Hillsborough rappelle que les gains varieraient avec la valeur taxable, les exonérations et les taux locaux. Les redevances distinctes de la valeur immobilière, notamment pour les déchets ou les eaux pluviales, subsisteraient. Une exonération accrue ne ferait donc pas disparaître toute facture.
La résolution parlementaire CS/HJR 1F prévoit par ailleurs de ramener de 10 % à 5 % le plafond annuel de progression de l’évaluation de certains biens autres que les résidences principales, hors prélèvements scolaires. Cette mesure pourrait concerner des logements locatifs et des locaux commerciaux. Elle plafonne une évaluation fiscale, pas la hausse de toute somme réclamée au propriétaire.
Les collectivités conserveraient des décisions à prendre
Le dispositif parlementaire prévoit une procédure permettant aux comtés et municipalités d’élargir encore l’exonération pour leurs prélèvements respectifs, jusqu’à la valeur évaluée totale. Les districts spéciaux disposeraient d’une possibilité comparable, sous réserve d’un référendum.
Le bulletin encadre aussi les usages des recettes foncières, tout en permettant aux responsables locaux d’approuver d’autres dépenses si la loi de l’État ne les interdit pas. Il ne faut donc pas en déduire une interdiction automatique de tous les services non énumérés. L’issue du scrutin et les décisions ultérieures détermineront la portée effective de la réforme.


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