À la mi-octobre 2026, transporter du brut vers l’Europe coûtait plus de quatre fois les niveaux d’avant-guerre sur deux grandes routes alternatives au Golfe. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) le constate dans son analyse du 21 octobre. Depuis l’Afrique de l’Ouest, sur un pétrolier Suezmax, le fret dépassait 22 dollars par baril. Depuis la côte américaine du golfe du Mexique, il atteignait 24 dollars. Ces tarifs décrivent cette période, et non les cotations du 3 novembre.
La diversification des achats ne suffisait donc pas à éviter le surcoût maritime. Selon l’AIE, les détours, la congestion et les transferts entre navires allongeaient les voyages. La flotte transportait moins efficacement les cargaisons. Certains armateurs affectaient aussi au brut de grands pétroliers habituellement employés pour les produits raffinés. Cette réorientation réduisait les capacités disponibles pour les carburants.
Le brut du Golfe rebondit plus vite que les produits raffinés
Le rapport pétrolier de l’AIE, publié le 14 octobre 2026, décrit une reprise inégale des exportations régionales. En septembre, les producteurs du Golfe ont expédié 13,9 millions de barils de brut par jour. La hausse atteint 4,4 millions de barils par jour sur un mois. Ces volumes, toutes destinations confondues, dépassent les trois quarts du niveau d’avant-guerre.
Les produits raffinés du Moyen-Orient suivent une trajectoire moins rapide. Leurs expéditions atteignent 1,9 million de barils par jour en septembre, contre 4,7 millions avant-guerre. Elles restent ainsi sous la moitié de ce niveau. Ces chiffres ne décrivent ni les seules livraisons européennes ni les capacités nominales des installations.
Le rapport signale aussi une tension persistante sur le diesel. À l’échelle mondiale, ses exportations de septembre étaient inférieures de 700 000 barils par jour à celles de septembre 2025. Le redressement du brut ne signifie donc pas un retour simultané à la normale pour les carburants.
Les réserves mobilisées pour accélérer les livraisons
Le conseil de direction de l’AIE a annoncé, le 15 octobre 2026, vouloir accélérer la libération des stocks encore engagés. Environ 330 millions de barils avaient alors été mis à disposition dans le cadre de l’action collective lancée en mars. Quelque 100 millions de barils restaient à libérer.
Les plans d’accélération comprenaient plus de 20 millions de barils de diesel. Il s’agissait d’un programme de livraison, pas d’un volume intégralement livré à cette date. Certains membres avaient relevé leurs engagements, portant le total au-delà des 400 millions de barils initialement annoncés. L’AIE appelait également les pays disposant de capacités pétrolières et de raffinage à accroître l’offre, particulièrement celle de diesel.


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