Joëlle Faddoul, enseignante et responsable du programme doctoral de l’Institut de lettres orientales de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, a été distinguée à Dubaï pour une recherche associant grammaire arabe et IA. Le Conseil international de la langue arabe l’a retenue parmi quinze chercheurs honorés lors du douzième Congrès international de la langue arabe, organisé du 28 au 30 octobre 2026.
Son étude a été sélectionnée parmi environ six cents contributions venues de plus de soixante-dix pays. Elle met en lumière une proposition pédagogique : utiliser l’IA générative pour produire des récits numériques adaptés aux apprenants, tout en gardant des règles linguistiques et éducatives explicites.
Grammaire arabe et IA : partir d’un récit
Le travail porte le nom de SARD, un modèle de conception narrative arabe intelligente. L’idée consiste à présenter une règle grammaticale dans une situation racontée avant de la nommer. La narration devient ainsi le contexte dans lequel l’apprenant rencontre une construction de la langue.
La chercheuse décrit des histoires adaptées au niveau du public visé. L’outil ne doit pas simplement générer un texte à partir d’une consigne générale : sa production est encadrée par des exigences linguistiques et pédagogiques. Ce sont ces exigences qui donnent au modèle sa fonction éducative.
Faddoul insiste sur ce point : l’originalité qu’elle défend réside dans la méthode qui encadre l’IA, plutôt que dans le seul recours à cette technologie. La correction de l’arabe reste, selon elle, le premier critère. La génération automatisée doit servir l’apprentissage de la langue, et non imposer ses formulations sans contrôle.
Une recherche distinguée à Dubaï
Faddoul était la seule chercheuse libanaise présente parmi les quinze lauréats. D’autres chercheurs honorés venaient notamment d’Égypte, du Maroc, de Bahreïn, du Nigeria, de Turquie, de Chine et de Pologne.
Cette reconnaissance porte sur un travail académique présenté à un congrès. Elle ne constitue pas, à elle seule, une mesure de l’efficacité du modèle auprès des élèves. Les informations rendues publiques ne donnent ni taille d’échantillon scolaire, ni comparaison chiffrée avec une autre méthode, ni résultats détaillés d’une évaluation des apprentissages.
Le contrôle de la langue au centre de la proposition
L’intérêt de SARD tient à la place donnée à la construction du récit et au niveau de l’apprenant. Une histoire n’est pas seulement un habillage destiné à rendre une leçon plus attractive. Dans le modèle décrit, elle sert à faire apparaître un usage grammatical dans un contexte avant son explication formelle.
Le travail de Joëlle Faddoul contribue ainsi à une question concrète pour l’enseignement : comment employer un outil génératif sans abandonner les objectifs du cours ni la vérification de ce qu’il produit ? La distinction reçue à Dubaï rend cette proposition plus visible. Son évaluation auprès des apprenants reste un point à documenter.


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