L’inflation en France accélère alors que l’activité recule légèrement. Les premières estimations publiées le 30 octobre placent la hausse des prix à 3,4 % sur un an en octobre. Le produit intérieur brut baisse, lui, de 0,1 % au troisième trimestre. Ce double signal intervient au moment où le Parlement examine le budget 2027.
Les deux indicateurs ne mesurent ni la même période ni le même phénomène. L’inflation compare les prix d’octobre à ceux d’un an auparavant. Le PIB mesure ici l’évolution de l’activité entre deux trimestres, en volume. Leur rapprochement décrit néanmoins une difficulté concrète : le renchérissement des dépenses quotidiennes ne s’accompagne pas d’une progression globale de la production.
Inflation en France : l’énergie tire la hausse
La hausse annuelle des prix passe de 3,1 % en septembre à 3,4 % en octobre. L’énergie affiche une progression de 24,1 %, contre 21,3 % un mois plus tôt. Les services augmentent de 2,7 % sur un an. À l’inverse, l’alimentation ralentit légèrement, à 1,2 %, après 1,4 %.
Cette moyenne alimentaire masque des écarts importants. Les produits frais restent plus chers de 8 % qu’un an auparavant. Les autres produits alimentaires augmentent de 0,3 %. Les produits manufacturés enregistrent encore une légère baisse annuelle, de 0,2 %.
| Indicateur | Dernière estimation | Période comparée |
|---|---|---|
| Prix à la consommation | +3,4 % | Octobre 2026 sur un an |
| Énergie | +24,1 % | Octobre 2026 sur un an |
| PIB en volume | −0,1 % | Troisième trimestre sur le précédent |
Ces données ne signifient pas que chaque foyer subit une hausse identique. Le poids du chauffage, des déplacements et de l’alimentation varie selon les ménages. Elles montrent surtout la place de l’énergie dans la nouvelle accélération des prix.
Le recul de l’activité ne vient pas de tous les secteurs
Le PIB avait stagné au deuxième trimestre. Son léger recul au troisième ne correspond donc pas à deux baisses trimestrielles consécutives. Les dernières données ne suffisent pas à retenir ce critère usuel de récession technique.
La consommation des ménages progresse encore de 0,4 %, après 0,2 %. En revanche, l’investissement recule de 0,6 %, après une baisse de 0,5 %. Le commerce extérieur pénalise également l’activité : les exportations diminuent de 1,7 %, tandis que les importations augmentent de 0,1 %.
La variation des stocks apporte une contribution positive de 0,4 point à la croissance. Celle du commerce extérieur est négative, à 0,6 point. La contraction d’ensemble ne doit donc pas être assimilée à un effondrement uniforme de la demande intérieure.
Des ménages plus inquiets, des entreprises partagées
L’enquête publiée le 27 octobre apporte un éclairage sur le ressenti des Français. L’indicateur de confiance des ménages perd cinq points et tombe à 80. Il atteint son plus bas niveau depuis juin 2013. Sa moyenne de longue période s’établit à 100.
Cet indicateur traduit des réponses à une enquête, pas une mesure directe des dépenses. Sa dégradation peut donc coexister avec une consommation encore en hausse au trimestre précédent. Les périodes observées diffèrent aussi : le moral d’octobre intervient après les achats de juillet à septembre.
Du côté des entreprises, l’enquête du 22 octobre présente une situation plus contrastée. Le climat des affaires gagne environ un point, tout en restant sous sa moyenne de longue période. L’amélioration touche l’industrie et, plus légèrement, les services. Le commerce de détail et le bâtiment se dégradent. Le climat de l’emploi perd trois points.
Le gaz augmente à l’entrée de novembre
Le prix repère du gaz a augmenté de 6,6 % TTC le 1er novembre. Il atteint 194,90 euros par mégawattheure. Ce repère concerne notamment les offres indexées ; les fournisseurs ne sont pas obligés de l’appliquer à tous leurs contrats. Une offre à prix fixe ne subit donc pas automatiquement cette variation.
Cette hausse intervient après le mois couvert par l’estimation d’inflation d’octobre. Elle ne doit pas être intégrée rétrospectivement à ce chiffre. Les résultats définitifs des prix d’octobre sont attendus le 13 novembre. Ils pourront confirmer ou réviser la première estimation.


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