Amirhossein Mousavi, condamné à mort pour son activité sur X selon son avocat, est détenu à la prison d’Evin, à Téhéran. Reza Shafakhah a annoncé cette décision mercredi 4 novembre. Plusieurs organisations de défense des droits humains rapportent également une peine de cinq ans de prison. La condamnation capitale vise l’accusation de « corruption sur terre », d’après ces sources.
Mousavi condamné à mort par un tribunal de Téhéran
Selon les informations recueillies par l’agence de défense des droits humains HRANA, le jugement a été notifié mercredi au détenu. Une source proche de sa famille situe la décision devant la quinzième chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Cette juridiction est présidée par le juge Abolghasem Salavati.
Le compte rendu distingue deux peines. La condamnation à mort correspond au chef de « corruption sur terre ». Les cinq années d’emprisonnement concernent une accusation d’« insulte aux choses sacrées ». L’organisation Hengaw rapporte les mêmes qualifications et la même date de notification.
L’avocat Reza Shafakhah relie la peine capitale aux publications de son client sur un compte X. Mousavi utilisait le pseudonyme « James Bi-Dean », transcrit de différentes manières dans les comptes rendus. Iran Human Rights reprend la déclaration de l’avocat et décrit un dossier lié à l’expression de critiques en ligne.
Libnanews n’a pas consulté le jugement ni les autres pièces judiciaires. Les informations sur les peines reposent sur les déclarations de la défense et les comptes rendus des organisations citées. Elles permettent de rapporter l’annonce de la condamnation, sans vérifier directement la motivation complète retenue par le tribunal.
Un dossier construit autour de son activité en ligne
Les audiences portaient sur plusieurs accusations, au-delà des deux chefs associés aux peines annoncées mercredi. HRANA évoque neuf qualifications examinées pendant la procédure. Elles comprenaient notamment des accusations liées à la sécurité nationale, à des contacts avec des personnes présentées comme liées à Israël et au financement du terrorisme.
Ces qualifications décrivent les accusations rapportées dans le dossier. Elles ne doivent pas être confondues avec une vérification indépendante des faits reprochés. Les sources consultées ne permettent pas non plus d’attribuer une condamnation distincte à chacun de ces chefs.
La défense conteste cette lecture de l’activité de Mousavi. Dans un entretien d’octobre 2025 repris par Iran Human Rights, son avocat dénonçait la multiplication des accusations. Il soutenait qu’elles reposaient sur une même activité : la publication de messages critiques sur les réseaux sociaux.
La sœur du détenu, Saeideh Mousavi, présente également son compte comme un relais pour les prisonniers politiques et leurs proches. Selon ses déclarations rapportées mercredi par un média iranien à l’étranger, il mettait en avant les familles de personnes tuées pendant les manifestations. Elle conteste le jugement et demande son annulation.
Des déclarations télévisées contestées par le détenu
Le dossier comporte aussi une controverse sur des déclarations diffusées par la télévision publique iranienne. Iran Human Rights situe leur diffusion au 6 octobre 2025, avant la première audience. Le reportage présentait Mousavi comme impliqué dans des activités d’espionnage et de propagande pour Israël.
Dans une lettre depuis la prison d’Evin, reproduite par l’organisation, Mousavi a rejeté ce récit. Il affirme avoir subi des violences, un long isolement et des pressions visant sa famille. Il décrit des propos imposés par ses interrogateurs, puis assemblés dans un montage trompeur.
Hengaw rapporte également cette contestation du détenu et ses accusations de torture et de menaces. Ces affirmations sont celles de Mousavi et des organisations qui les relaient. Libnanews n’a pas pu les vérifier de façon indépendante.
L’avocat avait également dénoncé la diffusion des images avant le procès. Il contestait les conditions d’enregistrement et l’utilisation publique de ces déclarations.
Une détention commencée en décembre 2024
Les organisations situent l’arrestation de Mousavi au 18 décembre 2024. Selon HRANA et Hengaw, elle a eu lieu à l’aéroport Mehrabad de Téhéran. Son avocat avait indiqué que les services de sécurité avaient surveillé son compte pendant plusieurs mois avant de l’identifier.
Hengaw retrace trois audiences dans cette procédure. La première s’est tenue le 2 novembre 2025, la deuxième au début d’août 2026. La troisième a eu lieu le 21 septembre 2026. HRANA confirme cette dernière date et la présence de l’avocat lors de l’examen des accusations.
Les informations rendues publiques mercredi portent sur la notification des peines, pas sur une exécution. La famille cherche désormais à mobiliser autour du détenu. Saeideh Mousavi demande que la condamnation soit annulée et que la vie de son frère soit préservée.


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