Chuck Schumer veut mettre fin à la guerre en Iran. Le chef des démocrates au Sénat américain l’a affirmé mercredi 4 novembre 2026, à Washington. Il a évoqué le contrôle des crédits fédéraux comme moyen de pression sur Donald Trump, après la victoire de son parti aux élections de mi-mandat.
« Cette guerre doit prendre fin. Elle doit prendre fin », a déclaré le sénateur devant des journalistes. Il a ensuite invoqué le « pouvoir de la bourse », expression qui désigne les prérogatives budgétaires du Congrès. Ce pouvoir constitue, selon lui, un moyen de dissuader un président de mener une guerre sans le consentement du peuple américain.
Les propos, rapportés par une agence de presse, donnent une indication sur la stratégie envisagée par les démocrates. Schumer présente les crédits fédéraux comme un instrument possible pour peser sur la poursuite du conflit. Il ne s’agit pas de l’annonce d’une restriction de financement déjà votée.
La guerre en Iran au cœur du rapport de force avec Trump
Les démocrates ont remporté le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat lors du scrutin du 3 novembre. Ils disposeront ainsi des deux chambres pour examiner les demandes de financement de l’administration. Donald Trump conservera cependant la présidence, ce qui impose une négociation entre l’exécutif et la nouvelle majorité.
La sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand a également évoqué, mercredi, la possibilité de travailler avec des républicains pour arrêter la guerre. Elle a défendu cette perspective dans un entretien télévisé. Le soutien d’élus de l’autre camp pourrait compter pour surmonter les obstacles parlementaires et une éventuelle opposition présidentielle.
Cette nouvelle majorité ne prendra pas immédiatement ses fonctions. Les mandats issus des élections débuteront le 3 janvier 2027. La législature actuelle se poursuit jusque-là. Le résultat électoral ne modifie donc pas, à lui seul, les crédits militaires disponibles ni les règles de leur utilisation.
Schumer envisage de peser sur le financement
Le levier budgétaire repose sur une compétence centrale du Congrès : décider des dépenses fédérales et encadrer leur utilisation. Les lois de crédits peuvent fixer des montants, désigner des usages et imposer des restrictions à l’administration.
Pour les démocrates, cette compétence ouvre plusieurs possibilités. Ils peuvent refuser de nouveaux crédits ou chercher à interdire l’utilisation de fonds pour certaines opérations. La portée d’une telle mesure dépendrait de sa rédaction, des dépenses concernées et de son entrée en vigueur.
Le financement d’une opération et l’autorisation de recourir à la force répondent à des questions distinctes. Le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre. Il intervient aussi sur la politique militaire par les autorisations, les crédits et le contrôle parlementaire. Schumer met ici l’accent sur la capacité des élus à agir sur l’argent nécessaire aux opérations.
Le veto présidentiel et les règles du Sénat
Le contrôle des deux chambres ne garantit pas l’adoption des mesures souhaitées. Donald Trump peut opposer son veto à une loi votée par le Congrès. Pour le surmonter, chaque chambre doit réunir une majorité des deux tiers. Une simple majorité parlementaire ne suffit donc pas à imposer une nouvelle loi au président contre son refus.
Au Sénat, un texte soumis à la procédure législative ordinaire peut aussi rencontrer une obstruction. La clôture des débats exige généralement trois cinquièmes des sénateurs, soit 60 voix lorsque les 100 sièges sont pourvus. Les voix nécessaires dépendront ainsi du texte et de la procédure retenus.
Ces règles expliquent l’importance des soutiens républicains évoqués par Gillibrand. Elles donnent aussi aux négociations sur les crédits une place centrale : le Congrès peut refuser un financement supplémentaire, mais l’adoption de nouvelles restrictions suit la procédure législative.
Les déclarations de Schumer rapportées mercredi ne précisent ni montant, ni disposition budgétaire, ni calendrier de vote. Les prochains textes de financement permettront de déterminer quels crédits la future majorité entend viser pour obtenir la fin de la guerre.


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