Les abris d’urgence au Soudan risquent de manquer pour des millions de personnes déplacées. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont lancé cette alerte vendredi 6 novembre 2026. Les besoins augmentent alors que leurs réserves et leurs financements s’épuisent, à l’approche de l’hiver.
Dans leur communiqué conjoint, les deux agences estiment que 15,4 millions de personnes ont besoin d’un hébergement d’urgence et de biens ménagers essentiels. Faute de moyens, les organisations humanitaires ne peuvent donner la priorité qu’à environ 10 % de cette population. À ce stade, 936 000 personnes ont effectivement reçu une assistance.
Ces deux indicateurs ne décrivent donc pas la même réalité. Le premier correspond à la part des besoins retenue pour l’intervention. Le second mesure les personnes déjà aidées, soit environ 6 % des besoins recensés. L’écart reste considérable, même dans le périmètre limité de la réponse envisagée.
Abris d’urgence au Soudan : des entrepôts vides
Depuis Khartoum, le chef de mission de l’OIM au Soudan, Mohamed Refaat, a décrit la situation lors d’un point de presse de l’ONU. Son organisation a distribué plus de 40 000 tentes cette année. Mais ses entrepôts sont désormais vides, a-t-il déclaré.
Selon lui, seize camions sont arrivés au Darfour jeudi 5 novembre. Ils transportaient toutefois les derniers stocks disponibles. L’OIM demande des financements souples pour réapprovisionner ses réserves et poursuivre les distributions dans les zones difficiles d’accès.
Mohamed Refaat a également fait état d’un meilleur accès humanitaire qu’un an auparavant. Cette amélioration ne suffit pas à résoudre la pénurie. Pouvoir atteindre certaines communautés ne garantit plus de disposer du matériel nécessaire pour les aider.
Les retours ne garantissent pas un logement
La diminution progressive du nombre de déplacés internes ne signifie pas que les besoins disparaissent. L’OIM évoque 8,6 millions de personnes encore déplacées au Soudan et quelque 5,2 millions de retours. Ces chiffres ne doivent pas être confondus avec celui des personnes ayant besoin d’abris et de fournitures.
Les familles qui rentrent découvrent parfois des maisons détruites ou pillées. L’eau, l’électricité et les soins peuvent aussi manquer. Selon Mohamed Refaat, certaines risquent donc de repartir, faute de conditions leur permettant de rester. D’autres continuent de fuir les combats pour la deuxième ou la troisième fois.
Le froid accroît les besoins immédiats
Le représentant adjoint du HCR au Soudan, Abubakarr Jalloh, a insisté sur les risques liés à l’hiver. Les nuits peuvent être très froides au Darfour. Dans le nord du pays, les températures peuvent descendre sous 10 °C. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont particulièrement exposés lorsqu’ils ne disposent ni de couverture ni d’abri convenable.
Le responsable souligne aussi la fonction protectrice des tentes et des équipements de base. Un espace fermé apporte de l’intimité. Une lampe solaire facilite les déplacements nocturnes. Ces besoins concernent notamment les femmes et les enfants, qui représentent trois quarts des déplacés selon les agences.
Deux financements, deux déficits distincts
La réponse collective consacrée aux abris nécessite 179 millions de dollars en 2026, selon le HCR. Seuls 35 % de ce montant ont été financés. Ce budget spécifique se distingue du plan humanitaire général pour le Soudan.
Ce dernier réclame 2,9 milliards de dollars pour aider 20 millions de personnes, sur 33 millions dans le besoin. L’ONU indique qu’il n’est financé qu’à environ 47 %. Les agences cherchent désormais des contributions permettant de renouveler les stocks, alors que des familles continuent d’arriver dans les sites de déplacement et de revenir vers des habitations endommagées.


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