Les recettes de TVA collectées sur les opérations intérieures ont fortement reculé au deuxième trimestre 2026. Selon Al Akhbar du 2 novembre 2026, elles ont diminué de 45,9 % par rapport à la même période de 2025. Ce chiffre signale une dégradation des encaissements, mais il ne mesure pas directement une chute équivalente de la consommation. Le calendrier de paiement de l’impôt perturbe la comparaison. Pour apprécier la tendance, il faut donc examiner aussi les résultats du semestre et distinguer les opérations locales des importations.
Le quotidien s’appuie sur le rapport du ministère des Finances consacré au premier semestre 2026. Il rapproche les données fiscales du recul des arrivées de voyageurs et des difficultés commerciales et touristiques. L’ensemble décrit une économie locale affaiblie. Il montre également pourquoi certaines recettes peuvent progresser sans qu’une reprise générale soit engagée.
Une chute marquée au deuxième trimestre
Al Akhbar rapporte que la TVA sur les opérations intérieures est passée de 25 100 à 13 600 milliards de livres. Ces montants concernent respectivement les deuxièmes trimestres de 2025 et de 2026. Le recul atteint ainsi 45,9 %. Dans le même temps, la TVA perçue à l’importation a diminué de 6,2 %. Toutes composantes réunies, les recettes de TVA ont baissé de 24,7 % sur le trimestre.
Les deux modes de collecte n’évoluent donc pas au même rythme. La baisse est nettement plus forte pour les opérations intérieures. Cette différence mérite attention, car les recettes concernées sont liées aux ventes et aux services imposables réalisés dans le pays. Elles sont sensibles au niveau d’activité et aux dépenses des consommateurs. Cependant, le moment où l’État encaisse l’impôt peut aussi modifier fortement le résultat d’un trimestre.
Un report fiscal déforme la comparaison annuelle
En 2025, le ministère des Finances avait prolongé jusqu’au 20 juin le délai de déclaration et de paiement de la TVA du quatrième trimestre 2024. Selon Al Akhbar, ce report avait déplacé une partie des encaissements vers le deuxième trimestre 2025. La période utilisée comme point de comparaison comprend ainsi des paiements décalés, qui ne correspondent pas tous à une activité réalisée pendant ces trois mois.
Cet effet de calendrier rend la lecture trimestrielle délicate. Une recette exceptionnellement élevée pendant la période de référence peut accentuer le recul affiché un an plus tard. Le quotidien mentionne également une hausse de 126,3 % de la TVA intérieure au premier trimestre 2026. Il invite à tenir compte de ces déplacements de collecte pour comprendre la succession d’une forte progression et d’une chute marquée.
Le semestre confirme un écart entre marché intérieur et importations
L’examen du premier semestre permet de replacer le trimestre dans une période plus large. Selon les données reprises par Al Akhbar, la TVA collectée sur les opérations intérieures a diminué de 10,8 %. Elle s’établit à 28 100 milliards de livres pour les six premiers mois de l’année. Le recul subsiste donc à l’échelle semestrielle, même s’il est nettement moins prononcé que celui du seul deuxième trimestre.
La TVA perçue à l’importation suit, en revanche, une autre direction. Elle augmente de 2,5 % et atteint 52 700 milliards de livres. Environ 65 % des recettes de TVA du semestre proviennent ainsi de la collecte à l’entrée des marchandises. Les opérations intérieures représentent les 35 % restants. Cette répartition décrit l’origine de l’impôt encaissé ; elle ne constitue pas une mesure directe de la part des importations dans toute l’activité économique.
Le contraste est important pour apprécier la situation budgétaire. Une progression des recettes perçues à la frontière peut masquer une évolution plus faible sur le marché intérieur. Elle ne suffit pas à établir que les commerces vendent davantage ou que les ménages disposent de moyens accrus. Les différentes composantes de la TVA doivent être examinées séparément avant d’en tirer une appréciation sur l’activité.
La TVA à l’importation ne mesure pas les ventes finales
Al Akhbar rappelle que la taxe intérieure dépend des opérations imposables réalisées sur le marché local. La TVA à l’importation est, elle, collectée lors de l’entrée des biens au Liban. Son évolution dépend notamment de la valeur des marchandises et de leur composition. Elle ne reflète pas nécessairement le rythme auquel ces produits seront ensuite vendus aux consommateurs.
Le quotidien replace également ces mouvements dans un contexte de hausse des prix après la guerre régionale, notamment du pétrole. Il évoque les effets de ce renchérissement sur le marché libanais. Le renchérissement des marchandises ajoute donc un autre facteur à la lecture des encaissements, à côté des quantités et du calendrier fiscal.
Moins de voyageurs, moins de dépenses liées aux séjours
Les recettes fiscales ne sont pas le seul indicateur examiné. Al Akhbar cite une baisse de 37 % des arrivées au Liban pendant le premier semestre. Leur nombre serait passé d’environ 1,6 million à un million. Ces chiffres proviennent des données de la Banque du Liban reprises dans le rapport du ministère des Finances. Les départs ont, de leur côté, reculé de 27,4 %.
Le quotidien estime que la diminution des arrivées a probablement pesé sur plusieurs activités : hébergement, restauration, commerce et services touristiques. Ces dépenses contribuent à la collecte fiscale intérieure. Le rapprochement renforce donc l’hypothèse d’une consommation affaiblie, sans permettre de mesurer exactement la part du recul de TVA imputable à chaque secteur.
Les hausses de prélèvements ne suffisent pas à prouver une reprise
La variation concerne aussi l’ensemble des recettes fiscales. Selon Al Akhbar, celles-ci ont progressé de 45,1 % au premier trimestre, avant de reculer de 12,7 % au deuxième. Parallèlement, certaines recettes liées aux importations et aux carburants ont continué d’augmenter sous l’effet de taux relevés. La collecte peut ainsi bénéficier d’une modification des prélèvements alors que l’activité demeure fragile.
Cette différence est centrale pour les finances publiques. Davantage de recettes peut provenir de taxes plus élevées, et pas nécessairement d’un plus grand nombre de ventes. Le journal estime qu’un tel soutien peut compenser une partie des pertes pendant un temps. Il souligne cependant qu’il ne démontre ni un redressement de la consommation ni une extension de la base économique qui produit les recettes.
Sources
Al Akhbar, 2 novembre 2026, page 5.


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