Stephanie Saliba aurait quitté à l’aube deux appartements de l’immeuble Skyline, à Mar Mikhaël, à Beyrouth, selon des informations rapportées ce lundi 17 août 2026. Ce mouvement intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible : le patrimoine de l’actrice avait déjà été examiné à partir de 2022 en raison de sa relation avec Riad Salamé et de biens immobiliers qu’elle aurait reçus de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban. Surtout, une nouvelle plainte déposée en mai 2026 par la Banque du Liban a de nouveau associé les noms de Riad Salamé, de son frère Raja et de Stephanie Saliba dans un dossier portant sur des transferts financiers présumés. À ce stade, aucun élément public ne permet cependant d’affirmer que le départ des appartements de Mar Mikhaël résulte d’une saisie ou d’une expulsion judiciaire.
Un départ à l’aube qui relance le volet immobilier
Le nouvel épisode se déroule à Mar Mikhaël, dans un secteur de Beyrouth directement voisin de Gemmayzé. Stephanie Saliba aurait libéré à l’aube deux appartements situés dans l’immeuble Skyline. L’information retient l’attention moins en raison du déménagement lui-même que du contexte dans lequel il intervient. Depuis plusieurs années, la justice s’intéresse aux propriétés, cadeaux et avantages dont l’actrice aurait bénéficié dans le cadre de sa relation avec Riad Salamé. Des biens immobiliers situés dans cette partie de Beyrouth avaient déjà été mentionnés lors des investigations menées en 2022.
Il reste cependant nécessaire de distinguer plusieurs niveaux d’information. Le départ des deux appartements est rapporté comme un développement récent. En revanche, les informations disponibles ne permettent pas encore d’établir publiquement qui en détient actuellement le titre de propriété, si les deux logements correspondent exactement aux appartements identifiés par la justice en 2022, ni si une mesure judiciaire récente a directement provoqué leur évacuation. Aucun élément suffisamment documenté ne permet donc, pour l’instant, de parler de confiscation, de saisie exécutée ou d’expulsion ordonnée par un juge.
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Cette prudence est d’autant plus importante que les mesures prises contre certains biens de Stephanie Saliba remontent à plusieurs années. En décembre 2022, la justice avait imposé une interdiction de disposition sur ses propriétés. Une telle mesure empêche notamment une personne de vendre ou de transférer les biens concernés, mais elle ne signifie pas automatiquement que ces biens ont été confisqués par l’État ou que leur occupant doit les quitter. Le statut précis des appartements de Skyline constitue donc désormais l’un des points à éclaircir.
Deux appartements de Gemmayzé déjà identifiés en 2022
Le rapprochement avec les investigations de 2022 repose sur un élément concret. À cette époque, la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, avait publiquement évoqué le patrimoine immobilier de Stephanie Saliba après son interrogatoire dans le cadre de l’affaire Riad Salamé. Elle avait notamment indiqué que l’actrice possédait deux appartements particulièrement coûteux à Gemmayzé. D’autres propriétés avaient également été identifiées dans le Metn et le Kesrouan.
Les informations publiées à l’époque faisaient notamment état d’un bien à Beit Misk, vaste projet résidentiel du Metn, ainsi que d’une propriété à Ghazir, dans le Kesrouan. D’autres comptes rendus judiciaires évoquaient plusieurs biens enregistrés au nom de l’actrice dans différentes circonscriptions foncières. L’enjeu pour les enquêteurs ne consistait pas simplement à dresser l’inventaire du patrimoine de Saliba. Ils cherchaient surtout à déterminer comment certains de ces actifs avaient été financés et s’ils correspondaient à des cadeaux provenant de Riad Salamé.
Cette enquête avait débouché, le 22 décembre 2022, sur une mesure judiciaire importante. Ghada Aoun avait ordonné l’inscription d’une interdiction de disposition sur les biens de Stephanie Saliba. Concrètement, cette décision limitait sa capacité à vendre ou transférer les propriétés concernées. Elle intervenait après plusieurs jours de controverse sur son interrogatoire et sur la nature de ses relations financières avec le gouverneur de la Banque du Liban.
Le fait que deux appartements soient aujourd’hui concernés à Mar Mikhaël rappelle donc directement les investigations menées quatre ans plus tôt. Mais la proximité géographique entre Mar Mikhaël et Gemmayzé ne suffit pas à établir qu’il s’agit juridiquement des mêmes biens. Pour confirmer cette correspondance, il faudrait disposer des références cadastrales des appartements de Skyline ou d’une décision judiciaire les identifiant expressément.
Ce que la justice cherchait à établir sur Saliba
Stephanie Saliba était devenue une figure périphérique mais très médiatisée de l’affaire Salamé en décembre 2022. Les investigations visaient alors à déterminer l’origine de cadeaux et de propriétés de grande valeur que Riad Salamé lui aurait offerts. La magistrate chargée du dossier avait expliqué que les enquêteurs s’intéressaient précisément à l’origine de l’argent utilisé pour financer ces avantages.
L’actrice avait été interpellée et interrogée après son retour au Liban. Son passage à l’aéroport de Beyrouth avait donné lieu à une controverse institutionnelle sur l’exécution du signalement judiciaire dont elle faisait l’objet. Elle avait finalement été entendue puis remise en liberté. L’enquête s’était ensuite concentrée sur ses avoirs et sur la possibilité de retracer les fonds ayant permis certaines acquisitions.
Des comptes rendus de l’enquête avaient alors rapporté que Stephanie Saliba avait reconnu une relation personnelle avec Riad Salamé. Elle contestait cependant les accusations susceptibles de la présenter comme impliquée dans un mécanisme financier illégal. Après son interrogatoire, elle avait publiquement dénoncé ce qu’elle considérait comme des accusations injustes et des tentatives de nuire à sa réputation.
L’existence d’une relation personnelle ou la réception éventuelle de cadeaux ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’un blanchiment ou d’un enrichissement illicite. Pour établir une infraction, les enquêteurs doivent notamment retracer l’origine des fonds, les opérations utilisées pour financer les biens et, selon la qualification retenue, déterminer ce que savait leur bénéficiaire sur la provenance de l’argent.
L’origine de l’argent reste la question centrale
C’est précisément sur ce point que le dossier immobilier rejoint l’ensemble de l’affaire Riad Salamé. Les procédures engagées au Liban et à l’étranger depuis plusieurs années cherchent à reconstituer la circulation de sommes considérables à travers des comptes, des sociétés et des acquisitions patrimoniales. Plusieurs enquêtes européennes se sont également intéressées à des actifs immobiliers dont les autorités soupçonnaient qu’ils pouvaient provenir de fonds liés à l’ancien gouverneur ou à son entourage.
Riad Salamé a constamment rejeté les accusations de détournement et d’enrichissement illicite. Il affirme avoir constitué sa fortune légalement grâce à son patrimoine antérieur à son entrée à la Banque du Liban, à ses investissements et à ses revenus. Son frère Raja Salamé a lui aussi contesté les accusations portées contre lui dans les différents dossiers financiers.
La justice doit donc établir une chaîne financière précise. Dans le cas des propriétés associées à Stephanie Saliba, il ne suffit pas de démontrer une proximité avec l’ancien gouverneur. Il faut identifier l’acquéreur réel, le prix payé, la provenance de l’argent, les comptes éventuellement utilisés et les circonstances dans lesquelles le bien a été enregistré ou mis à disposition de sa bénéficiaire.
Le départ rapporté des appartements de Skyline donne ainsi une nouvelle actualité à des questions restées ouvertes depuis 2022. Si ces logements correspondent effectivement aux biens déjà examinés par les enquêteurs, leur situation pourrait prendre une importance nouvelle dans les procédures en cours. Si ce n’est pas le cas, il faudra déterminer la nature exacte du lien entre ces appartements et l’ancien gouverneur.
Une nouvelle plainte de la Banque du Liban en mai 2026
L’élément qui renforce aujourd’hui l’intérêt judiciaire du dossier Saliba est plus récent. En mai 2026, la Banque du Liban a déposé une nouvelle plainte concernant Riad Salamé et plusieurs personnes de son entourage. Le nom de son frère Raja Salamé y apparaît, tout comme celui de Stephanie Saliba, selon les informations publiées à cette occasion.
Ce nouveau dossier porte sur un circuit financier distinct de certaines affaires déjà connues. Les informations disponibles évoquent notamment une société appelée V-Invest et des transferts dépassant 70 millions de dollars. L’objectif de la procédure est de déterminer la nature de ces opérations, leurs bénéficiaires et leur éventuel rapport avec des fonds dont la Banque du Liban cherche aujourd’hui à obtenir la restitution.
Cette nouvelle plainte est importante car elle montre que la présence du nom de Stephanie Saliba dans les procédures liées à Salamé ne relève pas uniquement d’une enquête ancienne datant de 2022. Son nom est réapparu dans une initiative judiciaire de la Banque du Liban en 2026, alors que l’institution, désormais dirigée par une nouvelle équipe, cherche à examiner plusieurs dossiers hérités de l’ancienne gouvernance.
La procédure relative à V-Invest doit cependant être distinguée du dossier Forry Associates, société contrôlée par Raja Salamé et placée au centre d’une partie des enquêtes libanaises et européennes. Dans le dossier Forry, les enquêteurs ont étudié le système de commissions prélevées sur des opérations réalisées par des banques auprès de la Banque du Liban. Les investigations ont ensuite cherché à déterminer la destination de ces sommes.
Plusieurs affaires, mais un même enjeu patrimonial
Cette multiplication des procédures explique pourquoi l’affaire Riad Salamé peut sembler difficile à suivre. Il ne s’agit pas d’un dossier judiciaire unique. Plusieurs enquêtes se superposent, avec des périodes, des montants, des sociétés et des personnes différentes. Certaines concernent les commissions versées à Forry. D’autres portent sur des opérations financières effectuées par la Banque du Liban, des transferts à l’étranger, des relations avec des établissements bancaires ou encore des biens immobiliers.
Le patrimoine constitue néanmoins un fil conducteur. Lorsqu’une justice enquête sur un possible détournement ou blanchiment, elle ne cherche pas seulement le mouvement initial de l’argent. Elle tente également d’établir ce que les fonds sont devenus. Ils peuvent avoir été conservés sur des comptes, transférés entre plusieurs sociétés, investis dans des titres ou utilisés pour acquérir des appartements et d’autres actifs.
C’est dans cette logique que des personnes de l’entourage de Riad Salamé sont apparues dans les investigations. Le simple fait d’avoir entretenu une relation avec l’ancien gouverneur ne suffit évidemment pas à engager une responsabilité pénale. L’enjeu porte sur l’existence éventuelle d’actifs financés avec des sommes dont la provenance serait considérée comme illégale.
Dans le cas de Stephanie Saliba, cette distinction est essentielle. Elle explique pourquoi les investigations se sont concentrées sur les cadeaux et propriétés qui lui auraient été attribués plutôt que sur sa seule relation personnelle avec Riad Salamé.
Le précédent de décembre 2022
L’épisode de décembre 2022 avait donné une première idée de la sensibilité du dossier. Stephanie Saliba était revenue au Liban alors qu’un signalement judiciaire la concernant avait été émis. Les circonstances de son passage par l’aéroport avaient provoqué des échanges entre différentes autorités judiciaires et sécuritaires. Elle avait ensuite été interrogée par le parquet financier et par Ghada Aoun.
L’enquête avait cherché à obtenir des informations sur ses avoirs et sur les cadeaux reçus de Riad Salamé. Les propriétés enregistrées à son nom avaient alors été recensées. La décision d’interdire toute disposition sur ses biens avait été prise quelques jours plus tard.
Cette mesure ne constituait toutefois pas une condamnation. Elle visait à préserver les actifs concernés pendant que la justice poursuivait ses investigations. Stephanie Saliba avait ensuite réagi publiquement en affirmant avoir subi une injustice et en contestant les accusations diffusées à son sujet.
Près de quatre ans plus tard, la question immobilière revient donc au premier plan avec les deux appartements de Skyline. La différence est que le contexte judiciaire de Riad Salamé s’est considérablement transformé entre-temps. Il n’est plus gouverneur de la Banque du Liban et plusieurs procédures ont franchi de nouvelles étapes.
Riad Salamé confronté à une nouvelle phase judiciaire
Riad Salamé a quitté la Banque du Liban à la fin de son mandat en juillet 2023, après trente années à la tête de l’institution. Depuis, les procédures engagées contre lui se sont poursuivies au Liban. Il avait notamment été arrêté en septembre 2024 dans une enquête financière avant de rester détenu pendant environ treize mois.
Sa remise en liberté en 2025 avait été conditionnée au paiement d’une caution d’environ 14 millions de dollars. Cette libération n’avait ni clos les enquêtes ni effacé les poursuites engagées dans plusieurs dossiers. Elle lui avait simplement permis de quitter la détention dans le cadre de cette procédure sous les conditions fixées par la justice.
L’été 2026 a marqué une nouvelle accélération. Une procédure engagée à la suite d’une plainte de la Banque du Liban a conduit la justice à convoquer l’ancien gouverneur. Après une absence à une audience prévue à la fin de juillet, justifiée par sa défense par des raisons médicales, les autorités ont entrepris de le localiser.
Il a finalement été retrouvé au Centre hospitalier de Bhannes, dans le Metn, et placé sous contrôle judiciaire et sécuritaire dans le cadre de cette nouvelle procédure. Sa situation médicale a compliqué les modalités de sa comparution, sans mettre fin aux démarches judiciaires.
De nouvelles poursuites annoncées le 10 août
Une étape supplémentaire a été franchie le 10 août 2026, soit une semaine avant les informations concernant les appartements occupés par Stephanie Saliba. De nouvelles accusations ont alors été engagées contre Riad Salamé dans un dossier financier impliquant également l’ancien dirigeant de Bank Audi, Samir Hanna.
Les soupçons portent notamment sur des opérations financières anciennes et sur des mécanismes que les enquêteurs cherchent à qualifier juridiquement. Les autorités examinent des mouvements de fonds, les conditions dans lesquelles certaines opérations ont été effectuées et les responsabilités individuelles des personnes concernées.
Samir Hanna et Riad Salamé ne se trouvent cependant pas dans la même situation procédurale. Hanna a pu rester en liberté après le versement d’une caution d’un million de dollars, tandis que l’ancien gouverneur demeure détenu sous surveillance médicale selon les dernières informations disponibles.
La défense de Riad Salamé conteste la lecture faite de plusieurs transactions. Elle soutient notamment que certaines opérations présentées comme suspectes s’inscrivaient dans les interventions de la Banque du Liban et ne constituaient pas des détournements. Ces arguments doivent désormais être examinés par les magistrats chargés des différentes procédures.
La Banque du Liban est désormais partie prenante
Un changement institutionnel majeur distingue également les procédures actuelles des premières investigations. La Banque du Liban elle-même a engagé des démarches judiciaires dans plusieurs dossiers. L’institution que Riad Salamé a dirigée pendant trois décennies se trouve désormais en position de plaignante dans certaines procédures concernant son ancien gouverneur.
Cette évolution donne une dimension nouvelle aux investigations. Elle peut permettre à la BDL de demander l’examen d’opérations réalisées pendant l’ancienne gouvernance et, si les conditions judiciaires sont réunies, de réclamer la restitution de sommes considérées comme lui appartenant.
Elle explique également pourquoi de nouveaux dossiers peuvent apparaître plusieurs années après les premières révélations. Les investigations financières reposent sur des relevés bancaires, contrats, documents de sociétés, titres de propriété et transferts internationaux dont l’exploitation peut nécessiter plusieurs années.
Dans ce contexte, les biens immobiliers associés à l’entourage de l’ancien gouverneur restent susceptibles d’intéresser les enquêteurs dès lors qu’un lien financier peut être établi avec les opérations qu’ils examinent.
Ce qui reste à établir sur les appartements de Skyline
Le développement de Mar Mikhaël pose donc plusieurs questions très concrètes. La première concerne la propriété juridique des deux appartements. La deuxième porte sur leur correspondance éventuelle avec les deux biens coûteux de Gemmayzé identifiés lors des investigations de 2022. La troisième concerne la raison exacte pour laquelle Stephanie Saliba les aurait quittés à l’aube.
Une quatrième question est directement judiciaire : existe-t-il une nouvelle décision portant spécifiquement sur ces logements ? Une interdiction de disposition datant de 2022, une éventuelle saisie conservatoire, une restitution volontaire et une mesure d’exécution sont juridiquement très différentes. Les informations actuellement disponibles ne permettent pas de les confondre.
Enfin, il reste à déterminer si ce mouvement immobilier possède un rapport direct avec la plainte déposée par la Banque du Liban en mai 2026. Le simple rapprochement chronologique ne permet pas de l’affirmer. Il faudra pour cela qu’une décision judiciaire, une inscription foncière ou un élément officiel établisse le lien.
C’est ce point qui constitue désormais le principal développement à surveiller. Quatre ans après l’interrogatoire de Stephanie Saliba sur les cadeaux et propriétés qu’elle aurait reçus de Riad Salamé, les deux appartements de Mar Mikhaël replacent le patrimoine immobilier au centre de l’affaire. Leur statut juridique et l’identité de leur propriétaire effectif permettront de déterminer si le départ rapporté ce 17 août relève d’un déménagement privé ou d’une nouvelle conséquence concrète des procédures visant l’ancien gouverneur et son entourage.



