La constitution de l’Autorité nationale des médias entre dans sa phase de mise en œuvre, mais ses membres ne sont pas encore désignés. Une réunion tenue le 3 novembre au palais de justice de Beyrouth, sous la présidence de Souheil Abboud, président du Conseil supérieur de la magistrature, a porté sur l’organisation des étapes prévues par la nouvelle loi.
Le ministre de l’Information, Paul Morcos, y a participé avec les représentants des organismes appelés à intervenir dans la procédure. L’enjeu immédiat est de rendre les candidatures possibles, puis de conduire les élections et désignations. Il ne s’agit pas encore d’annoncer la composition définitive de l’instance.
Coordonner des acteurs aux responsabilités différentes
La réunion a rassemblé notamment les ordres des avocats et des ingénieurs de Beyrouth et du Nord, la faculté d’information de l’Université libanaise, les instances nationales de lutte contre la corruption et des droits de l’homme, ainsi que les syndicats de la presse et des rédacteurs.
Cette diversité correspond à une procédure qui ne dépend pas d’une seule décision. Chaque organisme concerné doit accomplir les démarches relevant de son rôle. La coordination porte sur la publicité des procédures, la réception des candidatures et l’enchaînement des choix, dans le délai de trois mois suivant la publication de la loi rappelé lors de la réunion.
Ce délai constitue une obligation d’organisation. Il ne permet pas d’affirmer que les candidatures sont déjà examinées partout ni que tous les scrutins ont leur date. Les annonces de chaque organisme doivent être distinguées du calendrier d’ensemble.
Un premier appel ouvert jusqu’au 18 novembre
La Commission nationale des droits de l’homme a déjà engagé son propre volet. Elle reçoit les candidatures du 2 au 18 novembre 2026, avec une clôture à 16 heures, heure de Beyrouth. Cette procédure concerne des spécialistes des libertés publiques et des droits humains.
Elle poursuit deux objectifs distincts : élire une personne directement à l’Autorité nationale des médias et proposer deux autres personnes pour le processus de nomination gouvernementale. Ces deux candidatures doivent rejoindre la liste établie par le président du Conseil supérieur de la magistrature. Leur transmission ne vaut donc pas nomination.
L’appel prévoit aussi des entretiens du 24 au 27 novembre pour les candidats dont l’éligibilité aura été établie. Les candidatures individuelles sont admises, sans obligation de parrainage. Le contrôle des conditions d’accès reste une étape séparée de l’évaluation des compétences.
Vérifier la procédure avant de commenter les noms
Pour suivre la formation de l’Autorité, il faudra donc regarder plusieurs actes successifs : les appels, les conditions de participation, les décisions sur l’éligibilité, les élections puis les nominations relevant du gouvernement. Une liste de personnes proposées ne doit pas être présentée comme une liste de membres en fonction.
La transparence se mesure aussi à ce que le public pourra vérifier. Les règles sont-elles annoncées avant la clôture des candidatures ? Les différents candidats sont-ils évalués selon des critères comparables ? Les décisions finales permettent-elles d’identifier l’organisme qui a élu ou désigné chaque membre ? Ces questions concernent la crédibilité de l’installation, sans préjuger du résultat.
Le démarrage administratif marque une étape concrète après l’adoption de la loi. Il ne règle toutefois pas, à lui seul, la question de l’indépendance pratique de la future instance. Celle-ci devra se juger à travers sa composition effective et l’exercice de ses compétences. Pour l’heure, le fait nouveau est l’ouverture et la coordination des procédures, non l’entrée en fonction d’une Autorité déjà constituée.


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