La Banque de l’habitat a accordé environ 1 300 prêts pour un montant proche de 90 millions de dollars au début d’octobre 2026, selon son président Antoine Habib. Ce bilan, présenté dans un entretien de presse publié le 7 novembre, accompagne un appel à élargir les financements et à construire une politique nationale du logement. Il décrit l’activité de crédit de l’établissement, sans constituer une mesure de l’ensemble des besoins résidentiels du pays.
Habib défend également une taxe sur les logements vacants, dont une partie des recettes pourrait soutenir l’habitat. Cette proposition nécessite une décision législative et un mécanisme financier. Elle ne correspond pas à un prélèvement nouveau déjà adopté.
Banque de l’habitat : deux bilans à des dates différentes
Le bilan de début octobre succède à celui du 2 juillet 2026. À cette date, l’établissement faisait état de 1 059 crédits pour 74 millions de dollars. Cette première série comprenait 980 prêts pour l’acquisition, 49 pour la construction et 30 pour la rénovation.
Les deux relevés portent sur des moments différents. Ils ne doivent pas être additionnés pour former un total d’activité. Le bilan plus récent situe désormais les prêts autour de 1 300, mais ne reprend pas la même ventilation par usage.
Le dirigeant mentionne aussi environ 45 000 visites sur la plateforme électronique de l’établissement. Ce chiffre décrit une fréquentation. Il ne représente ni 45 000 emprunteurs ni autant de demandes acceptées.
Les plafonds annoncés atteignent 100 000 dollars pour l’achat ou la construction et 50 000 dollars pour la rénovation.
Dans un communiqué du 7 novembre, la Banque de l’habitat a annoncé le lancement, lundi 9 novembre 2026, d’un produit destiné au financement des maisons préfabriquées. L’établissement précise qu’il publiera ultérieurement les conditions d’éligibilité et les modalités de dépôt des demandes. Les plafonds de ses autres programmes ne doivent pas être assimilés aux conditions de ce nouveau produit.
Les financements arabes structurent le programme
Le Fonds arabe pour le développement économique et social fournit une enveloppe globale de 50 millions de dinars koweïtiens, présentée comme équivalant à environ 165 millions de dollars. Cette enveloppe constitue le cadre financier général évoqué par Habib.
À l’intérieur de ce total, le dirigeant cite 114 millions de dollars de transferts et une sixième tranche de 25 millions. Les formulations de l’entretien ne permettent pas d’établir avec certitude la date de réception de cette tranche : le montant de 114 millions apparaît à la fois comme un total transféré et comme celui auquel conduirait l’opération.
Les 25 millions ne doivent donc pas être ajoutés aux 114 millions puis à l’enveloppe de 165 millions. Il s’agit de niveaux différents d’un même financement. Le montant effectivement crédité à une date donnée devra être confirmé par l’établissement.
Habib indique poursuivre la recherche de ressources supplémentaires. Sa visite au Koweït a porté sur la coopération existante et sur les programmes de financement du logement. Il souhaite affecter ces moyens à la poursuite des prêts, dans le respect des critères d’éligibilité de la banque.
Des prêts soumis à la capacité de remboursement
L’établissement présente ses programmes comme accessibles aux Libanais de différentes régions ainsi qu’aux expatriés remplissant les conditions requises. Habib cite les ménages à revenus limités ou moyens et les personnes en situation de handicap parmi les publics auxquels s’adresse sa mission.
Cette orientation ne signifie pas une attribution automatique. La banque maintient ses critères et lie le développement des programmes aux ressources disponibles. Son président insiste sur la nécessité de proposer des financements compatibles avec les revenus et le coût réel du logement.
Le problème dépasse ainsi le seul plafond d’un prêt. Un montant plus élevé peut élargir le choix d’un bien, mais il augmente aussi la somme à rembourser. Habib demande des ressources stables et de longue durée, ainsi qu’une adaptation des taux, des échéances et des produits à la situation des ménages.
Mobiliser les logements vacants
Le président de la Banque de l’habitat soutient une taxe conçue selon des critères qu’il souhaite clairs et équitables. Il lui assigne deux objectifs : encourager l’utilisation des biens inoccupés et dégager une ressource pour les programmes de logement.
Dans une autre intervention consacrée au droit au logement, il a évoqué 7 000 appartements vides à Beyrouth. Ce chiffre reste une estimation qu’il avance, sans inventaire publié dans les éléments consultés. Il ne permet pas de calculer à lui seul les recettes d’un éventuel prélèvement.
Habib propose d’affecter une part des ressources au soutien des crédits. Elles pourraient réduire le coût du financement ou aider certains ménages à réunir un apport. Il demande un cadre assurant la transparence de la collecte et de l’emploi des fonds.
Il défend également la création d’un ministère du Logement pour coordonner l’action publique. Cette proposition institutionnelle s’ajoute aux discussions sur la location-accession et les programmes de financement. Leur mise en œuvre suppose encore des décisions, tandis que la banque doit préciser l’état de réception des fonds destinés à ses prêts actuels.


Commentaires