La valeur des réserves d’or de la Banque du Liban peut diminuer sans vente de métal. Elle dépend du cours auquel l’or est évalué, et pas seulement de la quantité détenue. Cette distinction est essentielle pour lire les mouvements du bilan de la banque centrale, alors que les estimations de valorisation varient avec les marchés.
À la mi-octobre 2026, les données disponibles situaient cette valeur autour de 38,36 milliards de dollars, contre environ 40,37 milliards à la fin de 2025. Cet écart décrit une variation de valeur entre deux dates. Il ne démontre pas que des lingots ont quitté les réserves.
Réserves d’or : quantité et valorisation sont distinctes
La quantité détenue s’exprime en unités physiques, notamment en tonnes ou en onces. La valorisation traduit cette quantité en monnaie, au cours retenu à la date du calcul. Les deux informations répondent à des questions différentes.
Lorsque le cours baisse, la valeur monétaire d’un même stock recule. Lorsque le cours monte, elle augmente. Pour déterminer si la quantité a changé, il faut donc consulter les données physiques et les opérations, pas seulement une ligne de bilan exprimée en dollars ou en livres.
La Banque du Liban a déjà décrit ce mécanisme dans son bilan économique de 2025. L’augmentation de la valeur de ses réserves d’or y était liée à l’appréciation des cours internationaux. Le raisonnement fonctionne également dans l’autre sens : une baisse de cours peut réduire la valeur sans impliquer une vente.
Une perte de valeur n’est pas une sortie de trésorerie
Une réévaluation comptable et un mouvement d’argent ne sont pas interchangeables. Une baisse de valorisation réduit la valeur affichée de l’actif. Elle ne signifie pas, à elle seule, que la banque centrale a payé cette différence à un tiers.
Cette nuance ne rend pas la variation insignifiante. Le montant de l’actif change et peut modifier la lecture du bilan. Elle empêche simplement de transformer une variation de marché en opération financière que les données ne prouvent pas.
À l’inverse, une hausse de l’or ne constitue pas automatiquement une recette disponible pour rembourser les déposants ou financer une dépense. Il faut distinguer un actif valorisé, sa mobilisation éventuelle et des liquidités utilisables.
Ne pas mélanger l’or et les réserves en devises
Les réserves d’or et les actifs de réserve en devises constituent des postes distincts. Les additionner peut fournir un total d’actifs, mais ne donne pas un montant homogène de trésorerie immédiatement mobilisable. Leur nature et leurs variations diffèrent.
De même, comparer une valorisation de l’or à un montant de dépôts bancaires ne suffit pas à établir une capacité de remboursement. Une telle analyse demanderait de considérer les autres actifs, les engagements, les contraintes applicables et les décisions effectives.
L’évolution du prix du métal ne remplace donc pas une information détaillée sur la situation financière de la banque centrale. Elle explique une partie de la variation de valeur, sans résoudre les questions de liquidité ou de répartition des pertes.
La date et la méthode doivent rester visibles
Une estimation calculée à partir d’un cours de marché et un bilan arrêté à une date donnée ne sont pas nécessairement identiques. Les comparer exige de connaître le cours retenu, l’unité de mesure et le taux de conversion.
Le repère de 38,36 milliards de dollars correspond à la mi-octobre 2026. Il ne doit pas être présenté comme une valeur de fin octobre. Toute comparaison ultérieure devra conserver la même distinction entre date du bilan et cours de marché utilisé.
Pour établir une éventuelle vente, il faudrait des éléments sur la quantité détenue ou sur une transaction identifiée. Une baisse exprimée en dollars, même importante, ne constitue pas cette preuve.
Enseigne de la Banque du Liban, photographiée le 5 juin 2011. Archive institutionnelle : elle ne montre ni les réserves d’or ni une opération sur le métal. Photo entière conservée ; habillage éditorial classique. © Karan Jain / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.


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