8 novembre 2026
Actualité, Information, Analyses, découverte du Patrimoine et de la Culture Libanaise, tout cela est possible sur Libnanews, le Média Citoyen du Liban
Toutes nos rubriques

Culture · Histoire · Littérature

Beyrouth : la bibliothèque palestinienne pillée en 1982

Paru en mars 2026, le collectif « Resisting Erasure » revient sur la bibliothèque du Centre de recherches palestinien de Beyrouth. Olivia Snaije y consacre un chapitre aux collections saisies par les forces israéliennes en 1982. Leur histoire comprend aussi une restitution en novembre 1983 et un transfert en Algérie. Dirigé par Nora Lester Murad et Mary L. Onorato, l’ouvrage relie ce parcours à d’autres expériences de bibliothèques palestiniennes et aux débats sur la place des récits palestiniens dans les établissements américains.

Bibliothèque de l’Université polytechnique de Palestine, à Hébron, le 22 janvier 2020. Couverture éditoriale Libnanews.
Bibliothèque de l’Université polytechnique de Palestine, à Hébron, le 22 janvier 2020. Photo d’illustration : il ne s’agit pas du Centre de recherches palestinien de Beyrouth pillé en 1982. Photo entière conservée et montage sous CC BY-SA 4.0 : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/. © Jana Humeedat / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Paru en mars 2026 chez Litwin Books, « Resisting Erasure » replace l’histoire de la bibliothèque palestinienne de Beyrouth dans celle des collections menacées. Nora Lester Murad et Mary L. Onorato dirigent ce volume de 216 pages. La journaliste Olivia Snaije y revient sur les livres du Centre de recherches palestinien, saisis par les forces israéliennes en 1982.

Le collectif associe deux sujets : la préservation des bibliothèques palestiniennes et la place de la Palestine dans les bibliothèques étrangères. Son sous-titre, « Libraries in Palestine and Palestine in Libraries », exprime cette double approche. Emily Drabinski signe la préface.

La bibliothèque palestinienne de la rue Colombani

Fondé par l’Organisation de libération de la Palestine en février 1965, le centre occupe un immeuble de la rue Colombani, à Beyrouth. Sa collection rassemble notamment des ouvrages sur les juifs, le sionisme et Israël. Dans « Reading Herzl in Beirut », l’historien Jonathan Marc Gribetz retrace le travail de cette institution.

Ses chercheurs publient des livres, des brochures et des revues en arabe et dans d’autres langues. Leurs études abordent les kibboutzim, la centrale syndicale Histadrout, les partis israéliens et les rapports entre État et religion. Elles fournissent aux lecteurs palestiniens et arabes des outils pour comprendre la société israélienne.

À la mi-septembre 1982, les soldats israéliens pénètrent dans l’immeuble et emportent la bibliothèque. Gribetz décrit une collection restituée pour l’essentiel l’année suivante. Le 24 novembre 1983, bibliothèque et archives reviennent à l’OLP dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Des caisses de livres acheminées en Algérie

L’accord négocié par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge comprend le retour des collections. Gribetz raconte leur chargement dans les soutes d’avions d’Air France transportant des prisonniers libérés vers l’Algérie.

Le Centre de recherches palestinien confirme le transfert de ses archives à Alger après leur récupération en 1983. Dans sa présentation institutionnelle, il indique qu’elles y sont restées pendant plus de quarante ans. Ce déplacement prolonge l’histoire beyrouthine de la collection au-delà de sa saisie et de sa restitution.

Préserver les livres, maintenir leur accès

Dans le collectif de 2026, Olivia Snaije consacre son chapitre à cette bibliothèque volée. Son titre évoque une bataille menée avec des livres plutôt qu’avec des balles. Cette contribution côtoie une histoire des bibliothèques et archives palestiniennes sous occupation israélienne, signée Anan Hamad.

Les expériences locales occupent également une place importante. Abdelfattah Abusrour présente la bibliothèque Alrowwad, dans le camp d’Aïda, près de Bethléem en Cisjordanie. Mosab Abu Toha traite de la vie culturelle dans la bande de Gaza. Husam Maarouf s’intéresse aux lectures des Gazaouis pendant la guerre.

Aux États-Unis, l’enjeu se déplace vers les conditions d’accès aux récits palestiniens. Les éditrices décrivent les pressions exercées sur les bibliothécaires et les contestations visant leur travail. Le volume aborde notamment la censure, la neutralité professionnelle et l’annulation de rencontres avec des auteurs.

Hannah Mermelstein et Jamilah Thompkins-Bigelow examinent ainsi une visite scolaire annulée dans un dialogue entre bibliothécaire et autrice. Saylín Álvarez Oquendo présente, de son côté, le projet d’édition artisanale Andaleeb Cartonera. La fabrication et la circulation des livres rejoignent ici les questions de conservation.

Deux rencontres ont accompagné le lancement du collectif, les 24 mars et 2 avril 2026. Leurs enregistrements restent accessibles auprès de Library Juice Connections. Le livre, publié en anglais, porte l’ISBN 978-1-63400-186-1.

Bibliothèque de l’Université polytechnique de Palestine, à Hébron, le 22 janvier 2020. Photo d’illustration : il ne s’agit pas du Centre de recherches palestinien de Beyrouth pillé en 1982. Photo entière conservée et montage sous CC BY-SA 4.0 : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/. © Jana Humeedat / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

· ·

Newsdesk Libnanews

Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

Tous ses articles →

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *