Le Liban veut inscrire le coût climatique des guerres dans les décisions de la COP31. Dans un compte rendu diffusé le 4 novembre, Tamara El-Zein présente cette priorité à la délégation nationale chargée des négociations. La ministre de l'Environnement demande que les pays détruits ne supportent pas seuls les émissions liées à leur reconstruction. Elle réclame aussi des dons plutôt que de nouvelles dettes. Ces positions seront défendues à Antalya, en Turquie, où la conférence se tiendra du 9 au 20 novembre 2026.
Le coût climatique des guerres au-delà des combats
La demande libanaise porte sur l'ensemble du cycle des guerres. Tamara El-Zein souhaite intégrer la fabrication, le développement et le transport des armes. Leur utilisation, les destructions et les dommages environnementaux entrent également dans le périmètre proposé. Elle demande enfin de prendre en compte les besoins de reconstruction. La démarche dépasse donc les seules émissions produites pendant les opérations militaires.
La ministre défend une prise en compte des causes de ces dépenses et émissions supplémentaires. Selon elle, reconstruire des infrastructures détruites ne peut être traité sans examiner les circonstances ayant imposé ces travaux. Les pays touchés doivent restaurer leurs services tout en respectant leurs engagements climatiques. Beyrouth veut que les règles internationales reconnaissent cette contrainte dans les mécanismes d'aide et de financement.
La position exposée comporte aussi une demande de responsabilité. Tamara El-Zein souhaite des dispositifs de soutien et de compensation tenant compte des acteurs à l'origine des dommages. Elle demande des dispositions explicites dans les décisions et recommandations de la conférence. Il s'agit d'un objectif de négociation. Aucun accord international adopté sur cette proposition n'est annoncé dans le compte rendu de la réunion.
Des dons pour éviter une nouvelle charge de dette
La nature des financements constitue le deuxième volet central de la démarche. La ministre demande une augmentation des moyens destinés aux pays en développement. Elle défend une priorité aux subventions face aux prêts. Pour les États fragilisés par la guerre et les crises financières, l'accès aux fonds ne devrait pas créer un nouvel endettement.
Cette demande concerne aussi les conditions d'accès. Tamara El-Zein souhaite des procédures plus simples et plus rapides. Elle réclame des mécanismes urgents et souples pour les pays fragiles. Les conditions imposées doivent, selon elle, tenir compte des capacités de récupération et des besoins de développement. L'objectif est de permettre des projets effectifs, au-delà de l'annonce d'une stratégie.
La réunion ne s'accompagne toutefois d'aucune nouvelle enveloppe accordée au Liban. Elle ne fournit pas davantage de liste de projets désormais financés. La ministre donne une orientation aux négociateurs avant la conférence. L'obtention de fonds, leurs montants et leurs conditions dépendront de décisions distinctes, qui ne sont pas établies à ce stade.
Mesurer les engagements selon les capacités nationales
La délégation doit également défendre une évolution des indicateurs utilisés pour suivre les engagements climatiques. Tamara El-Zein demande de ne pas limiter l'évaluation aux mesures absolues. Elle propose d'y associer des indicateurs relatifs. Ceux-ci devraient prendre en compte les ressources économiques, le niveau de développement et les circonstances propres à chaque pays.
Cette position concerne les contributions déterminées au niveau national. Ces engagements constituent l'un des cadres de la participation des États à l'effort climatique. La ministre conteste l'application de critères uniformes à des pays dont les moyens diffèrent fortement. Son intervention appelle à relier les obligations aux responsabilités et aux capacités disponibles.
Aucune nouvelle formule de calcul n'est détaillée dans les éléments publiés. La position libanaise ne peut donc être présentée comme un indicateur déjà opérationnel. Elle ne constitue pas non plus une dispense générale d'effort. La demande vise une évaluation jugée plus équitable et des moyens adaptés pour réaliser les engagements.
Le numérique soumis à un bilan complet
Tamara El-Zein veut aussi porter une proposition sur l'impact environnemental des technologies. Elle cite en particulier l'intelligence artificielle et les outils numériques. Leur intérêt ne doit pas conduire, selon elle, à les qualifier systématiquement de solutions respectueuses de l'environnement. Elle demande une évaluation sur l'ensemble de leur durée de vie.
Cette approche comprend l'utilisation des ressources naturelles, la consommation d'énergie, les émissions et les autres charges environnementales. La ministre propose de confronter ces coûts aux possibilités offertes par les outils. Elle ne demande pas, dans les propos publiés, une interdiction générale de l'intelligence artificielle. Son intervention porte sur les critères permettant d'en apprécier les usages.
Aucune estimation de l'empreinte du numérique libanais n'accompagne cette proposition. Aucun classement d'entreprises ni bilan d'un équipement précis n'est présenté. Le sujet reste une orientation de négociation, liée à la demande plus générale d'évaluations complètes. Il ne remplace pas le dossier principal du financement et des conséquences des guerres.
Un accès aux fonds fondé sur les besoins
La ministre insiste enfin sur l'indépendance du financement climatique. Elle demande d'écarter les considérations politiques, les biais et les discriminations lors de l'examen des projets. Des critères transparents doivent, selon elle, reposer sur les besoins et les priorités nationales. La même exigence concerne l'accès au soutien technique.
Cette position associe donc deux questions : le volume des ressources disponibles et leur répartition. Accroître les financements ne suffit pas si les pays concernés ne peuvent y accéder. La ministre souhaite également que les procédures accompagnent les contraintes des administrations fragiles. Le compte rendu ne désigne toutefois aucun bailleur particulier comme ayant enfreint ces principes.
Une délégation chargée de défendre ces positions à Antalya
Cette réunion associait le groupe technique libanais et de jeunes délégués formés aux négociations internationales. Elle visait à fixer les priorités et à orienter leur travail. Tamara El-Zein leur demande de coordonner leurs positions avec les pays amis. Elle souhaite des propositions communes, tout en conservant les intérêts propres du Liban.
La délégation arrive dans un calendrier rapproché. La conférence de l'ONU ouvre le 9 novembre à Antalya et doit se poursuivre jusqu'au 20. Les annonces libanaises précèdent donc les discussions. Elles ne permettent pas de préjuger de la place finale des demandes de Beyrouth dans les textes négociés.
Le prochain point concret sera leur traduction dans les travaux de la conférence. La ministre demande de dépasser la seule présentation des difficultés nationales. Elle veut obtenir des règles tenant compte des responsabilités, des besoins de reconstruction et du droit au développement. Les modalités de financement, les critères retenus et les dispositions sur les guerres restent à négocier.
Sources
Al Sharq, édition du 5 novembre 2026, p. 11.
Lebanon Debate, compte rendu attribué à la NNA, 4 novembre 2026 ; Icon News, reprise du compte rendu, 4 novembre 2026.


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