2 novembre 2026
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Dahr Al Baïdar : le Conseil de justice fait débat

Les poursuites dans l’affaire de Dahr Al Baïdar se poursuivent devant la justice militaire. Le renvoi au Conseil de justice reste un sujet de confrontation entre les autorités et le Hezbollah. Les journaux rapportent des décomptes différents de personnes poursuivies, sans condamnation annoncée. Le mouvement revendique la destination de la cargaison contre Israël. Les contacts politiques cherchent à contenir la crise sans régler le désaccord sur les armes. Le choix de la juridiction demeure contesté.

Couverture Dahr Al Baïdar : le Conseil de justice fait débat, avec une photographie d’archives du Palais de justice de Beyrouth.
Palais de justice de Beyrouth · Photo d’archives publiée par Libnanews

L’affaire du camion d’explosifs intercepté à Dahr Al Baïdar reste entre deux fronts : des poursuites devant la justice militaire et une confrontation politique sur un éventuel renvoi au Conseil de justice. Dans leurs éditions du 2 novembre 2026, Al Joumhouria et Al Akhbar rapportent des poursuites contre treize personnes. Le transfert de l’affaire vers le Conseil de justice n’y est pas présenté comme accompli.

Le ministre de la Justice, Adel Nassar, continue de défendre les démarches permettant cette saisine. Le Hezbollah conteste, lui, la portée donnée au dossier. Ses responsables revendiquent la destination militaire de la cargaison contre Israël et dénoncent une instrumentalisation des poursuites. Entre ces deux positions, les contacts politiques cherchent à empêcher une nouvelle rupture entre le mouvement et les institutions.

Des poursuites, pas des condamnations

Selon Al Akhbar, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, a engagé des poursuites visant deux détenus, six personnes en fuite et cinq personnes connues seulement par leurs surnoms. Ce décompte, que le quotidien présente comme repris des informations médiatiques, atteint treize personnes. Le dossier a été transmis au premier juge d’instruction militaire avec une demande de mandats d’arrêt.

Les qualifications rapportées s’appuient sur plusieurs dispositions du Code pénal et de la législation sur les armes. Elles concernent notamment les formations armées, l’association en vue de commettre des crimes et la participation aux faits reprochés. Les poursuites ouvrent une procédure ; elles ne constituent pas une déclaration de culpabilité.

Une divergence demeure dans la presse. Al Binaa mentionne huit personnes poursuivies, également sous l’autorité de Claude Ghanem. Les éléments disponibles ne permettent pas de déterminer si cette différence tient au périmètre des personnes comptées ou à l’état des informations utilisées. Il serait donc trompeur d’en tirer un total unique en effaçant les attributions.

Le choix de la juridiction devient un enjeu politique

Adel Nassar défend la poursuite des procédures autorisées par la loi pour saisir le Conseil de justice. Cette position place l’affaire au-delà du seul contrôle d’un transport d’armes. Elle pose la question de la capacité de l’État à traiter les activités militaires du Hezbollah et à faire appliquer ses décisions.

Ad Diyar rapporte toutefois que Joseph Aoun et Nawaf Salam ne souhaitent pas, à ce stade, remettre le renvoi à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Selon les informations du quotidien, ils veulent laisser le dossier suivre sa voie judiciaire tout en limitant son exploitation politique. Cette attitude ne signifie pas qu’une décision définitive d’abandon du renvoi a été prise.

Al Binaa décrit également un effort d’apaisement. Le journal interprète le report de la saisine et les qualifications retenues comme des moyens de contenir la crise. Il relaye des informations sur des pressions étrangères et des conseils de prudence. Ces récits reposent sur des sources politiques non nommées, et non sur une décision judiciaire publiée.

Le Hezbollah défend la cargaison et dénonce les poursuites

Hussein Hajj Hassan a réaffirmé que les explosifs appartenaient à la « résistance ». Dans les propos reproduits par Al Binaa, il affirme que cette cargaison était destinée à faire face à Israël. Le député oppose les poursuites libanaises aux destructions commises dans le Sud et accuse certaines forces politiques de chercher à aggraver les tensions.

Il revendique en même temps une priorité donnée à la stabilité intérieure. Mais il refuse que cet apaisement se fasse, selon sa formulation, aux dépens de la résistance, de ses combattants et de leur environnement social. Cette position illustre les limites de la recherche d’un compromis : le mouvement veut éviter l’affrontement intérieur sans accepter la lecture politique de ses adversaires.

Dans Al Akhbar, une chronique juridique de Mojtaba Al Husseini conteste les fondements de certaines qualifications criminelles. Son auteur défend une lecture relevant davantage des infractions à la législation sur les armes. Il souligne notamment l’absence, dans le récit qu’il donne de l’acte, d’accusation de terrorisme.

Cette argumentation reste celle du chroniqueur. Elle ne représente ni une décision du juge ni une validation indépendante de la légalité de la cargaison. La distinction est essentielle dans une affaire où les commentaires juridiques accompagnent directement la confrontation politique.

L’autorité de l’État au centre des prises de position

Béchara Raï relie le dossier à la nécessité d’une décision nationale unique en matière de guerre et de paix. Dans son homélie rapportée par Ad Diyar et Al Joumhouria, le patriarche réclame le contrôle des armes par l’État et ses institutions légales. Il appelle aussi à renforcer la surveillance des frontières.

Le désaccord porte ainsi sur deux lectures opposées. Pour les défenseurs d’une réponse institutionnelle ferme, le traitement du camion teste l’application des règles de l’État. Pour le Hezbollah et les commentateurs qui le soutiennent, les poursuites risquent de viser une capacité militaire qu’ils jugent indispensable face à Israël.

La suite de la procédure devra établir les responsabilités individuelles. Sur le plan politique, les autorités cherchent encore à préserver une marge entre la poursuite de l’enquête et une escalade intérieure. Aucun des récits publiés le 2 novembre ne permet de présenter cette tension comme définitivement réglée.

Sources

Al Akhbar, 2 novembre 2026, page 2 ; Al Joumhouria, page 2 ; Ad Diyar, pages 2 et 4 ; Al Binaa, pages 3–4.

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Newsdesk Libnanews

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