4 novembre 2026
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EDL : les promesses de paiement restent à mesurer

La campagne d’EDL fait réagir des administrations débitrices, mais les promesses de paiement ne fournissent pas encore un bilan du recouvrement. Les contacts rapportés évoquent des versements partiels et des échéances mensuelles. La rencontre du conseil d’administration avec Nabih Berri ne constitue pas un règlement du passif. Pour mesurer les résultats, il faut distinguer factures anciennes, consommation courante, engagements et sommes effectivement reçues. Le suivi doit aussi préciser les sites reconnectés, sans confondre une coupure d’électricité avec l’arrêt complet d’un service public.

Photo d’archives avec le titre : Impayés publics : des promesses aux paiements.
Siège d’Électricité du Liban à Beyrouth, archive du 17 août 2008. Photo : Philippe48 / Wikimedia Commons. Photo et composition : CC BY-SA 3.0, https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/. Redimensionnement et bandeaux éditoriaux ; ne montre pas les coupures actuelles. © Philippe48 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Le recouvrement des factures publiques devient le principal test de la campagne engagée par Électricité du Liban. Après le lancement des coupures le 2 novembre, des contacts et des engagements de règlement sont rapportés entre EDL et des administrations débitrices. Mais les informations disponibles au 4 novembre ne donnent pas de montant consolidé effectivement encaissé. Une promesse de paiement ne permet donc pas encore de mesurer le résultat financier de l’opération.

Le dossier a aussi atteint le Parlement. Le 3 novembre, Nabih Berri a reçu le conseil d’administration d’EDL, présidé par Nassib Nasr. La délégation lui a présenté sa stratégie et ses programmes pour le secteur. Cette rencontre ne vaut toutefois ni règlement des arriérés ni adoption d’un échéancier général.

Recouvrement des factures publiques : trois étapes distinctes

La campagne vise des ministères, des établissements publics et des municipalités. EDL avait précisé, lors de son lancement, que les mesures concernaient les organismes n’ayant pas payé et n’ayant pas pris contact pour régulariser leur situation. La démarche peut ainsi conduire à une négociation avant que la totalité d’une dette soit réglée.

Les engagements rapportés portent notamment sur des versements partiels, puis des échéances mensuelles. Leur portée dépend des conditions retenues pour chaque organisme. Les déclarations disponibles ne permettent pas de savoir combien de ces arrangements ont déjà été signés ou respectés.

Trois étapes doivent donc être séparées. La première est la prise de contact. La deuxième est l’accord sur un calendrier. La troisième est l’enregistrement d’un paiement par EDL. Seule cette dernière établit une recette effectivement reçue.

Un organisme peut avoir lancé une procédure budgétaire sans que l’argent soit encore parvenu au fournisseur. À l’inverse, un premier versement peut réduire le passif sans régler l’ensemble des factures. Un bilan fiable devrait préciser ces situations plutôt que les réunir sous l’expression générale de régularisation.

Des arriérés accumulés sous des tarifs différents

La dette publique d’électricité rassemble des factures de périodes très différentes. Le dossier distingue les anciens arriérés, rattachés à la période 1992-2022 et au taux de 1 500 livres pour un dollar, des facturations postérieures calculées à 89 500 livres. Ces deux ensembles ne peuvent pas être comparés comme s’ils correspondaient à une même base monétaire.

La date d’une facture, le tarif appliqué et le montant restant dû doivent être connus avant toute addition. Un total nominal en livres ne suffit pas à mesurer le poids économique de décennies d’impayés. Il faut également distinguer le stock ancien de la consommation courante.

Cette séparation concerne les échéanciers. Un paiement affecté à une facture récente ne prouve pas que les arriérés anciens sont soldés. Réciproquement, rembourser une partie du passif ne garantit pas que l’organisme financera régulièrement son électricité future.

Ne pas confondre coupure et interruption d’un service

Les organismes concernés assurent des missions différentes : administration, services municipaux, eau ou télécommunications. La perte de l’alimentation EDL peut imposer un fonctionnement sur générateur. Elle ne prouve pas automatiquement que le service rendu au public a cessé.

Ogero a ainsi signalé des centres privés d’électricité publique et averti d’un risque pour les communications. L’opérateur n’a pas annoncé une panne générale du téléphone et d’Internet. Le suivi doit établir séparément l’état de l’alimentation et les éventuelles perturbations effectivement constatées.

Le 4 novembre, le député Ibrahim Kanaan a affirmé sur X que les coupures avaient atteint des installations d’eau, notamment dans le Metn-Nord. Il a accusé les responsables publics de faire payer aux usagers les conséquences des impayés. Cette déclaration politique ne constitue pas un relevé technique indépendant des sites affectés.

Le même jour, après un appel du député Bilal Abdallah, le directeur de l’établissement des eaux de Beyrouth et du Mont-Liban, Rabih Khalifé, a assuré que le problème touchant les puits de l’Iqlim el-Kharroub avait été réglé afin de garantir leur fonctionnement et l’approvisionnement des habitants. Cette annonce ne précise ni le montant d’un paiement ni un échéancier. Elle ne permet donc pas de déduire que les dettes correspondantes ont été soldées.

EDL a également demandé de ne pas diffuser de noms d’organismes coupés sans confirmation. Une liste d’administrations débitrices ne doit donc pas être transformée en carte de bâtiments actuellement sans courant.

Le bilan attendu doit porter sur les encaissements

Le prochain état des lieux devrait rapprocher les sommes reçues, les échéances convenues et les factures restant ouvertes. Il permettrait aussi d’identifier les sites reconnectés et les conditions de maintien du service.

À ce stade, les contacts rapportés montrent une réaction des administrations à la campagne. Ils ne fournissent pas encore un bilan chiffré du recouvrement. Le montant des paiements enregistrés par EDL reste la donnée nécessaire pour mesurer ce qui a réellement changé depuis le 2 novembre.

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