Les tractations ouvertes après les élections israéliennes ne donnent pas au Liban une perspective claire de désescalade. Les journaux du 2 novembre 2026 décrivent plusieurs voies de formation d’un gouvernement. Ils distinguent aussi cette compétition politique des choix sécuritaires susceptibles de perdurer. Le remplacement éventuel de Benjamin Netanyahu ne suffirait donc pas à établir une rupture dans la politique menée au Liban.
Cette prudence apparaît particulièrement dans l’analyse d’Ali Haïdar publiée par Al Akhbar. Selon lui, les désaccords entre dirigeants israéliens portent aussi sur les moyens et le calendrier de l’action. Ils ne signifient pas nécessairement un abandon de l’objectif d’affaiblir le Hezbollah. Pour autant, le blocage gouvernemental ne prouve pas davantage qu’une guerre soit imminente.
Des résultats qui laissent ouvertes les alliances
Al Joumhouria du 2 novembre 2026 rapporte que le Likoud reste le premier parti, avec 27 sièges. Benjamin Netanyahu doit cependant réunir une majorité de 61 sièges pour gouverner. Le quotidien décrit une coalition sortante affaiblie et des alliances difficiles à recomposer. L’attribution d’un mandat présidentiel à Netanyahu n’y est pas présentée comme acquise.
L’article, signé Isabel Kershner, examine deux grandes possibilités pour le dirigeant du Likoud. Il pourrait rechercher des défections dans le camp opposé. Il pourrait aussi tenter une formule d’union nationale avec Gadi Eisenkot. Ce dernier dirige Yashar, présenté comme la principale formation du bloc hostile à Netanyahu.
La proximité de certaines positions politiques ne suffit toutefois pas à conclure une alliance. Les engagements pris devant les électeurs et les ruptures personnelles compliquent les négociations. Les partis doivent également s’entendre sur les conditions de participation. L’écart entre une majorité arithmétique possible et une coalition effectivement gouvernable reste donc central.
Al Binaa rapporte, de son côté, une hypothèse de gouvernement minoritaire dirigé par Eisenkot. Le récit reprend des informations attribuées à Amir Ettinger, du journal israélien Yediot Aharonot. La formule dépendrait notamment de l’attitude de formations arabes et ultraorthodoxes lors de l’investiture. Elle reste une possibilité discutée, non une coalition conclue.
Le soutien extérieur constitue un point de friction
Les négociations portent aussi sur des appuis qui n’impliqueraient pas une participation directe au gouvernement. Des formations peuvent envisager de faciliter une investiture tout en restant hors de la coalition. D’autres refusent précisément qu’une majorité dépende de cette configuration. Ces différences rendent les calculs politiques particulièrement instables.
Al Akhbar rapporte ainsi une disposition de la Liste commune à recommander Eisenkot sans rejoindre son gouvernement. Le journal mentionne également les positions d’Avigdor Lieberman. Celui-ci refuse une formule dépendant des partis arabes. Al Binaa relève aussi ses objections à une dépendance envers des formations ultraorthodoxes.
Le dossier de la conscription pèse dans les rapports avec ces dernières. Les demandes budgétaires et législatives entrent également dans les discussions. Selon les récits publiés, certains partis envisageraient un soutien extérieur sous conditions. Mais les conditions elles-mêmes peuvent se heurter aux engagements d’autres membres de l’opposition.
La compétition concerne enfin le fonctionnement des institutions parlementaires. Al Binaa rapporte des discussions autour de la présidence de la Knesset. Il évoque aussi plusieurs propositions politiques ou législatives. Ces initiatives signalent une lutte pour organiser un changement de pouvoir. Elles ne constituent pas, à ce stade, des réformes déjà entrées en vigueur.
Les anciens partenaires de Netanyahu ne sont pas des alliés disponibles
Al Joumhouria souligne les tensions avec Naftali Bennett et Avigdor Lieberman. Leurs formations peuvent paraître compatibles avec le Likoud sur certains sujets. Leurs dirigeants entretiennent pourtant des rapports profondément dégradés avec Netanyahu. L’histoire des alliances passées explique une partie de cette difficulté.
Bennett a travaillé auprès de Netanyahu avant de diriger, en 2021, une coalition constituée pour l’écarter. Cette coalition réunissait des partis très différents, dont une formation arabe islamiste. Lieberman a également participé à plusieurs gouvernements dirigés par Netanyahu. Leurs rapports ont connu des ruptures répétées, notamment autour des questions sécuritaires et religieuses.
Eisenkot a lui aussi coopéré avec Netanyahu dans un cadre particulier. Après les attaques du 7 octobre 2023, il a rejoint le cabinet de guerre avec Benny Gantz. Al Joumhouria rappelle leur départ huit mois plus tard. Ils dénonçaient notamment l’absence de stratégie de sortie de guerre et de projet politique pour Gaza.
Une nouvelle coopération nécessiterait donc davantage qu’un accord de circonstance sur les sièges. L’article évoque de possibles concessions sur des politiques controversées, dont les projets de transformation judiciaire. Ces sujets concernent l’équilibre intérieur israélien. Ils ne donnent pas, en eux-mêmes, une indication certaine sur les décisions futures au Liban.
Au Liban, les continuités sécuritaires doivent être examinées séparément
Dans son analyse, Ali Haïdar estime que plusieurs objectifs dépassent les clivages électoraux. Il cite l’usage de la force et la liberté d’action militaire au Liban. Il mentionne également l’occupation de secteurs présentés par Israël comme des zones de sécurité. Ces convergences limiteraient les changements attendus d’une alternance.
L’auteur ne soutient pas pour autant que tous les dirigeants défendent exactement les mêmes méthodes. Il distingue les moyens, le calendrier et les choix tactiques. Il présente Eisenkot comme favorable à l’affaiblissement du Hezbollah, avec une approche pouvant combiner plusieurs instruments. Les pressions financières, économiques, politiques, médiatiques et sécuritaires en feraient partie.
Cette lecture reste celle d’un analyste d’Al Akhbar. Elle permet d’examiner les continuités possibles, sans annoncer les décisions d’un gouvernement encore incertain. Elle évite surtout d’assimiler une nouvelle personnalité au pouvoir à une garantie de retrait ou de paix. Les intentions prêtées aux dirigeants ne remplacent pas les actes qu’ils prendraient effectivement.
Le même raisonnement interdit une conclusion inverse trop rapide. Une formation de gouvernement difficile ne suffit pas à annoncer une attaque prochaine. Ali Haïdar le précise dans son analyse. Le blocage politique constitue une donnée du contexte, pas une preuve autonome de décision militaire.
La confrontation avec l’Iran reste une variable majeure
Pour Ali Haïdar, l’une des variables décisives concerne les choix américains et israéliens face à l’Iran. Une nouvelle confrontation pourrait avoir des conséquences au Liban. Toutefois, son extension n’est pas présentée comme automatique. La nature des opérations et les décisions des différents acteurs resteraient déterminantes.
Al Joumhouria décrit également une semaine mêlant négociations régionales et incertitude politique. Des milieux diplomatiques interrogés par le quotidien envisagent plusieurs issues. Ils citent une stabilisation accompagnée de pourparlers, une crise prolongée sous le seuil d’un conflit élargi, ou une nouvelle escalade. Aucun de ces scénarios n’est présenté comme définitivement choisi.
Dans Al Binaa, les informations sur les négociations et les préparatifs militaires coexistent. Cette coexistence limite la portée d’une lecture exclusivement électorale de la situation. Une coalition israélienne reste à construire, tandis que les échanges régionaux suivent leur propre calendrier. Les deux processus peuvent peser l’un sur l’autre sans se confondre.
Pour le Liban, plusieurs éléments concrets restent donc à observer : la composition du gouvernement, les conditions de son investiture et ses décisions militaires. Il faudra également suivre les engagements diplomatiques concernant le territoire libanais. Les négociations parlementaires ne permettent pas encore de préjuger de ces choix. Elles établissent surtout que le changement de pouvoir éventuel et le changement de politique restent deux questions distinctes.
Sources
Al Akhbar, 2 novembre 2026, pages 3 et 10–11 ; Al Joumhouria, page 9 ; Al Binaa, pages 2 et 4.
Crédit de la couverture
Le bâtiment de la Knesset, le 5 juillet 2018. Photo d’archives illustrant les enjeux de majorité parlementaire ; elle ne montre pas les élections de 2026. Suicasmo / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 Source de la photographie. CC BY-SA 4.0. Photographie redimensionnée sans recadrage ; bandeaux éditoriaux ajoutés hors de l’image.
Composition de couverture distribuée sous CC BY-SA 4.0.


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