La mobilisation du 5 novembre doit prendre le relais des manifestations contre la vie chère du samedi 31 octobre. Les syndicats appellent cette fois à une journée interprofessionnelle de grève. Dimanche, le ministère de l’Intérieur a annoncé 779 interpellations au total sur la journée et la nuit précédentes. Les cortèges se sont, dans leur grande majorité, déroulés dans le calme.
Le bilan officiel publié le 1er novembre recense 291 actions de voie publique et 320 000 participants dans toute la France. Parmi eux, 70 000 ont manifesté à Paris. Les autorités comptabilisaient 410 000 personnes le 24 octobre et 550 000 le 17 octobre. À méthode officielle constante, la participation a donc diminué au cours de ces trois samedis.
Les organisations de jeunesse avancent un autre ordre de grandeur pour le 31 octobre : près d’un demi-million de personnes, dont 200 000 à Paris. Ces évaluations, rapportées par une agence de presse, ne se confondent pas avec celles du ministère. Elles doivent rester attribuées à leurs auteurs.
Un bilan qui couvre aussi la nuit d’Halloween
Les 779 interpellations annoncées dimanche concernent le cumul de la journée et de la nuit sur le territoire national. Ce périmètre dépasse les seuls cortèges. Le communiqué porte à la fois sur la mobilisation sociale et sur la soirée d’Halloween. Le chiffre ne constitue donc pas un décompte de personnes condamnées pour des faits commis dans les manifestations.
Avant les rassemblements, le ministère avait annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes. Laurent Nuñez avait présenté le dispositif lors d’une conférence de presse le 29 octobre, puis à Rouen le lendemain. Les autorités avaient notamment anticipé des troubles en soirée et organisé des interdictions locales.
Ce dispositif ne signifiait pas une interdiction générale de manifester. Le ministère distinguait les rassemblements autorisés et les appels nocturnes qu’il jugeait susceptibles de provoquer des violences. Les décisions relevaient des préfets, selon les circonstances locales.
À Paris, une enquête après l’attaque de gendarmes
La Gendarmerie a précisé dimanche les événements survenus porte de Charenton. Peu avant 18 heures, des violences ont éclaté à l’arrivée du cortège autorisé, parti de la porte de Bagnolet. Plusieurs militaires de l’escadron de gendarmerie mobile de Dreux ont été blessés, notamment par un engin explosif et incendiaire.
Une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte. Dans les informations publiées le 1er novembre, les responsables n’étaient pas identifiés. Cette qualification d’enquête ne permet pas d’attribuer les faits à une organisation ou à l’ensemble du mouvement.
La Gendarmerie souligne aussi le caractère majoritairement calme des manifestations du samedi. Le bilan de la journée comprend donc une mobilisation sociale étendue et des épisodes de violence localisés. Les confondre empêcherait de distinguer les revendications, les participants et les faits relevant des investigations judiciaires.
Mobilisation du 5 novembre : l’appel dépasse la jeunesse
La CFDT, la CGT, FO, l’UNSA et la FSU appellent les salariés du public et du privé à se mobiliser jeudi. L’appel vise également les jeunes et les retraités. Il porte sur les rémunérations, les services publics, l’emploi et l’industrie. Son caractère interprofessionnel le distingue des seules manifestations du week-end.
La CFDT Fonction publique a déposé un préavis couvrant les trois versants de la fonction publique. La CFDT Cadres a, de son côté, rejoint l’appel dans un communiqué du 29 octobre. Elle défend une mobilisation pacifique et invite les cadres comme les futurs diplômés à y participer.
Dans l’enseignement, la fédération CFDT réclame notamment une hausse du smic, une revalorisation des revenus modestes et des négociations salariales dans le public. Elle soutient les demandes des lycéens et des étudiants concernant leurs conditions d’étude. Elle condamne également les violences et les dégradations, quelle qu’en soit l’origine.
Ces appels établissent l’existence d’une nouvelle échéance syndicale, pas son ampleur future. Les préavis ne permettent pas, à eux seuls, de prévoir le nombre de grévistes ou les perturbations. Le jeudi 5 novembre permettra de mesurer si la contestation s’élargit dans les entreprises et les services publics, après trois samedis de manifestations.
Sources
- Ministère de l’Intérieur : bilan du 31 octobre et de la nuit
- Ministère de l’Intérieur : dispositif du 31 octobre
- Gendarmerie : bilan des manifestations
- AFP / CNA : manifestations du 31 octobre
- Appel intersyndical du 5 novembre
- CFDT Fonction publique : préavis de grève
- CFDT Cadres : appel du 29 octobre
- FEP-CFDT : revendications du 27 octobre


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