Le ministère libanais de la Santé lance une campagne de dépistage du cancer de la prostate destinée aux hommes libanais de 50 à 70 ans. Annoncée le 7 novembre 2026 par Rakan Nassereddine à l’Université Saint-Joseph, elle doit se poursuivre jusqu’au 15 février 2027. Le ministre indique que le dosage sanguin du PSA sera pris en charge dans les hôpitaux publics, ainsi qu’une IRM lorsqu’un résultat préoccupant le justifie.
L’annonce a été faite à l’ouverture d’un congrès de sensibilisation organisé par la faculté de médecine de l’USJ, sous le thème « Ensemble contre le cancer de la prostate, de l’innovation à l’impact ». Médecins, responsables hospitaliers et représentants des organisations professionnelles y ont abordé le diagnostic précoce, l’accès aux examens et les évolutions du traitement.
Deux examens pris en charge selon le parcours annoncé
Le premier examen décrit par le ministre est le dosage du PSA, l’antigène prostatique spécifique. Ce marqueur est mesuré dans le sang. La campagne prévoit son financement par le ministère pour les hommes libanais appartenant à la tranche d’âge annoncée, dans les hôpitaux publics.
Rakan Nassereddine précise qu’en cas d’indicateur préoccupant, une imagerie par résonance magnétique pourra également être réalisée aux frais du ministère. Il ne présente donc pas l’IRM comme un examen systématique proposé à tous les participants. La suite du parcours dépend du résultat et de son évaluation médicale.
Le compte rendu de l’annonce ne donne pas la liste des établissements participants, leurs modalités de rendez-vous ou les documents administratifs à présenter. Il ne précise pas non plus les seuils biologiques retenus pour orienter vers l’IRM. Avant un déplacement, les personnes concernées peuvent vérifier les conditions pratiques auprès de leur hôpital public et discuter de l’intérêt de l’examen avec leur médecin.
Le PSA ne suffit pas à diagnostiquer un cancer
Les critères d’âge fixés pour le financement de cette campagne ne remplacent pas une décision médicale individualisée. Un PSA élevé ne signifie pas automatiquement qu’un cancer est présent. D’autres affections de la prostate peuvent modifier ce taux. À l’inverse, un résultat normal ne permet pas d’exclure tous les cancers.
Le National Cancer Institute américain rappelle que le dépistage peut aider à repérer certains cancers plus tôt, mais qu’il expose aussi à des faux positifs et à un surdiagnostic : la découverte de tumeurs qui n’auraient pas provoqué de symptômes au cours de la vie. Les examens complémentaires et les traitements éventuels ont eux-mêmes des risques. La décision se discute donc avec un professionnel de santé, selon la situation personnelle et les préférences du patient.
Douze hôpitaux équipés en IRM, selon le ministre
Rakan Nassereddine affirme que douze hôpitaux publics sont désormais équipés d’une IRM et que neuf autres sont en cours d’équipement. Ces chiffres décrivent les capacités annoncées par le ministère. Ils ne constituent pas une confirmation des créneaux disponibles dans chaque établissement.
Le ministre a également évoqué une nouvelle offre de couverture hospitalière intégrant des innovations. Une décision concernant la prise en charge de la chirurgie robotique de la prostate doit être publiée prochainement, a-t-il indiqué. Cette perspective reste distincte des examens annoncés pour la campagne : le discours ne permet pas de présenter cette chirurgie comme déjà financée dans ce cadre.
La sensibilisation au centre de la rencontre
Le président de la Société libanaise d’urologie, Khalil Ermesh, a souligné le retard avec lequel certains hommes consultent, parfois après l’apparition de symptômes. Il a présenté le travail de la société savante sur l’information du public, les protocoles de diagnostic et de traitement, ainsi que l’accès aux techniques d’imagerie et aux nouveaux soins.
Le président de l’Ordre des médecins, Élias Chélala, a lui aussi insisté sur l’importance de ne pas repousser une consultation par gêne ou par peur. La campagne annoncée ouvre une période de financement d’examens pour une population définie. Son accès concret dépendra des informations pratiques communiquées par les hôpitaux publics et du parcours médical proposé à chaque patient.


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