Tom Laperche a remporté la Route du Rhum 2026 en classe Ultim, dès sa première participation. Le navigateur français de 29 ans a franchi la ligne à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à bord de SVR-Lazartigue. L’organisation annonce un temps de 6 jours, 13 heures, 27 minutes et 40 secondes, inférieur au record établi par Charles Caudrelier en 2022.
L’arrivée a eu lieu samedi 7 novembre à 22 h 31 min 40 s en Guadeloupe. Il était dimanche 8 novembre à 02 h 31 min 40 s UTC, soit 03 h 31 à Paris et 04 h 31 à Beyrouth. Ce décalage explique que la même victoire soit datée du samedi dans les Antilles et du dimanche en Europe.
Laperche succède ainsi au vainqueur de 2022 sur une transatlantique disputée en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Cette treizième édition était partie de Bretagne le 1er novembre. Son arrivée ne termine pas l’épreuve pour l’ensemble de la flotte : les autres Ultim poursuivent leur course, comme les concurrents des autres catégories.
Route du Rhum : une référence abaissée de plus de six heures
Le temps annoncé par l’organisateur améliore de 6 heures, 19 minutes et 45 secondes la marque de Charles Caudrelier. En 2022, le skipper du Maxi Edmond de Rothschild avait terminé en 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes. Cette performance avait installé une référence sous la semaine sur le parcours entre la Bretagne et la Guadeloupe.
Il convient toutefois de distinguer l’heure de franchissement de ligne, le temps de course communiqué et le classement après décisions du jury. Le bulletin d’arrivée de Laperche conserve une réserve liée au jury. Une bonification concerne également son déroutement pour porter assistance à Armel Le Cléac’h. Le chrono retenu ici est celui publié par l’organisation ; aucune correction supplémentaire ne lui est appliquée.
Le parcours de la Route du Rhum représente environ 3 543 milles nautiques sur sa distance théorique. Les trajectoires réellement suivies sont plus longues. Elles dépendent notamment du vent, des systèmes météorologiques traversés et des choix de route. Le record compare donc des temps sur une même épreuve, sans signifier que les vainqueurs ont rencontré les mêmes conditions.
Une dépression tropicale sur la dernière partie du parcours
La fin de course n’a pas consisté à dérouler une arrivée tranquille dans les alizés. Dans une vacation publiée le 6 novembre par l’organisation, Laperche décrivait une dépression tropicale à négocier avant les Antilles. Les gros nuages et les passages peu ventés compliquaient sa progression.
Le skipper signalait surtout l’absence inhabituelle des alizés dans cette zone. Il envisageait une fin de parcours avec du vent de sud-ouest, au près, et des virements de bord. Dans cette configuration, le bateau doit remonter vers le vent plutôt que profiter d’un flux régulier venu de l’arrière.
Cette transition imposait aussi une gestion attentive du repos. Laperche expliquait chercher des occasions de dormir malgré les changements fréquents de conditions. Son avance lui permettait de réduire les risques, mais ne supprimait ni les manœuvres ni la surveillance. La préservation du bateau et de la lucidité restait nécessaire jusqu’à Pointe-à-Pitre.
Un déroutement pour assister Armel Le Cléac’h
La traversée a également été marquée par le chavirage d’Armel Le Cléac’h. Le skipper de Banque Populaire XI, qui figurait parmi les adversaires de Laperche, a déclenché sa balise de détresse. Un cargo l’a ensuite récupéré en bonne santé, selon les informations rapportées sur l’opération de secours.
Laperche s’est temporairement dérouté vers lui. Une bonification d’une heure et deux minutes a été annoncée pour cette assistance. Cet épisode doit rester distinct de la comparaison des performances : le temps consacré au secours ne relève pas d’un choix tactique destiné à gagner la course.
Le classement Ultim consulté dimanche matin mentionnait trois abandons : Charles Caudrelier sur Maxi Edmond de Rothschild, Anthony Marchand sur Actual Ultim 4 et Armel Le Cléac’h sur Maxi Banque Populaire XI. Ces retraits ont profondément modifié la concurrence pendant la traversée.
Du Figaro au trimaran SVR-Lazartigue
Cette victoire prolonge une progression déjà documentée sur plusieurs supports. Champion de France de course au large en solitaire en 2021, Laperche a remporté la Solitaire du Figaro en 2022. Il a rejoint MerConcept en 2021 comme coskipper de François Gabart sur SVR-Lazartigue.
Sa formation d’ingénieur accompagne cet apprentissage technique. Le trimaran, mis à l’eau en 2021, est une machine qu’il connaît depuis ses premières années. Son parcours ne se limite donc pas à la prise en main d’un bateau pour cette transatlantique. Il s’est construit avec l’équipe qui l’exploite, aux côtés de Gabart puis de Franck Cammas.
Les résultats de 2025 avaient déjà confirmé cette montée en puissance, avec des victoires sur la Rolex Fastnet Race et la Transat Café L’Or. Le succès en solitaire à Pointe-à-Pitre ajoute désormais la Route du Rhum à ce palmarès.
Coville et Burton poursuivent leur approche
Au classement du 8 novembre à 11 heures, heure française, Thomas Coville occupait la deuxième position sur Sodebo Ultim 3. Sa dernière position, relevée à 10 h 45, le plaçait à 87,2 milles de l’arrivée. Louis Burton, sur Armand Thiery, suivait en troisième position, à 146,9 milles du but.
Guirec Soudée, sur LIAMM, et Alexia Barrier, sur IDEC Sport – CIC, figuraient ensuite au classement. Ces positions décrivent un pointage en mer, et non un podium acquis. Les places derrière Laperche restaient à confirmer par les franchissements de ligne à Pointe-à-Pitre.


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