Cinq personnes sont désormais officiellement soupçonnées dans le nouveau volet de l’opération Carthage en Ukraine. Parmi elles figurent un haut responsable du Service de sécurité ukrainien (SBU) et deux cadres de la police. Le Bureau national anticorruption (NABU) et le parquet spécialisé anticorruption ont annoncé ces notifications jeudi 5 novembre 2026, au lendemain de la révélation du réseau présumé.
Les enquêteurs décrivent une organisation qui aurait acheté la protection de responsables des forces de sécurité pour mener plusieurs activités illégales. Centres d’appels frauduleux, vente de stupéfiants, cigarettes de contrefaçon et fabrication de fausse monnaie figurent dans le dossier. Des violences et des enlèvements auraient également servi les intérêts du groupe.
Cette annonce marque une étape judiciaire précise. Le 4 novembre, les autorités anticorruption avaient présenté l’existence supposée du réseau et son fonctionnement. Le communiqué du 5 novembre indique que cinq personnes ont reçu une notification de soupçons. Il ne constitue ni une condamnation ni la reconnaissance définitive des faits par un tribunal.
Opération Carthage : trois responsables des forces de sécurité
Le NABU ne publie aucun nom dans cette nouvelle annonce. Il détaille, en revanche, les fonctions des personnes visées. Au SBU, il s’agit du premier adjoint au chef de l’un des départements. Dans la Police nationale, les notifications concernent le chef d’un département et un adjoint au chef de section au sein de la police judiciaire de la région de Kyiv.
Les deux autres suspects sont l’organisateur présumé du réseau et un homme présenté comme son subordonné. Selon les enquêteurs, le premier avait déjà fait l’objet de plusieurs condamnations avant la constitution de ce groupe.
Les qualifications retenues diffèrent selon les personnes. Le communiqué vise notamment la participation à une organisation criminelle pour les trois responsables des forces de sécurité. Il mentionne aussi la perception d’un avantage indu pour le chef de département de la Police nationale. Pour le cadre de la police judiciaire de Kyiv, les soupçons comprennent une complicité dans des faits de torture et de contrefaçon monétaire.
Des centres d’appels protégés contre des paiements
Le mécanisme décrit repose sur des relations entre un groupe criminel et des responsables publics. D’après le NABU, l’organisateur présumé aurait associé à ses activités des cadres du SBU, de la Police nationale et du bureau du procureur général. Des personnes issues du milieu criminel auraient également participé au réseau.
Les versements auraient permis aux activités illégales de se poursuivre sans intervention des services chargés de les combattre. Les centres d’appels occupent une place importante dans le dossier. Leurs opérateurs auraient escroqué des citoyens ukrainiens ainsi que des étrangers. Le communiqué ne précise ni le nombre de victimes ni le préjudice total correspondant à ce nouveau volet.
Les enquêteurs décrivent toutefois un ensemble plus large que la seule fraude téléphonique. La protection présumée aurait aussi bénéficié à la vente de drogues et à la production illégale de cigarettes. Elle aurait couvert la fabrication de fausse monnaie étrangère.
À ces soupçons économiques s’ajoute un volet violent. Le groupe aurait préparé des attaques, des enlèvements et des agressions afin de défendre ses intérêts. Le texte public ne donne pas l’identité des victimes concernées.
Au moins douze personnes dans le réseau présumé
Le NABU estime qu’au moins douze personnes auraient pris part à cette organisation. Ce chiffre décrit l’ampleur supposée du réseau. Il ne correspond pas au nombre de notifications annoncé jeudi, qui reste fixé à cinq.
Le bureau du procureur général apparaît dans la description des relations présumées du groupe. Aucun responsable de cette institution ne figure toutefois parmi les cinq suspects annoncés jeudi. Les notifications concernent, à ce stade, les trois cadres du SBU et de la police ainsi que deux membres présumés du réseau.
Le communiqué ne précise pas si les cinq suspects se trouvent en détention. Il ne comporte pas non plus leurs réponses aux accusations. Les responsabilités individuelles et les mesures de sûreté relèvent de la procédure judiciaire, qui se poursuit.
L’affaire a suscité une réaction à la présidence ukrainienne. Jeudi, le chef de l’administration présidentielle, Kyrylo Boudanov, a appelé à une action rapide et ferme. Il a affirmé que les fonctions, les titres et les pouvoirs ne pouvaient justifier d’échapper à ses responsabilités.
Toutes les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Le NABU et le parquet spécialisé indiquent désormais préparer les notifications de soupçons concernant les autres participants présumés au réseau.


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