Yaïr Golan accuse Benjamin Netanyahu de vouloir exploiter une crise sécuritaire pour retarder l’alternance. Dans une déclaration diffusée lundi 2 novembre 2026, le chef du parti Les Démocrates appelle les opposants au premier ministre à accélérer la formation d’un gouvernement. Ses accusations portent sur les intentions qu’il prête au dirigeant israélien, et non sur une décision annoncée par celui-ci.
Le responsable de gauche lie directement la sécurité du pays aux négociations politiques engagées après les législatives du 27 octobre. Il affirme que Netanyahu pourrait provoquer une escalade afin de conserver le pouvoir. Cette mise en garde ne constitue pas une preuve de l’existence d’un tel projet.
Yaïr Golan réclame une alternance rapide
« Netanyahu n’hésitera pas à pousser Israël vers une escalade sécuritaire et à instaurer un état d’urgence pour entraver le transfert du pouvoir », déclare Yaïr Golan. Il l’accuse également d’être prêt à provoquer une crise qui mettrait les Israéliens en danger et perturberait le processus démocratique.
Son intervention vise aussi ses partenaires politiques. Le chef des Démocrates leur demande de ne pas laisser les discussions sur le prochain gouvernement s’enliser. Il présente la rapidité d’une entente comme un enjeu de sécurité, au-delà de la seule volonté de remplacer Netanyahu.
La veille, Golan avait déjà averti d’un risque de nouvelle confrontation avec l’Iran. Il avait cité Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Yaïr Lapid et Avigdor Lieberman parmi les responsables disposant, selon lui, de l’expérience nécessaire pour conduire une autre politique. Là encore, il s’agissait de son appréciation politique, pas de l’annonce d’une opération militaire.
Des partenaires encore à convaincre
En fin de journée lundi, un média israélien a annoncé que les chefs du bloc avaient déclaré vouloir recommander Gadi Eisenkot au président Isaac Herzog. Un tel soutien constitue une étape dans la procédure de désignation du candidat chargé de former le gouvernement.
Il ne se confond pas avec un accord sur la composition de l’exécutif. Le même média rapporte qu’Avigdor Lieberman exclut toujours de participer à un gouvernement minoritaire. Le rapprochement sur un candidat laisse donc ouverte la question des conditions de formation du prochain cabinet.
L’état d’urgence ne supprime pas le cadre institutionnel
Les termes employés par Golan ne décrivent pas un mécanisme automatique de maintien au pouvoir. La Loi fondamentale sur le gouvernement prévoit que l’exécutif sortant poursuit ses fonctions jusqu’à la constitution du suivant. Cette continuité institutionnelle se distingue de l’accusation d’entrave formulée par l’opposant.
Le même texte encadre l’état d’urgence. La Knesset peut le déclarer et le révoquer. En cas d’urgence empêchant d’attendre sa réunion, le gouvernement dispose d’une faculté de déclaration provisoire, soumise aux conditions de l’article 38.
Surtout, l’article 41 interdit aux règlements d’urgence de modifier cette Loi fondamentale ou d’en suspendre temporairement l’application. Évoquer une crise sécuritaire ne suffit donc pas à établir qu’une alternance serait juridiquement empêchée.
La déclaration de lundi ajoute une pression publique aux discussions entre partis. La question immédiate reste leur capacité à traduire ces échanges en engagements communs sur la formation du prochain gouvernement.
Sources
- Zman Israel, déclaration de Yaïr Golan du 2 novembre 2026, entrée de 15 h 15.
- Déclaration du 1er novembre, relayée par les journalistes israéliens et archivée.
- Knesset, Loi fondamentale sur le gouvernement, articles 30, 38 et 41.
Crédit de l’illustration : Shlomi Amsalem / Knesset Archives — source de la photographie. Composition et photographie sous CC BY-SA 4.0 ; photographie entière redimensionnée, ajout d’un habillage éditorial.


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