La première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a émis le 5 novembre 2026 un mandat d’arrêt contre Riad Salamé dans le dossier Forry Associates. La décision intervient après l’interrogatoire de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, selon L’Orient-Le Jour. Lebanon24 a également signalé l’émission du mandat. Il s’agit d’un acte d’instruction, et non d’une condamnation.
Une nouvelle étape dans l’enquête Forry
Forry Associates, société dirigée par Raja Salamé, frère de l’ancien gouverneur, est au centre de soupçons portant sur des commissions et des détournements de fonds. Les montants examinés sont évalués à environ 330 millions de dollars. Riad Salamé conteste les accusations de malversations financières.
Selon le compte rendu de L’Orient-Le Jour, l’ancien gouverneur était assisté d’un avocat lors de l’audition. Des représentants de la Banque du Liban et du Contentieux de l’État y ont participé. Le journal indique que la prochaine audience est fixée au 18 novembre.
Plusieurs procédures à distinguer
Le même quotidien rapporte que Riad Salamé a aussi été interrogé, le 5 novembre, dans le dossier V-Invest. Cette procédure et celle de Forry doivent être distinguées. Le mandat annoncé concerne Forry ; il ne permet pas, à lui seul, de tirer de conclusion sur les autres affaires.
La distinction vaut également pour les enquêtes menées à l’étranger. Des procédures visant des intermédiaires financiers peuvent porter sur leurs propres obligations de contrôle, alors que le dossier libanais cherche à établir les responsabilités pénales des personnes mises en cause.
Le contexte des contrôles bancaires en Suisse
Dans un communiqué du 18 juin 2024, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers suisse, la FINMA, avait constaté de graves manquements de HSBC Private Bank (Suisse) en matière de prévention du blanchiment. Le régulateur décrivait des transactions de plus de 300 millions de dollars, effectuées entre 2002 et 2015, avec des transferts depuis une institution étatique au Liban vers la Suisse, puis principalement vers d’autres comptes libanais.
Ce communiqué ne nommait pas les deux personnes politiquement exposées concernées. Il établissait des manquements de surveillance bancaire, sans constituer un jugement pénal contre Riad Salamé. Les procédures judiciaires relatives aux circuits Forry et les contrôles prudentiels des banques ont donc des objets et des conséquences distincts.
La présomption d’innocence demeure
À ce stade, l’information nouvelle est la délivrance d’un mandat dans une enquête en cours. Les soupçons sur l’origine, la destination et l’usage des fonds restent à apprécier par la justice. Le montant de 330 millions de dollars cité dans le dossier ne doit pas être présenté comme une somme dont le détournement aurait déjà été définitivement jugé dans cette procédure.
La poursuite des auditions doit permettre de préciser les faits et les responsabilités éventuelles. Riad Salamé et les autres personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence.
Sources
- L’Orient-Le Jour, mandat d’arrêt dans l’affaire Forry, 5 novembre 2026.
- Lebanon24, fil Riad Salamé, annonce datée du 5 novembre 2026.
- FINMA, communiqué sur HSBC Private Bank (Suisse), 18 juin 2024, utilisé comme contexte historique.
Illustration : Palais de justice de Beyrouth, photographie d’archives Libnanews. La date exacte de prise de vue n’est pas documentée ; cette image ne montre pas l’audition du 5 novembre 2026.


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