En visite au Liban, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a rencontré vendredi le président de la République, Joseph Aoun, puis le président de la Chambre, Nabih Berry. À Baabda, le chef de l’État a réclamé l’arrêt des attaques israéliennes et un cessez-le-feu pour ouvrir la voie aux étapes suivantes de son initiative. De son côté, António Guterres a appelé à l’arrêt de la guerre entre Israël et le Hezbollah, en soulignant que « le temps n’est plus aux groupes armés » mais à « l’État fort ».
Une visite onusienne au sommet de l’État
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, est arrivé au Liban dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités et l’aggravation de la crise humanitaire. Sa visite l’a conduit d’abord à Baabda, où il a été reçu par le président de la République, Joseph Aoun, avant de se rendre à Aïn el-Tiné pour un entretien avec le président de la Chambre, Nabih Berry.
Cette séquence place Beyrouth au centre d’une intense activité diplomatique, alors que le Liban fait face à une nouvelle phase d’escalade militaire. La venue du chef de l’ONU revêt un caractère stratégique, à la fois par le niveau des interlocuteurs rencontrés et par les messages politiques portés au plus haut niveau de l’État libanais et de l’organisation internationale.
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Joseph Aoun réclame l’arrêt des attaques
Lors de son entretien avec António Guterres, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de mettre fin aux attaques israéliennes et d’obtenir un cessez-le-feu afin d’examiner les étapes suivantes, dans le cadre de l’initiative qu’il a lancée.
Le président de la République a également mis l’accent sur la situation des déplacés, dont le nombre dépasse désormais les 800 000, en saluant le soutien constant des Nations unies au Liban. Il a averti que la poursuite des attaques israéliennes aurait des répercussions sur la stabilité de l’ensemble de la région.
Le chef de l’État a en outre affirmé avoir exprimé sa disponibilité à négocier, tout en précisant qu’aucune réponse n’avait encore été reçue de l’autre partie. Il a enfin dit attendre un appui de la communauté internationale dans cette phase qu’il a décrite comme particulièrement délicate pour le pays.
Guterres appelle à la fin de la guerre
António Guterres a, pour sa part, affiché sa pleine solidarité avec le peuple libanais. Il a appelé avec force Israël et le Hezbollah à cesser le feu et à mettre un terme à la guerre, afin de créer les conditions d’une solution politique.
Le secrétaire général de l’ONU a souligné que cette issue devait permettre au Liban d’être un pays indépendant, exerçant une souveraineté pleine sur l’ensemble de son territoire. Il a également rappelé que l’autorité légitime devait conserver le droit exclusif d’assurer la sécurité.
Sa formule, particulièrement nette, marque l’un des points saillants de cette visite: « le temps n’est plus aux groupes armés, c’est le temps de l’État fort ». Cette déclaration replace la question du monopole de l’État sur les armes au centre de la séquence diplomatique en cours.
Une séquence diplomatique à forte portée politique
La rencontre de Baabda, suivie de la visite à Aïn el-Tiné, confirme la volonté des Nations unies de maintenir un contact direct avec les principales institutions libanaises dans une période de guerre ouverte et de forte tension régionale.
Au-delà du soutien affiché au Liban, la visite d’António Guterres met en avant deux priorités immédiates: l’arrêt des hostilités et le renforcement du rôle de l’État. Dans le contexte actuel, ces deux axes structurent l’essentiel du discours diplomatique autour de la sortie de crise.
La présence du secrétaire général de l’ONU à Beyrouth intervient alors que la situation sur le terrain reste marquée par les frappes, les déplacements de population et une pression croissante sur les structures civiles et sanitaires. Dans ce cadre, ses entretiens avec Joseph Aoun puis Nabih Berry prennent une dimension stratégique, à la fois institutionnelle, sécuritaire et régionale.



