4 novembre 2026
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Bethléem : ce que racontent les maisons anciennes

À Bethléem, les maisons anciennes racontent la vie des familles, des artisans et des commerçants. Cours et demeures ornées composent un patrimoine autour de Star Street. Les maisons Mansour et Ghazzawi en montrent la diversité. Leur protection dépasse les limites du site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012.

Couverture : Bethléem, la mémoire des maisons anciennes. Vue entière de Star Street en 1988, photographie de JJ Jones.
Star Street à Bethléem, photographie d’archive de 1988. Photo : JJ Jones / Wikimedia Commons, CC BY 3.0. Montage éditorial Libnanews : photo entière redimensionnée, textes ajoutés hors de la photo. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bethlehem_1988_-_panoramio_(1).jpg ; licence : https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/. © JJ Jones / Wikimedia Commons, CC BY 3.0

À Bethléem, les maisons anciennes racontent l’organisation des familles, le travail des artisans et l’essor du commerce. Cours communes, boutiques et demeures aux décors européens composent un patrimoine distinct des seuls sanctuaires. Autour de Star Street, leur conservation engage aussi la protection des abords de la route de pèlerinage inscrite à l’Unesco.

À Bethléem, la cour au centre de la vie familiale

Le portail Bethlehem Gate, consulté le 3 novembre 2026, décrit des quartiers liés aux familles qui les ont façonnés. Le nom de Tarajmeh rappelle le métier d’interprète. Ceux d’Al-Najajreh et d’Al-Farahiyeh renvoient à des groupes familiaux établis de longue date. Cette géographie rapproche l’histoire des habitants de celle des bâtiments.

Dans le guide de Diyar signé Ghadeer Najjar, dont la préface date de juillet 2017, le hosh désigne un ensemble de maisons groupées autour d’une cour. Cet espace accueillait les activités quotidiennes, les fêtes et les réunions familiales. Les passages étroits reliaient les habitations, tandis que les portes marquaient les accès. L’habitat formait ainsi un ensemble collectif, au-delà de chaque logement.

Star Street, une rue de pèlerinage et de travail

Sur l’itinéraire vers la Nativité, les bâtiments traditionnels en calcaire jaune associent logement à l’étage et ateliers au niveau de la rue. Selon Bethlehem Gate, Star Street a notamment accueilli le travail du bois d’olivier et de la nacre. Les artisans fabriquaient des objets destinés aux visiteurs et aux pèlerins. La rue porte aussi la mémoire des cortèges de mariage, des funérailles et des défilés scouts.

Les patriarches latin, orthodoxe et arménien l’empruntent traditionnellement pour leurs entrées solennelles à Bethléem lors des célébrations de Noël. Son rôle a évolué avec les déplacements dans la ville. L’ouverture de Manger Street pendant le mandat britannique a réduit son importance. Les travaux du programme Bethlehem 2000 ont ensuite contribué à sa réhabilitation.

Deux demeures du début du XXe siècle

Le guide de Diyar décrit la maison Mansour, construite en 1914 pour Hanna Mansour. Elle illustre l’influence européenne sur les résidences de cette période. Un grand portique à arcades couvre une terrasse donnant sur Star Street. Des motifs floraux décorent les murs et le plafond du salon.

La maison Ghazzawi, datée de 1924, traduit pour sa part la prospérité d’une famille commerçante. Elle associe pierre rouge, mobilier venu de France et décors floraux. Deux boutiques donnant sur la rue ont accueilli la poste sous le mandat britannique. Ces demeures s’insèrent dans un ensemble où coexistent maisons ottomanes et résidences du début du XXe siècle aux influences italiennes.

Un périmètre Unesco à distinguer de ses abords

L’inscription au patrimoine mondial date de 2012. Elle concerne l’église de la Nativité, son ensemble architectural et une portion de la route de pèlerinage. Elle ne classe pas toute la vieille ville de Bethléem.

L’Unesco précise que les bâtiments traditionnels bordant cet itinéraire ne font pas partie du bien inscrit. Elle demande néanmoins leur protection et leur conservation comme éléments de l’approche de l’église. Préserver la route implique donc aussi de prendre en compte les maisons qui l’accompagnent.

Le 2 juillet 2019, le Comité du patrimoine mondial a retiré le site de la liste du patrimoine en péril. Il a notamment salué les restaurations de la Nativité et l’adoption d’un plan de gestion.

Des maisons restaurées pour de nouveaux usages

La réhabilitation peut aussi donner un nouvel usage aux ensembles conservés. Selon Bethlehem Gate, à proximité de la Nativité, Hosh Al Syrian réunit des cours reliées par des passages étroits, des escaliers et des arcs de pierre. L’ensemble s’est constitué au fil de plusieurs siècles. Sa restauration a permis une reconversion en maison d’hôtes. Les travaux ont également révélé des pièces souterraines, sous les espaces déjà connus.

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