Abdallah II a fait de la sécurité de l’eau une priorité de souveraineté dans son discours du Trône du 2 novembre 2026. Le texte publié le même jour par la Cour royale jordanienne appelle le gouvernement à poursuivre les projets hydriques. Le souverain demande aussi des plans préventifs pour protéger les ressources et les droits des générations futures.
Ce message intervient à l’ouverture de la troisième session ordinaire du vingtième Parlement. Il accompagne un appel à accélérer les grands projets économiques. Le roi demande que leurs effets se mesurent dans la vie des citoyens, notamment dans les services et les perspectives offertes aux familles.
Aqaba-Amman, un projet de dessalement à grande échelle
Le discours ne nomme pas le projet Aqaba-Amman dans son passage consacré à l’eau. Ce programme permet toutefois de mesurer les moyens envisagés pour renforcer l’approvisionnement du royaume. Sa réalisation ne doit pas être confondue avec une capacité déjà disponible.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement décrit une usine visant 300 millions de mètres cubes par an. Une conduite de 438 kilomètres doit transporter l’eau dessalée depuis Aqaba vers Amman. Le dispositif comprend aussi une installation d’énergie renouvelable. Il repose sur un partenariat public-privé et une concession de trente ans auprès du ministère jordanien de l’Eau et de l’Irrigation.
La fiche de la BERD, consultée le 3 novembre 2026, indique une approbation au 25 février 2026. Le prêt prévu atteint jusqu’à 475 millions de dollars. Son bénéficiaire est National Carrier Project Company, détenue par Meridiam et Suez. Pour la banque, cette ressource doit réduire la pression sur les nappes surexploitées et renforcer la résistance aux effets du changement climatique.
Des financements approuvés, des effets encore attendus
La Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures apporte un autre volet financier. Sa fiche, consultée le 3 novembre 2026, indique 250 millions de dollars approuvés le 25 mars 2026. La production annuelle visée se répartit entre 250 millions de mètres cubes pour Amman et 50 millions pour Aqaba. Ces chiffres décrivent des objectifs, pas des volumes déjà livrés.
La banque reprend le classement environnemental et social A retenu par la BERD. Les emprises foncières, la sensibilité du milieu marin et l’ampleur géographique du projet justifient cette catégorie. Parmi les risques recensés figurent les effets sur les coraux, les rejets de saumure et la consommation d’énergie. Des évaluations et des plans de gestion encadrent leur traitement.
Les approbations financières ne prouvent donc ni un décaissement intégral ni une mise en service. Dans son discours du 2 novembre, Abdallah II rappelle par ailleurs la mission de contrôle du Parlement sur l’action gouvernementale. La poursuite des projets hydriques s’inscrit dans ce cadre, au-delà des capacités annoncées.


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