La poétesse et romancière franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata est décédée le 28 janvier 2026, selon des annonces diffusées par des proches et des personnalités sur les réseaux sociaux. Née le 23 décembre 1937 à Bcharré, au Liban, elle était une figure emblématique de la littérature francophone, avec une œuvre traduite dans une quinzaine de langues et récompensée par de multiples prix.
Vénus Khoury-Ghata grandit dans une famille maronite, fille d’un militaire francophone et d’une mère paysanne, dans le village de Bcharré, berceau du poète Khalil Gibran. Sœur aînée de la romancière May Menassa, elle étudie les lettres à l’École supérieure de lettres de Beyrouth. Son premier recueil de poèmes, Les Visages inachevés, paraît en 1966, suivi de Terres stagnantes en 1967. En 1971, elle publie son premier roman, Les Inadaptés. En 1972, elle s’installe à Paris après son mariage avec le médecin et chercheur Jean Ghata. Elle fuit ensuite les ravages de la guerre civile libanaise, qui éclate en 1975.
Au cours de sa carrière, Vénus Khoury-Ghata produit une quarantaine de romans et recueils de poésie, explorant des thèmes comme l’exil, la mémoire, la guerre, l’identité et la condition féminine. Ses romans incluent Le Fils empaillé (1980), Vacarme pour une lune morte (1983), Mortemaison (1986), Bayarmine (1988), La Maîtresse du notable (1992), Une maison au bord des larmes (1998), Sept Pierres pour la femme adultère (2007), La fiancée était à dos d’âne (2013) – lauréat du Prix Renaudot du livre de poche en 2015 –, et Les Derniers Jours de Mandelstam (2016), primé par le Prix Geneviève-Moll de la biographie en 2017. Parmi ses publications récentes figurent Ce qui reste des hommes (2021) et Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga (2019).
En poésie, son style lyrique et baroque, influencé par ses racines orientales, traite de la perte et de l’exil. Des recueils notables incluent Les Ombres et leurs cris (1979), récompensé par le Prix Guillaume-Apollinaire en 1980, Monologue du mort (1986), Anthologie personnelle (1997), Compassion des pierres (2001), Les Obscurcis (2008), Où vont les arbres ? (2011) – Prix de poésie Pierrette-Micheloud en 2012 –, et Demande à l’obscurité (2020). Elle signe aussi des ouvrages pour enfants, comme Leçon d’arithmétique au grillon (1987) ou À quoi sert la neige ? (2009). Ses derniers travaux comprennent Désarroi des âmes errantes (2024) et Qui parle au nom du jasmin (2025).
Vénus Khoury-Ghata reçoit de nombreuses distinctions : le Grand prix de poésie de l’Académie française en 2009, le Prix Goncourt de la poésie en 2011, le Prix littéraire Prince Pierre de Monaco en 2022, et le Prix Ganzo la même année. Nommée Chevalière de la Légion d’honneur en 2000, elle est promue Officière en 2010 et Commandeur en 2017. Elle devient Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2022 et Grande officière de l’Ordre national du Mérite en 2023. Membre de l’Académie Mallarmé et du Parlement des écrivaines francophones depuis 2018, elle préside le jury du grand prix national de la poésie en 2017 et rejoint les Jeux floraux en 2022 comme Maître ès Jeux.
Influencée par son enfance à Bcharré et les traumatismes de la guerre du Liban, son œuvre fusionne héritage oriental et expression francophone, offrant une méditation sur la résilience et l’exil. Vénus Khoury-Ghata laisse un héritage littéraire qui inspirera les générations futures. Les détails sur ses funérailles et les hommages officiels sont attendus dans les prochains jours.



