2 novembre 2026
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Israël : des marches pour une coalition judéo-arabe

Une coalition judéo-arabe : c’est la demande portée par des manifestants le 31 octobre à Tel-Aviv, Jérusalem et dans plusieurs villes israéliennes. Standing Together cherche à convaincre l’opposition de coopérer avec les partis arabes pour remplacer Netanyahu. Ensemble, leurs élus dépasseraient le seuil de la majorité absolue, sans accord politique acquis. Les divergences sur les formes de soutien persistent. À Tel-Aviv, une contre-manifestation a rejeté ce partenariat, avant les consultations présidentielles qui doivent débuter le 4 novembre.

Archives — Stand du mouvement Standing Together à Haïfa, le 29 juillet 2023, lors des manifestations contre la réforme judiciaire. Photo : Hanay / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Cette image ne représente pas le rassemblement du 31 octobre 2026. Couverture : Des marches pour une coalition judéo-arabe
Archives — Stand du mouvement Standing Together à Haïfa, le 29 juillet 2023, lors des manifestations contre la réforme judiciaire. Photo : Hanay / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Cette image ne représente pas le rassemblement du 31 octobre 2026. Crédit : Hanay / Wikimedia Commons • CC BY-SA 3.0. Habillage graphique classique Libnanews, redimensionnement proportionnel seulement, intégralité du cadre photographique conservée, sans recadrage, filtre, génération ni texte superposé à la photo. Orientation EXIF respectée.

Des manifestants ont défilé samedi 31 octobre à Tel-Aviv et dans plusieurs villes israéliennes pour réclamer une coalition judéo-arabe. Leur demande vise les dirigeants de l’opposition : transformer les résultats des législatives en majorité capable de remplacer Benjamin Netanyahu. La mobilisation défend une participation politique que plusieurs formations continuent de refuser.

À Tel-Aviv, une coalition judéo-arabe réclamée dans la rue

Le rassemblement a commencé place Habima, au centre de Tel-Aviv. Les participants ont ensuite rejoint la place Rabin par l’artère Ibn Gabirol. Selon un média israélien, environ 2 000 personnes ont pris part au cortège. Une agence de presse avait fait état d’environ 500 participants au rassemblement. Ces comptages, réalisés dans des conditions différentes, ne constituent pas un bilan national.

Le mouvement de gauche judéo-arabe Standing Together a conduit la mobilisation. Des tambours accompagnaient les marcheurs. Les pancartes associaient changement de gouvernement et égalité, tandis que des slogans en hébreu et en arabe affirmaient le refus de l’hostilité entre les deux populations. L’un d’eux proclamait : « Non au racisme, oui au partenariat ».

À Jérusalem, des participants se sont réunis place de Paris. Des rassemblements ont également eu lieu à Haïfa. D’autres mobilisations, rapportées par une agence citant la presse israélienne, se sont tenues à Beersheba et près de Tira et Tayibe. L’ampleur de ces derniers rassemblements ne permet pas d’établir une mobilisation nationale massive.

Une demande adressée aux opposants à Netanyahu

Les manifestants ne demandaient pas seulement le départ du premier ministre. Ils appelaient les formations opposées à son maintien à coopérer avec Ra’am et la Liste commune. Sur certaines pancartes, l’injonction de former un gouvernement accompagnait l’affirmation que les électeurs avaient déjà apporté les voix nécessaires au changement.

Avant les rassemblements, Standing Together avait présenté cette coopération comme la traduction politique du scrutin. Dans un appel relayé par la presse israélienne, le mouvement insistait sur l’égale valeur des suffrages arabes et juifs. Il réclamait une participation pleine des citoyens arabes aux décisions sur l’avenir du pays. Les organisateurs cherchaient ainsi à déplacer le débat : non plus seulement compter ces voix, mais accepter les partenaires qu’elles ont élus.

Ce message a trouvé une expression concrète parmi les participants. Une psychologue de 60 ans interrogée à Tel-Aviv par une agence de presse a défendu le droit de la communauté arabe à participer à la vie politique. À Jérusalem, une artiste demandait aux chefs de l’opposition de faire preuve de courage. Ces témoignages décrivent les attentes de manifestantes, pas une position unanime de la société israélienne.

Les 67 sièges ne constituent pas un accord

Les résultats des législatives du 27 octobre expliquent cette pression. Le camp de Netanyahu dispose de 53 sièges sur 120. Les formations de l’opposition à majorité juive en détiennent 48, contre 19 pour les listes arabes. Leur addition atteint 67 députés, au-delà du seuil de 61 qui permet de réunir une majorité absolue. Mais cette addition ne vaut pas engagement à gouverner ensemble.

La revendication de la rue se heurte précisément à cette différence. Yair Golan, chef des Démocrates, soutient un gouvernement appuyé par les partis arabes. Avigdor Liberman, dirigeant de Yisrael Beitenu, refuse au contraire une alliance qui dépendrait de leur soutien, même extérieur. Les manifestants demandent donc un changement de position à une partie des responsables dont ils espèrent l’accord.

Les modalités restent elles aussi distinctes. Ra’am se dit disposé à participer à une coalition. La Liste commune envisage un soutien parlementaire sans entrée au gouvernement. Recommander un candidat au président, soutenir un cabinet à la Knesset et accepter des responsabilités ministérielles sont trois engagements différents. Les rassemblements réclament un partenariat ; ils n’établissent pas que ses conditions seraient déjà négociées.

Une contre-manifestation hostile au partenariat

À Habima, des soutiens de Netanyahu ont organisé un rassemblement concurrent. Des participants ont rejeté la coopération avec les formations arabes et réclamé de nouvelles élections, selon une agence de presse. La police avait prévu des espaces séparés. Des militants de droite sont néanmoins arrivés dans la zone réservée au rassemblement favorable au partenariat, rapporte cette même source.

Les accusations de scrutin volé exprimées dans ce camp restent des accusations. Les autorités électorales ont indiqué que les résultats demeuraient valides malgré les investigations sur des soupçons de financement. Cette distinction importe : contester une alliance possible n’établit aucune irrégularité susceptible d’annuler le vote.

La prochaine étape se jouera auprès du président Isaac Herzog. Les consultations avec les formations élues doivent commencer mercredi 4 novembre. Les manifestants auront alors un premier indicateur de la réponse des partis : leur choix du candidat appelé à tenter de former un gouvernement, avant toute négociation aboutie sur sa composition.

Sources

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