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Journalistes visés au Sud-Liban, nouvelle alerte et 2 morts pour le moment

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Le Sud-Liban vient de connaître une nouvelle attaque contre la presse, dans un contexte où les journalistes figurent déjà parmi les professions civiles les plus exposées de cette guerre. Ce samedi 28 mars, plusieurs médias libanais ont rapporté la mort de deux journalistes dans une frappe israélienne ayant visé une voiture sur la route de Jezzine, au sud du Liban. Les noms qui reviennent dans les premiers comptes rendus sont ceux d’Ali Shoeib, correspondant d’Al-Manar et voix connue de la couverture du front sud, et de Fatima Ftouni, présentée comme correspondante d’Al-Mayadeen. À cette heure, les informations locales convergent sur leur mort, mais les circonstances exactes, le nombre total de victimes dans le véhicule et l’éventuelle présence d’autres membres d’équipe restaient encore en cours de consolidation en début d’après-midi.  

La prudence s’impose d’autant plus que la séquence est très récente. Les premiers éléments disponibles évoquent une frappe sur un véhicule circulant dans la région de Jezzine. Des médias libanais ont parlé d’un ciblage direct d’une équipe de presse, tandis que d’autres ont indiqué que les deux journalistes se trouvaient dans une voiture frappée au moment où ils couvraient les développements militaires dans le Sud. Il n’existait pas encore, au moment de rédaction de cet article, de commentaire public détaillé de l’armée israélienne sur cette frappe précise. Le caractère encore fragmentaire des informations n’empêche pas un constat immédiat : en moins de deux semaines, plusieurs journalistes ont déjà été tués au Liban, et la nouvelle frappe de Jezzine renforce l’impression d’une profession désormais prise dans l’axe même des opérations.  

Ali Shoeib et Fatima Ftouni, deux visages très connus du front sud

La portée symbolique de cette attaque tient aussi aux profils des journalistes cités. Ali Shoeib n’était pas un nom secondaire dans le paysage médiatique libanais. Correspondant de terrain dans le Sud, il suivait depuis longtemps les affrontements à la frontière et apparaissait régulièrement dans les comptes rendus liés aux frappes, aux destructions de villages et aux mouvements militaires israéliens. Son nom avait déjà été associé, en 2024, à l’attaque meurtrière de Hasbaya contre un groupe de journalistes, dont il avait réchappé alors qu’un cameraman travaillant avec lui avait été tué. Sa mort, si elle est confirmée dans les mêmes termes par l’ensemble des sources dans les prochaines heures, marquerait donc l’élimination d’un reporter identifié depuis longtemps comme l’un des principaux chroniqueurs de la guerre au Sud-Liban.  

Fatima Ftouni, présentée par plusieurs médias comme correspondante d’Al-Mayadeen, appartenait elle aussi à cette génération de journalistes de terrain qui couvraient directement les attaques, les villages bombardés et les suites humanitaires des frappes. Son nom est apparu dans les premières informations locales publiées après l’attaque de Jezzine. Là encore, les éléments biographiques détaillés restaient encore peu nombreux au moment où les premières dépêches sont tombées. Mais l’essentiel est ailleurs : les deux victimes annoncées faisaient partie de médias très présents sur le terrain sud-libanais et très directement engagés dans la couverture du conflit. Ce point compte, car il signifie que les journalistes visés n’étaient pas des figures éloignées du terrain, mais des reporters suivant au plus près les opérations militaires.  

Une séquence qui s’inscrit dans une série déjà lourde

L’attaque de Jezzine ne survient pas sur une page blanche. Ces derniers jours, au moins deux autres journalistes ont déjà été tués au Liban dans des frappes israéliennes. Le 26 mars, le photojournaliste Hussain Hamood a été tué à Nabatiyé alors qu’il couvrait un raid israélien sur la ville, selon le Committee to Protect Journalists, qui a demandé une enquête impartiale. Le CPJ précise que le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a dénoncé sa mort et évoqué un ciblage des journalistes au Liban. L’organisation ajoute que Hamood est mort une semaine après la mort du journaliste Mohammed Sherri, lui aussi lié à Al-Manar, tué avec son épouse dans une frappe israélienne sur Beyrouth-centre le 18 mars.  

Ces deux cas avaient déjà alimenté une forte inquiétude dans les milieux de la presse. Hussain Hamood a été présenté par NNA comme un photographe de presse originaire de Yahmar al-Chqif, tué à l’aube dans une frappe sur Nabatiyé. Paul Morcos avait alors parlé d’un nouveau dépassement du droit international et appelé la communauté internationale à agir. Dans le cas de Mohammed Sherri, l’International Federation of Journalists avait dénoncé une frappe sur un immeuble résidentiel du centre de Beyrouth et demandé des comptes. L’addition de ces morts successives, puis l’annonce aujourd’hui de la mort d’Ali Shoeib et de Fatima Ftouni, dessine une séquence d’escalade très préoccupante pour les rédactions libanaises.  

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