dimanche, janvier 25, 2026

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La disparition de Sabah : un héritage musical et culturel inaltéré

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Il y a dix ans, le 26 novembre 2014, le Liban perdait l’une de ses icônes les plus emblématiques : Sabah, la diva légendaire de la chanson arabe. Celle que l’on surnommait « Shahroura » (la chanteuse des montagnes) laisse derrière elle un héritage immense, non seulement en tant qu’artiste, mais aussi en tant que figure centrale de la culture libanaise. Sabah n’était pas seulement une chanteuse populaire, elle incarnait l’âme et la résilience d’un Liban qui, au-delà des épreuves, continuait de rayonner par la musique et la culture.

Un parcours exceptionnel

Née le 10 novembre 1927 sous le nom de Jeanette Gergis al-Feghali dans un village libanais, Sabah débute sa carrière dans les années 1940, à une époque où la scène musicale arabe était dominée par des géants comme Fairouz, Oum Kalthoum ou Abdel Halim Hafez. Pourtant, elle parvient à s’imposer avec une voix puissante, un charisme inégalé et un talent de performer qui la rendront incontournable dans le monde entier.

C’est en 1943, après avoir chanté pour la première fois sur scène à l’âge de 16 ans, que sa carrière prend un tournant décisif. Elle signe alors un contrat avec la célèbre maison de production libanaise « Phonograph » et sort ses premières chansons. Celles-ci rencontrent rapidement un immense succès, ce qui lui permet de se faire un nom au-delà des frontières du Liban. Sabah est rapidement perçue comme l’une des plus grandes voix de la chanson arabe, au même titre que ses contemporains.

Au fil des années, Sabah enchaîne les tubes, collaborant avec les plus grands compositeurs et auteurs arabes. Ses chansons, souvent empreintes d’une joie de vivre, sont des hymnes à l’amour, à la liberté et à la beauté. Des titres comme « Zay el Hawa », « Ahebbek » ou « Mabrouk » résonnent encore aujourd’hui dans le cœur des Libanais et des mélomanes du monde entier.

La star de la scène arabe

Sabah, de par sa longévité et son succès, devient l’une des figures de proue de la musique arabe au même titre qu’Oum Kalthoum ou Abdel Halim Hafez. Mais elle se distingue de ses collègues par sa capacité à renouveler son style musical et son image. En effet, alors que d’autres artistes se cantonnent à un genre particulier, Sabah se fait connaître pour sa polyvalence, qui la mène à travers différents styles musicaux : la musique traditionnelle arabe, mais aussi la musique légère, la comédie musicale et même le cinéma.

Dans les années 1950, elle connaît également une carrière cinématographique à succès, tournée principalement en Égypte. Sabah devient une star incontestée du cinéma arabe, avec une série de films à succès dans lesquels elle incarne souvent des personnages d’une grande sensualité et d’une forte personnalité. Elle joue aux côtés de certaines des plus grandes stars du cinéma arabe, comme Farid El Atrache, Adel Imam et Faten Hamama, consolidant ainsi son statut d’icône de la culture arabe.

Sabah possède également une réputation d’artiste d’une grande modernité, ce qui fait d’elle l’une des premières chanteuses arabes à s’approprier des éléments de la pop culture. Sa capacité à se réinventer au fil des décennies lui permet de rester une star, même dans des périodes de bouleversements politiques et sociaux. Ainsi, elle traverse les époques sans jamais se laisser éclipser par les modes du moment.

Un personnage complexe et emblématique

Sabah, c’était aussi une femme complexe et passionnée. Si ses chansons évoquent l’amour, la joie et la liberté, sa vie personnelle, elle, était marquée par les tumultes et les épreuves. Mariée plusieurs fois, Sabah connaît des relations parfois houleuses et tumultueuses, qui alimentent les spéculations et la fascination des médias. Mais, paradoxalement, cette complexité fait partie de son charme. Elle est une femme libre, qui ne se laisse pas définir par son passé, et dont la carrière semble être une quête incessante de nouveauté, de bonheur et de création.

Son image de femme libérée se mêle à celle de la diva intransigeante, du phénix qui renaît sans cesse. Sabah n’a jamais eu peur de s’afficher comme une personnalité forte et déterminée, capable de bousculer les codes de la société. Elle est à la fois une figure du Liban moderne et une incarnation du patrimoine musical arabe, une artiste qui transcende les frontières et les genres.

La fin d’une époque

Le 26 novembre 2014, après une vie de succès ininterrompus, Sabah disparaît à l’âge de 87 ans, laissant le Liban orphelin de l’une de ses plus grandes voix. La perte est immense, non seulement pour la musique arabe, mais aussi pour la culture libanaise dans son ensemble. Sabah incarne l’esprit d’une époque où le Liban rayonnait culturellement et où l’art était un moyen d’expression de la vitalité et de la créativité du pays.

Son décès suscite une immense émotion au Liban et dans le monde arabe. Des milliers de Libanais se rendent à son enterrement à Beyrouth, où sa dépouille repose désormais près de celle de ses collègues de la scène musicale. Le Liban perd l’une de ses icônes, une femme qui a marqué l’histoire de la musique arabe et qui restera à jamais gravée dans les mémoires.

Un héritage éternel

Même dix ans après sa disparition, l’empreinte de Sabah reste indélébile dans la musique arabe et dans la mémoire collective du Liban. Ses chansons continuent d’être écoutées, ses films sont toujours diffusés à la télévision, et ses performances restent des modèles pour les artistes de la nouvelle génération. Sabah est une légende qui ne s’efface jamais, et qui inspire encore de nombreux jeunes talents à se lancer dans la musique.

De plus, son héritage dépasse la simple sphère musicale. Sabah, par sa personnalité et sa carrière, incarne aussi la liberté et la résilience du Liban face aux épreuves. Elle a su, tout au long de sa vie, être un modèle de détermination et de réussite, tout en représentant l’image d’un Liban tourné vers l’avenir, un pays dont les artistes sont porteurs d’une tradition culturelle mais aussi d’une vision moderne du monde.

Les anniversaires de sa disparition sont ainsi l’occasion de rappeler à quel point elle a marqué la culture libanaise. Que ce soit à travers ses chansons ou son charisme inimitable, Sabah a réussi à toucher les cœurs et à laisser une marque indélébile dans l’histoire de la musique et du cinéma arabe. Aujourd’hui, dix ans après sa disparition, elle reste un symbole, un modèle de beauté, de talent et de résilience qui inspire toujours et qui continuera de rayonner pendant de nombreuses années encore.

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Newsdesk Libnanews
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