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La restructuration forcée du secteur bancaire libanais et accélérée par la crise économique

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Depuis novembre 2019, le secteur bancaire libanais est plongé dans un état de défaut technique. Les banques sont incapables de répondre aux demandes de leurs clients, en particulier pour les retraits de devises étrangères. Cette situation résulte de la crise économique profonde, qui a également provoqué une réduction massive des agences bancaires, des effectifs et des infrastructures électroniques entre 2020 et 2023.

Évolution des agences bancaires et des infrastructures

IndicateursDécembre 2020Décembre 2023Variation
Agences bancaires (total)992695-30 %
Agences à Beyrouth et banlieues524365-31 %
Succursales étrangères7346-37 %
Distributeurs automatiques (DAB)1 8741 244-33 %
Points de vente électroniques33 44220 802-38 %

Le tableau ci-dessus illustre la contraction du réseau bancaire libanais. Les fermetures massives d’agences, en particulier à Beyrouth et ses environs, traduisent une stratégie de réduction des coûts face à une pénurie de liquidités et à une perte de confiance des déposants. La fermeture des succursales étrangères est également un indicateur du recentrage des banques sur leurs activités nationales en crise.

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Impact sur l’emploi dans le secteur bancaire

Catégorie d’emplois20202023Variation
Total des employés21 36613 848-35 %
Postes techniques et exécutifs19 80012 700-36 %
Direction générale203178-12 %

Le tableau ci-dessus montre que la réduction des effectifs s’est concentrée sur les postes opérationnels et techniques, tandis que la direction générale a été relativement épargnée. Cette asymétrie révèle un déséquilibre dans la gestion de la crise, les employés de rang inférieur subissant l’essentiel des suppressions de postes.

Baisse des paiements électroniques et exclusion financière

IndicateursQ4 2020Q4 2023Variation
Cartes de crédit résidentes350 39961 995-82 %
Cartes de débit résidentes1 576 0001 054 000-33 %
DAB (réseau national)1 8741 244-33 %

Cette réduction de l’utilisation des cartes de paiement et des DAB traduit la méfiance croissante envers le système bancaire et l’inflation, qui réduit la capacité des citoyens à utiliser des moyens de paiement électroniques. Le recours accru aux espèces exacerbe l’exclusion financière, en particulier dans les régions rurales, où l’accès aux infrastructures bancaires est limité.

Analyse critique d’une restructuration forcée

La contraction du secteur bancaire libanais n’est pas le fruit d’une stratégie proactive, mais d’une restructuration imposée par une crise systémique. Plusieurs éléments soulignent les insuffisances de cette approche :

  1. Absence de plan global de restructuration
    Les banques ont réduit leurs opérations de manière désordonnée, en fermant des agences et en supprimant des postes sans coordination nationale. Ce manque de stratégie empêche toute reconstruction durable du système bancaire.
  2. Impact sur les déposants
    Depuis 2019, les déposants subissent des restrictions sévères sur leurs retraits. Ces mesures, combinées à l’effondrement du secteur, ont détruit la confiance dans les banques. La réduction des infrastructures bancaires accentue encore ce problème.
  3. Inégalité dans la restructuration
    Les suppressions de postes ont principalement touché les employés de rang inférieur, tandis que les cadres dirigeants ont été relativement épargnés. Cette inégalité aggrave les tensions sociales dans un contexte économique déjà difficile.
  4. Échec à restaurer la confiance
    L’effondrement de l’utilisation des cartes de paiement et des services électroniques montre que les citoyens se détournent du système bancaire formel. Restaurer la confiance dans les banques nécessite des réformes structurelles et une meilleure communication avec le public.
  5. Conséquences sur l’économie réelle
    L’exclusion financière croissante, en particulier dans les régions rurales, entrave le développement économique. Les PME, qui dépendent des financements bancaires, sont également affectées par la contraction du secteur.

Perspectives pour un plan de restructuration

Pour stabiliser le secteur bancaire, un plan de restructuration coordonné et adapté au contexte de crise est essentiel. Celui-ci devrait inclure :

  • Un audit transparent des banques afin de mesurer l’étendue des pertes et d’identifier les besoins en capital.
  • Un mécanisme de recapitalisation qui répartit équitablement les coûts entre les actionnaires, les créanciers et les déposants.
  • La numérisation des services bancaires, pour compenser la réduction des infrastructures physiques et élargir l’accès aux services financiers.
  • Des mesures pour protéger les petits déposants, afin de restaurer la confiance dans le système.
  • Un soutien aux régions rurales, avec des solutions innovantes telles que des agences mobiles ou des partenariats public-privé pour élargir l’accès financier.

La situation actuelle nécessite une intervention proactive des autorités, soutenue par des partenaires internationaux, pour éviter une déconnexion totale entre le système bancaire et l’économie libanaise.

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Newsdesk Libnanews
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