Les contrôleurs de la Protection du consommateur ont annoncé, vendredi 6 novembre, une grève ouverte à partir du lundi 9 novembre 2026. Le mouvement doit toucher les services de la direction à Beyrouth et dans les gouvernorats. Les agents annoncent aussi la fermeture des centres de métrologie et la suspension du travail de leurs bureaux dans les ports. Ils réclament leur titularisation, après près de dix-sept années de service selon leur communiqué.
La grève des contrôleurs interviendrait dans une administration chargée de surveiller les marchés, les prix et la conformité des produits. À ce stade, il s’agit d’un mouvement annoncé. Son ampleur effective et ses conséquences sur chaque service devront être constatées à partir de lundi.
Une grève des contrôleurs annoncée dans tout le pays
Le communiqué vise l’ensemble des sections de la Direction de la protection du consommateur, dans la capitale et les régions. Les agents prévoient un arrêt sans date de fin. Ils lient sa levée à une solution concernant leur situation professionnelle.
Deux activités figurent expressément dans leur annonce : les centres de contrôle des poids et mesures, et les bureaux de la direction dans les ports. Le texte ne décrit toutefois pas les modalités pratiques de cet arrêt. Il ne précise ni les effectifs mobilisés ni l’organisation éventuelle d’un service minimum.
Cette portée doit rester distincte de celle du commerce lui-même. Les agents n’annoncent pas une fermeture des magasins ou des ports. Leur mouvement concerne le travail des services de la Protection du consommateur. Il serait donc prématuré d’en déduire un arrêt général des importations ou de la distribution.
Une titularisation attendue depuis près de dix-sept ans
Les signataires expliquent avoir intégré l’administration après des concours du Conseil de la fonction publique. Ils occupent des fonctions de contrôleurs adjoints. Selon eux, leur recrutement s’accompagnait d’une promesse de titularisation après trois années d’expérience.
Ils affirment avoir désormais accompli près de dix-sept années de service sans obtenir cette régularisation. Ils disent exercer les mêmes tâches que leurs collègues titulaires. Leur demande porte ainsi sur la stabilité de leur emploi et les droits associés à leur statut.
Les agents mettent aussi en avant leurs qualifications. Le communiqué mentionne des licences, des masters et des doctorats. Les spécialités citées comprennent l’ingénierie, le droit, la physique et la nutrition. À ces diplômes s’ajouteraient des formations suivies au Liban et à l’étranger.
Ils rappellent avoir poursuivi leurs missions pendant les guerres, les crises économiques et sécuritaires et la pandémie de Covid-19. Selon leur récit, cette continuité n’a pas donné lieu à des compensations supplémentaires correspondant aux efforts fournis. Ces éléments constituent les arguments avancés par les agents pour obtenir la titularisation qu’ils réclament.
Le litige suit le parcours d’un texte législatif
Les contrôleurs rattachent leur revendication au projet de loi sur la protection du consommateur préparé par le ministère de l’Économie. D’après leur communiqué, une disposition réglant leur situation avait intégré ce texte. Ils indiquent qu’elle avait franchi plusieurs étapes parlementaires, jusqu’à son adoption en séance plénière.
Ils évoquent ensuite le renvoi de la loi par le président de la République. Selon eux, un travail a suivi pour répondre aux observations formulées, par des modifications ou des explications juridiques. Ils craignent maintenant un nouveau report ou l’abandon de la disposition qui les concerne.
Cette présentation reste celle des signataires. Leur communiqué ne fournit pas le détail des observations présidentielles ni le texte consolidé de la disposition litigieuse. Il ne permet donc pas, à lui seul, de décrire précisément le désaccord juridique ou son issue parlementaire.
Les agents défendent néanmoins un principe : leur demande ne constituerait pas une faveur accordée hors des procédures de recrutement. Ils soulignent leur passage par les concours de la fonction publique et la durée de leurs services. Ils demandent que ces éléments débouchent sur une régularisation effective.
Des missions de contrôle déjà sous pression
Le ministère de l’Économie a récemment décrit l’activité des équipes chargées de la surveillance des marchés. Dans un bilan publié le 29 octobre, il faisait état d’environ 20 000 inspections depuis le début de l’année. Il mentionnait également le suivi de plus de 2 000 plaintes, avec une équipe d’environ 70 contrôleurs dans les différentes régions.
Ces chiffres concernent l’activité générale présentée par le ministère. Ils ne donnent pas le nombre d’agents qui participeront à la grève. Ils ne permettent pas davantage de mesurer à l’avance la part des contrôles susceptible d’être suspendue.
Le ministre Amer Bissat avait alors rappelé plusieurs priorités : conformité des denrées, contrôle des prix et respect des règles applicables aux générateurs. Il avait aussi insisté sur les compteurs et les tarifs officiels. Le ministère invitait les citoyens à transmettre leurs plaintes par l’application MoET Digital Services.
Ce rappel souligne la diversité des dossiers suivis par la direction. Une éventuelle interruption devra être appréciée service par service. L’existence d’un canal numérique ne renseigne pas, à elle seule, sur la capacité de traitement des réclamations pendant le mouvement.
Un engagement écrit pourrait ouvrir une issue
Les contrôleurs présentent deux conditions possibles à la fin du mouvement. La première est l’adoption de la disposition assurant leur titularisation et la régularisation de leur situation. La seconde est un engagement officiel clair, assorti d’un calendrier sérieux et public pour conduire cette démarche à son terme.
Ils demandent que ce calendrier couvre le passage du dossier devant la commission parlementaire compétente et le Parlement. Ils ne fixent pas, dans leur annonce, de délai supplémentaire avant le début de la grève. L’échéance annoncée reste donc le lundi 9 novembre.
Les signataires affirment que leur action ne vise ni les citoyens ni leurs droits. Ils établissent un lien entre la sécurité professionnelle des agents et la qualité du service public. À leurs yeux, surveiller la sécurité alimentaire et les marchés suppose aussi de garantir un statut stable aux personnels chargés de ces tâches.
Leur communiqué laisse la porte ouverte à une intervention des responsables concernés. Les points à suivre avant lundi sont désormais concrets : un éventuel engagement officiel, son calendrier et les modalités de fonctionnement des bureaux portuaires et des centres de métrologie.


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