Une attaque meurtrière à Cantine, dans l’est de la République démocratique du Congo, a fait au moins 33 morts parmi les civils. Ce bilan provisoire a été communiqué vendredi 6 novembre par des responsables de la société civile. L’assaut, attribué aux Forces démocratiques alliées (ADF), a aussi provoqué la fuite de patients suivis pour Ebola.
Les hommes armés ont frappé dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre. Cantine, également appelée Cantine-Aloya, se trouve dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Des habitations et des commerces ont brûlé. Des habitants ont quitté la localité pour chercher refuge ailleurs dans la province.
Une attaque meurtrière à Cantine au bilan provisoire
Justin Paluku, responsable local de la société civile, a fait état de 33 corps recensés et de plus de 50 maisons incendiées. Tchetche Aliamini, un autre représentant des forces vives locales, a également rapporté la découverte de 33 victimes. Ces décomptes ont été relayés vendredi par plusieurs médias et agences de presse.
Le nombre définitif de morts reste toutefois à établir. Le colonel Charles Omeonga, administrateur du territoire de Beni, a confirmé des meurtres de civils et des incendies attribués aux ADF. Il a précisé que les fortes pluies compliquaient les opérations militaires et les investigations.
Les informations disponibles ne permettent donc pas de présenter les 33 morts comme un bilan officiel clos. Des sources locales signalent aussi des victimes dans les quartiers et secteurs voisins. Les recherches doivent encore préciser l’étendue des pertes humaines.
La presse locale rapporte la destruction de maisons, de motos et d’un véhicule. Elle décrit des départs vers Beni et Butembo. L’administrateur du territoire s’est rendu à Cantine vendredi pour constater la situation.
Des patients quittent l’hôpital sous la menace
L’attaque a touché une zone confrontée à l’épidémie d’Ebola. Christian Kakule, directeur médical du centre hospitalier Kelekele de Cantine, a indiqué à une agence de presse que 180 patients avaient fui. Parmi eux figuraient des cas suspects et une personne dont l’infection avait été confirmée. Il a signalé des tirs et des maisons en feu à une cinquantaine de mètres de l’établissement.
Dans un autre témoignage à la presse, le médecin a précisé qu’un patient confirmé et cinq cas suspects avaient quitté les lieux. Ce second décompte concerne les personnes suivies pour Ebola, pas l’ensemble des patients de l’hôpital.
La dispersion de personnes placées sous surveillance inquiète l’équipe soignante. Elle complique leur prise en charge et le suivi des contacts. Le médecin redoute une transmission supplémentaire. À ce stade, ce risque ne constitue pas la confirmation de nouvelles contaminations causées par l’attaque.
Les déplacés confrontés à l’insécurité et à Ebola
La société civile de Baswagha-Lubena a lancé vendredi un appel aux habitants qui avaient fui Cantine. Elle leur demande de respecter les mesures de prévention contre Ebola pendant leur déplacement. Son président, Tchetche Aliamini, a déploré les conditions dans lesquelles la population quittait la zone.
Les radios locales décrivent un afflux de personnes sur les routes. Un habitant interrogé anonymement a aussi signalé des prix de transport à moto variables vers Beni et Butembo. Ces mouvements ajoutent une difficulté immédiate pour les familles qui cherchent un lieu sûr.
Le Nord-Kivu fait partie des principaux foyers de l’épidémie. Les autorités congolaises ont enregistré plus de 10 000 infections et plus de 5 000 décès dans le pays depuis sa déclaration en mai. L’insécurité entrave déjà le travail des soignants.
À Cantine, les prochaines informations attendues concernent le bilan consolidé de l’attaque, la localisation des patients partis de l’hôpital et les conditions d’un retour sécurisé des habitants.
Crédit de l’illustration
Photographie d’archives : patrouille de la MONUSCO près de Beni en 2015. Elle ne représente pas l’attaque de novembre 2026. Photo : MONUSCO / Myriam Asmani. Recadrage et titrage Libnanews, sous licence CC BY-SA 2.0. Photographie originale.


Commentaires