Huit pays de l’OPEP+ ont annoncé une hausse de leur production de 206 000 barils par jour à partir de mai 2026. Sur le papier, la décision marque une nouvelle étape dans l’assouplissement des coupes volontaires engagées depuis 2023. Mais dans le contexte actuel, dominé par la guerre autour de l’Iran et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, cette augmentation apparaît surtout comme un signal politique adressé aux marchés.
Huit membres de l’alliance, à savoir l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman, ont arrêté cette décision lors d’une réunion virtuelle consacrée à l’état du marché pétrolier mondial et à ses perspectives. Dans leur communiqué, ces pays ont réaffirmé leur volonté commune de soutenir la stabilité du marché et de poursuivre l’ajustement progressif des réductions volontaires supplémentaires annoncées en 2023.
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Dans le détail, l’augmentation de 206 000 barils par jour s’inscrit dans le cadre du volume plus large de 1,65 million de barils par jour de réductions volontaires additionnelles annoncées en avril 2023. L’organisation précise que ce volume global peut être réintroduit partiellement ou totalement sur le marché, de façon graduelle, selon l’évolution des conditions mondiales.
Mais la portée immédiate de cette annonce doit être relativisée. Depuis plusieurs jours, le marché pétrolier est bouleversé par la guerre autour de l’Iran et par les perturbations qui touchent le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe. Reuters souligne que cette crise a gravement réduit les flux de brut de plusieurs producteurs clés et poussé les cours vers des niveaux inédits depuis plusieurs années. Dans ces conditions, la hausse annoncée par l’OPEP+ reste pour l’instant largement théorique, car plusieurs pays n’ont pas la capacité logistique d’augmenter rapidement leurs livraisons tant que les routes maritimes restent sous pression.
L’annonce revêt donc une dimension avant tout stratégique. Elle permet à l’OPEP+ de montrer qu’elle reste prête à agir sur l’offre mondiale, même dans une phase de forte instabilité géopolitique. Elle envoie aussi un message aux grands consommateurs : l’alliance veut apparaître comme un facteur de stabilisation, alors même que les tensions militaires, les dégâts sur certaines infrastructures énergétiques régionales et les incertitudes sur Ormuz entretiennent une forte nervosité sur les marchés.
Autrement dit, la décision n’est pas neutre, mais elle ne suffira pas, à elle seule, à détendre durablement le marché. Tant que les conditions de transport dans le Golfe resteront dégradées, la hausse de production décidée pour mai risque de demeurer davantage une capacité affichée qu’un volume réellement injecté dans le commerce mondial. Le prochain rendez-vous de l’alliance sera donc observé de près, alors que les opérateurs cherchent surtout à savoir si les exportations du Golfe pourront retrouver un rythme plus normal dans les semaines à venir.


