L’adhésion européenne du Monténégro se précise : le pays pourrait achever ses négociations avec l’Union européenne avant la fin de 2026. Cette perspective figure dans le paquet élargissement adopté mercredi 4 novembre par la Commission européenne. Le pays doit encore obtenir l’accord des États membres sur les dernières étapes. L’annonce rapproche Podgorica d’un traité d’adhésion, sans lui garantir une entrée dans l’Union à une date déterminée.
Le calendrier est désormais plus précis. Une signature du traité pourrait intervenir dès juin 2027, selon la presse d’agence. Les autorités monténégrines visent une adhésion en 2028. Cet objectif politique reste distinct de la décision européenne d’admission et des ratifications nécessaires. Le Monténégro, qui compte environ 630 000 habitants, ambitionne ainsi de devenir le vingt-huitième membre de l’Union.
Adhésion européenne du Monténégro : une étape décisive
L’évaluation du 4 novembre place le pays en tête des candidats les plus avancés. La Commission accompagne son rapport annuel de feuilles de route pour quatre pays : le Monténégro, l’Albanie, la Moldavie et l’Ukraine. Pour Podgorica, les travaux sur le futur traité ont déjà commencé. Les préparatifs financiers ont également progressé. Ces démarches accompagnent les négociations, mais ne remplacent pas les décisions qui restent à prendre.
La portée de cette avancée dépasse un simple changement de calendrier. L’Union n’avait plus été en situation de terminer des négociations avec un candidat depuis la clôture des discussions avec la Croatie en 2011. Le rapprochement monténégrin constitue donc un test concret du retour à un élargissement effectif. Les autres candidatures conservent leur propre rythme et leurs propres conditions.
Des négociations engagées depuis 2012
La candidature monténégrine remonte au 15 décembre 2008. Le pays a obtenu le statut de candidat en décembre 2010, avant l’ouverture des négociations en juin 2012. Le processus porte sur la reprise des règles communes européennes. Il examine les politiques publiques par chapitres, lors de conférences réunissant le candidat et les représentants des États membres.
À ce stade, les 33 chapitres de négociation sont ouverts et 21 sont provisoirement clos. La dernière conférence, le 12 octobre 2026, a permis de clore trois domaines : politique économique et monétaire, statistiques, politique sociale et emploi. Deux autres, la concurrence et l’union douanière, avaient franchi cette étape en juillet. Le Conseil a aussi créé, en avril, un groupe chargé de préparer le traité et les actes associés.
Un calendrier indicatif jusqu’en juin 2027
La feuille de route répartit les prochaines discussions entre novembre et décembre. L’énergie, les transports, la fiscalité, la circulation des marchandises et la sécurité alimentaire figurent dans la première séquence. La justice, les droits fondamentaux, l’environnement et les dispositions institutionnelles font partie des sujets prévus ensuite. L’ensemble reste soumis à l’accord du Conseil.
Après une éventuelle clôture en décembre, le texte du traité pourrait être finalisé au printemps 2027. La feuille de route envisage ensuite sa signature en juin. Elle précise que ces repères ne préjugent ni du résultat des discussions ni des décisions des institutions. Les traductions juridiques et les accords sur les dispositions financières ou transitoires doivent aussi aboutir.
La surveillance des engagements se poursuivrait jusqu’à l’adhésion. La Commission prévoit des évaluations régulières et des mesures correctrices en cas de difficultés. Elle envisage également une clause permettant de reporter l’entrée dans l’Union en dernier recours, si des reculs graves ne peuvent être corrigés autrement.
Les réformes doivent tenir dans la durée
Le rapport consacré au Monténégro relève une accélération des préparatifs. Quatorze chapitres ont été provisoirement clos pendant la période examinée. La Commission estime que tous les critères de clôture sont remplis. Cette appréciation technique favorable ne constitue toutefois pas, à elle seule, une décision des gouvernements européens.
Le texte souligne le rôle de la coopération entre les partis dans l’adoption des lois liées à l’intégration européenne. Des changements constitutionnels ont renforcé l’indépendance des conseils judiciaire et des procureurs, ainsi que celle de la banque centrale. Des postes vacants à la Cour constitutionnelle ont également été pourvus. La poursuite de ces efforts demeure nécessaire pour achever les préparatifs.
Le rapport conserve des réserves sur les méthodes de travail institutionnelles. La procédure législative repose encore largement sur l’urgence, notamment pour les textes liés à l’adhésion. Certains travaux restent aussi nécessaires sur les recommandations électorales internationales. La proximité d’une échéance ne dispense donc pas les autorités de consolider la qualité et l’application des réformes.
De la fin des négociations à l’entrée dans l’Union
Le processus européen distingue plusieurs décisions. Une fois les négociations terminées, la Commission se prononce sur la capacité du pays à devenir membre. Les États doivent ensuite approuver son admission à l’unanimité. Le Parlement européen doit également donner son consentement.
Le traité doit enfin être signé et ratifié par les États membres et par le pays candidat. La clôture des chapitres, la signature du traité et son entrée en vigueur ne sont donc pas interchangeables. Une date annoncée pour l’une de ces étapes ne fixe pas automatiquement les suivantes.
Pour le Monténégro, la prochaine échéance opérationnelle est plus proche : la Commission entend transmettre au Conseil les projets de positions communes encore nécessaires d’ici à la mi-novembre. Le Conseil doit encore approuver les étapes suivantes.


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