Dans un contexte marqué par des performances en demi-teinte pour l’équipe nationale libanaise de football, la Fédération libanaise de football (LFA) a annoncé, le 28 janvier 2026, la nomination de l’Algérien Madjid Bougherra au poste de sélectionneur. Cette décision, officialisée lors d’une réunion du comité exécutif de la fédération, succède au départ du Monténégrin Miodrag Radulovic, dont le bilan a été jugé insuffisant par les instances dirigeantes. Bougherra, ancien international algérien et vainqueur de la Coupe arabe 2021 en tant qu’entraîneur de la sélection A’ des Fennecs, apporte une expérience reconnue dans le football arabe et international.
La nomination a été confirmée par un communiqué de la LFA, indiquant que Bougherra prendra ses fonctions immédiatement. Cette annonce intervient après des négociations menées à Paris entre le technicien et les représentants de la fédération libanaise. Selon des déclarations rapportées par des médias spécialisés, Bougherra a été choisi pour sa capacité à gérer des équipes en reconstruction, un atout précieux pour une sélection libanaise confrontée à des défis structurels et sportifs persistants. L’ancien défenseur, qui a évolué dans des clubs comme les Glasgow Rangers et Charlton Athletic, avait précédemment dirigé des formations au Qatar et aux Émirats arabes unis, avant de revenir brièvement à la tête de la sélection locale algérienne.
Le départ de Radulovic s’explique par une série de résultats décevants accumulés depuis son arrivée en 2023. Sous sa direction, les Cèdres ont connu une campagne qualificative pour la Coupe du monde 2026 marquée par des contre-performances notables. Dans le groupe I de la deuxième phase des éliminatoires asiatiques, le Liban a terminé à la troisième place, derrière l’Australie et la Palestine, avec un bilan d’une victoire, trois nuls et deux défaites. Des matchs comme la défaite 5-0 contre l’Australie en mars 2024 ou le revers 2-0 face à la Palestine en juin 2024 ont mis en évidence des faiblesses défensives et un manque d’efficacité offensive. Au total, l’équipe a inscrit cinq buts pour huit encaissés lors de cette phase.
Plus récemment, l’élimination en barrages pour la Coupe arabe de la FIFA, avec une défaite 2-1 contre le Soudan le 26 novembre 2025 à Doha, a scellé le sort de Radulovic. Cette rencontre, disputée dans un contexte de préparation limitée due aux contraintes logistiques au Liban, a révélé des lacunes persistantes en termes de cohésion et de gestion des moments clés. Des membres de la fédération, cités anonymement dans des rapports sportifs, ont évoqué un besoin de “nouvelle énergie” pour relancer la dynamique de l’équipe. Bougherra, âgé de 43 ans, a signé un contrat jusqu’à la fin des qualifications pour la Coupe d’Asie 2027, avec une option d’extension conditionnée aux résultats.
Cette nomination s’inscrit dans un effort plus large de la LFA pour stabiliser la sélection nationale, qui joue la plupart de ses matchs “à domicile” à l’étranger depuis 2020 en raison de l’instabilité sécuritaire au Liban. Des sites comme Dubaï ou Doha ont accueilli les rencontres, impactant l’affluence et le soutien populaire. La présidence de Hachem Haidar à la tête de la fédération depuis 2022 a mis l’accent sur des stages de préparation, mais les investissements n’ont pas encore porté leurs fruits. Bougherra, connu pour sa discipline tactique et sa motivation des groupes hétérogènes, est perçu comme un choix adapté à ces contraintes.
Les réactions à cette nomination ont été positives dans les milieux sportifs arabes. Le capitaine libanais Hassan Maatouk a exprimé son soutien sur les réseaux sociaux, soulignant l’expérience de Bougherra en compétitions internationales. Des observateurs ont noté que ce choix privilégie un entraîneur étranger, écartant des candidatures locales comme celle de Noureddine Ould Ali, récemment prolongé avec la sélection féminine. La fédération justifie cette orientation par la nécessité d’un regard extérieur pour transcender les divisions internes, souvent liées aux dynamiques confessionnelles du pays.
Bougherra a tenu sa première conférence de presse le 29 janvier 2026, déclarant être “honoré de cette confiance” et prêt à “relever le défi”. Il a insisté sur le potentiel du football libanais, malgré les crises économiques affectant le championnat national depuis 2019, avec des retards de salaires et des infrastructures limitées. Des clubs comme Al Ansar et Al Ahed, champions récents, fournissent une base de joueurs, mais la diaspora libanaise en Europe et ailleurs reste sous-exploitée.
L’équation sportive : Un groupe serré pour la qualification à la Coupe d’Asie 2027
Le calendrier immédiat imposé à Madjid Bougherra met l’accent sur les qualifications pour la Coupe d’Asie 2027, où le Liban évolue dans un groupe de la phase finale des éliminatoires asiatiques. Après son élimination en deuxième ronde pour le Mondial 2026, la sélection a été reversée dans ces qualifications, affrontant des adversaires comme le Bhoutan, Brunei et potentiellement d’autres équipes dans un format où seule la première place assure la qualification directe.
Un match récent, disputé contre le Bhoutan, s’est soldé par une victoire 4-0 du Liban, renforçant sa position dans le groupe. Ce résultat, obtenu le 26 mars 2025, a permis aux Cèdres d’engranger des points précieux, mais la concurrence reste vive. Le classement actuel place le Liban en tête, avec des matchs restants contre Brunei et une possible confrontation décisive. Dans ce contexte, chaque point compte, et un résultat positif dans les prochaines rencontres pourrait sceller la qualification.
La pression est accrue par l’historique récent du Liban en Coupe d’Asie. Absent de l’édition 2023 au Qatar après une élimination en phase de groupes, l’équipe n’a plus participé à la compétition depuis 2019, où elle avait atteint les huitièmes de finale pour la première fois. Bougherra prévoit un stage intensif en février 2026 pour préparer ces duels, en se concentrant sur la solidité défensive et les transitions rapides. La composition inclut des piliers comme Maatouk en attaque, Basel Jradi et Hilal El-Helwe, ainsi que des défenseurs évoluant en Europe, tels que Felix Michel Melki au FC Helsingborg en Suède.
Ce groupe qualificatif impose une gestion prudente, où toute défaite pourrait compromettre les chances de qualification. Des analystes sportifs soulignent que le Liban, avec son avance actuelle, doit éviter les faux pas face à des outsiders motivés. Les matchs, souvent disputés sur terrain neutre en raison des contraintes sécuritaires, ajoutent une couche de complexité. Le football libanais sert de vecteur d’unité nationale dans un contexte régional tendu, avec des supporters dispersés entre Beyrouth, Tripoli et le Sud attendant des performances pour raviver la fierté collective.
Des incidents passés, comme les tensions lors de matchs contre des sélections arabes, rappellent les enjeux extra-sportifs. Bougherra, fort de son expérience dans les derbys arabes, est attendu pour canaliser cette énergie. Un match amical récent, une victoire 2-1 contre Bahreïn le 12 janvier 2026 sous intérim, a montré des signes encourageants, avec des buts de Maatouk et Jradi. Bougherra a observé cette rencontre, notant la résilience de l’équipe malgré des absences dues à des blessures.
La communication d’un nouveau cycle : Reconstruction autour de la meritocratie et des talents émergents
La nomination de Bougherra est présentée par la fédération comme le lancement d’un cycle de reconstruction, axé sur la formation des jeunes et l’intégration de talents de la diaspora. Le communiqué de la LFA précise que le nouveau sélectionneur aura pour mission de “relancer les performances en s’appuyant sur les meilleurs éléments disponibles”. Lors de sa conférence de presse, Bougherra a évoqué une approche à long terme : “Nous commençons une nouvelle ère, avec l’objectif immédiat de la qualification pour la Coupe d’Asie, tout en préparant l’équipe pour les défis futurs.”
Son plan inclut des sélections basées sur la meritocratie, des stages en Europe pour exposer les joueurs à un niveau supérieur, et une collaboration avec les clubs locaux. La presse sportive relaie cette vision, avec des quotidiens libanais et arabes soulignant l’expertise de Bougherra en gestion de crises. La fédération a alloué un budget supplémentaire pour ce cycle, incluant des matchs amicaux contre la Jordanie et la Syrie en février 2026.
Bougherra prévoit d’incorporer des jeunes comme Daniel Lajud au Mexique ou Mohamad Kdouh en Thaïlande. Cette phase met en lumière les défis du football libanais : un championnat perturbé par les crises économiques, avec des infrastructures limitées. Des initiatives de l’AFC pour développer les académies sont renforcées, en partenariat avec la LFA.
Les implications immédiates se manifestent dans la préparation des qualifications. Bougherra a convoqué 25 joueurs pour un premier rassemblement, incluant des retours comme Soony Saad aux États-Unis. Les entraînements se focalisent sur la défense et les transitions, sans détails tactiques spéculatifs. La fédération a annoncé un partenariat avec la FIFA pour des équipements, incluant des analyses vidéo.

